‹ NormaChapitre 29 sur 55 · ACTE II1, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II1, SCÈNE I

De spectres flamboyans tout le temple est peuplé ; 11 habite une grotte où tout lui rend hommage. : GLOTILDE.

Veux-tu prier le mien ?

| AGÉNOR. Oui.

CLÔTILDE. Elle lux donne des tablettes.

Voici son image.

Lis. oo | AGENOR , lisant.

« Tout périt, tout passe , et le dieu du Thabor, « Quand les cieux s’éteindront , doit exister encor. « Du néant à sa voix la nuit devint féconde : « Son regard enfanta l’immensité du monde, « Et comme un faible oiseau s’agitant sous la main, « L'univers infini palpite dans son sein.

« Vous armez contre lui tous vos dieux , tous vos sages, .…« Mais son culte incréé touche au berceau des âges ; « Et l’œil voit resplendir ses dogmes éclatans, « Comme un phare éternel sur la route des temps. » | CLOTILDE. | Que sont près de ce Dieu tes dieux imaginaires ? Lui, ne réclame pas d’offrandes sanguinaires. AGÉNOR.

Mais ne m'’as-tu pas dit qu’Abraham à l’autel Était prêt à frapper son fils du coup mortel ? Son fils ..! | CLOTILDE.

Dieu l'éprouvait.

| ‘AGENOR.

| __ Ah ! cette épreuve amère, Pourrait-il la tenter sur le cœur d’une mère? Ses ordres n'auraient pas sans doute été suivis ; Quelle mère jamais immolerait son fils ! :

L'orage gronde encor. La mienne nous oublie.

Quand verrons-nous le ciel de la belle Italie ? De Pollion mon père, à peine visités, Nous sommes toujours seuls dans ces bois écartés. On dit qu’à son départ rien enfin ne s'oppose. | CLOTILDE. | Non , mon fils. Sur la couche où Clodomir repose Prends place à ses côtés.

| AGÉNOR. / O Rome ! heureux séjour..!

Tu reviendras demain! | … CLOTILDE Aux premiers feux du jour.

| AGÉNOR , seul:

Pourquoi ma mère , hélas ! n’est-elle pas chrétienne? J'aurais besoin d’un dieu qui rassure et soutienne, Quelle nuit!.. rejoignons Clodomit endormi, :

(La fo udre gronde. ) Partageons son sommeil. … tout mon cœur a frémi, ; Oui, cetorage.…. O dieux ! exaucez ma prière,

: Je me réveillerai dans les bras de ma mère.

( ! s’endort. )

SC EN E JT.

AGÉNOR « CLODOMIR endormis , NORMA.

NORMA , une lampe el un poignard à la main ; elle s'assied. et pose la lampe sur une table.

Hs dorment tous les deux , et leur trépas ici

Doit précéder le mien. leur songe est éclairci,

Un sommeil différent va fermer leur paupière.

Et plus à plaindre qu'eux , je mourrai la dernière :

EN

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