SCÈNE PREMIÈRE
CLOTILDE, AGÉNOR, CLODOMIR, endormi.
AGÉNOR , à genoux devant Clotilde assise.
Oh ! ne nous quitte pas encor; ce n’est pas l'heure. Mais pourquoi cette nuit changeons-nous de demeure, Et fuyons-nous l’asile où l’on nous renferma, Pour nous réfugier dans celui de Norma ?
La fondre des dieux gronde autour du sanctuaire, ‘
as ss,
J'ai peur. | { CLOTILDE. 7 Peur de dormir à a côté de ta mère ! ?
AGÉENOR.
On la dirait tombée aux mains d’un dieu puissant. Elle m'a fait trembler ce soir en m’émbrassant. ‘‘: te CLOTIÈDE. LEE tuss ARR
Elle n'est point ‘heureuse. "7" ”"":
Oh! pourquoi:tant d'alarmes ?
Son sourire a souvent la tristesse des larmes.
CLOTILDE
Jusqu'à à l'heure qui vient ramener le soleil, : Elle doit, seule ici garder votre sommeil. .
cote
42 NORMA, AGENOR.
Pourquoi ?
CLOTILDE
Mais je l’ignore : elle dit que des songes, Hier, vous ont troublés de leurs affreux mensonges. Tu sais tout son pouvoir sur le ciel en courroux; C’est pour vous rassurer qu "elle dort près de vous. AGÉNOR.
Des songes ! oui, Clotilde, oui, des songes funestes. Oh ! désarme avec moi les vengeances célestes. Dans ta religion est-il des dieux amis Qui protégent le soir les enfans endormis ?
CLOTILDE
Non pas des dieux, mon fils, mais des anges fidèles. Ils placent les berceaux à l'ombre de leurs ailes. AGENOR.
Si tu les appelais, viendraient-ils à ta voix ? | COTILDE. | Ils ne sont point pareils à ces dieux que tu vois. Notre cœur devant eux brûle comme une flamme: 5 Mais l’on ne peut les voir qu’avec les yeux de l'ame : : Pour soutenir nos pas, ils avancent la main, | Et nous montrent du ciel l’invisible chemin.
AGÉNOR
Parle encor, prions-les ; ; adorable mystère, ‘ Je veux avoir un ange au ciel et sur la terre. | Mais quelle image encore adores-tu tout bas ? CLOTILDE. oo
Une mère. portant son enfant dans ses bras. Une femme, un enfant qu’en secret on encense
Peuvent-ils d'Irminsul égaler la puissance? :,. C’est le plus grand des dieux , et lorsqu'il a parlé, »'