FACE
sb ACER
châtaignes, C'est égal, encore que Justin Lebasset m'ait assisté durant cette longue absence de mon enfant, j'ai pleuré plus d’une fois, tout vieux que je suis, la nuit surtout quand la pensée de ma Norine partie me saisissait plus cruellement que dans la journée. Aussi, je le dis devant Dieu qui m'entend, devrions-nous brouter l'herbe semblablement à nos bêtes. cette année nous ne nous séparerons point.
— Vous avez raison, Jalaguier, affirmai-je, essuyant mes veux qui ruisselaient.
Une envie terrible de m'en aller me pressant, je me levai de la pierré de taille. Le vieillard flaira mon mouvement.
— Que faites-vous donc, monsieur le neveu?
— Il est tard, Jalaguier. et peut-être devrionsnous repartir.
— Repartir par ce soleil de feu ! [1 vaut mieux attendre la fraîcheur. En une heure, vous serez à Truscas. D'ailleurs, il faut que vous goûtiez nos cerises.
— Cesera pour une autre fois, Jalaguier.
— Alors, vous tenez absolument à réveiller
Arribassou ?
— Eh quoil il dort?
— Regardez dans l'herbe.
Du banc de pierre, mon cher ami, tu avais glissé sur le gazon très épais à l'ombre des figuiers. et, alourdi par les œufs, le jambon, la saucisse, les fromages, les gimblettes, les biscotins, toutes choses exquises, mais pesantes, tu t’étaisendormi. Je respectai ta sieste, et, Barthélemy Jalaguier. recueilli en un silence solennel, un silence douloureux, un silence tragique, ne sonnant mot, je me mis à vaguer par là. Je me demandais quel chemin vers le ruisseau des Cérisoles avait bien
pu prendre Honorine s’encourant après Justin,