‹ NorineChapitre 3 sur 25 · TES · texte numérisé non relu

TES

Tout de même, j'étais surpris que mon cri de détresse n’eüt pas trouvé plus d’écho sous les vieux châtaigniers de Rocaillet. Alors le village était désert? — Si pourtant il avait plu à cet effroyable Justin Lebasset, qui ne paraissait pas plus de vingt ans, fort comme un rouvre, s’il lui avait plu de nous casser un membre ou deux, de nous écharper? — Franchement je t’admirais, tandis que je tremblais encore de l’algarade, après un mouvement qui t’avait un peu pâli, de te retrouver tout à coup tranquille, comme s’il ne nous était rien arrivé.

— J'espère, te dis-je, qu’en retournantde Truscas nous ne repasserons pas par Rocaillet! Tu dois connaître un autre chemin?

— J'en connais deux autres, mais ils sontmoins amusants que celui-ci.

— Si tu trouves celui-ci amusant!

— Tu verras, quand nous serons aux Cérisoles.

— Tu sais que mon oncle Fulcran nous a défendu de boire au ruisseau des Cérisoles.

— Mais il ne nous a pas défendu de manger

des cerises.

— [] y a des cerises?

— Et les plus belles, les plus grosses, les plus juteuses des Cévennes. C'est l'abondance des cerises qui a valu à ce pays le nom de Cérisoles… Mais voilà Honorine Jalaguier qui descend des

garrigues avec ses chèvres. — Norine! Norine!

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