NUIT
Le lendemain, je n’y tenais plus, mon cher Arribas : il me fallait revoir mon chardonneret des Cérisoles. La tête pleine des jolis airs de Cardy, sur les deux heures, par la rue Bonaparte, je me suis acheminé vers la rue Visconti, à une portée de fusil de l’Institut. Quelle ruelle, bon Dieu! Dans tout Paris où, depuis trente-cinq ans, J'ai promené tant de pas inutiles, je ne connais guère que le boyau étranglé de la rue du Chat-qui-Pêche, sur le quai Saint-Michel, qu’on pourrait comparer à la ruelle Visconti. Je vais le nez levé, les yeux aux murailles rouillées, décrépites. J’ai oublié le numéro des Lebasset, et je
ne l’ai pas demandé à Joséphine, fort capable de
trouver étrange ma visite à son ancienne char- | bonnière et d’en jaser à langue que veux-tu avec la valetaille du palais Mazarin.
Je tombe en arrêt. Sur une plaque de marbre | noir encastrée dans l’embrasure d’une porte
cochère, je lis ces mots en lettres dorées :
HOTEL DE RANES