ACTE III, SCÈNE II. ui
Bientôt pour le supplice on viendrait nous cherther : Achevons… le poignard nons sauve du bûcher. .… , Mais où suis-je? quel dieu redoutable ou propice Vient contempler ici mon dernier sacrifice ?
L'offrande doit lui plaire. Il vient hâter mes coups: . Raflermis-toi, mon ame ! et toi malheur, et vous Noirscombats, désespoir, ! remords, douleursanscharmes Qui brülaisdans mes yeux etdesséchais leurs larmes , Redoublez de tourmens; frappez, frappez.… Je crois Vous sentir dans mon cœur pour la première fois. Vous ne m'aviez porté qu'une atteinte légère ; J'éprouve maintenant ce qu'éprouve une mère
( Elle se lève.)
‘Prêté à tuer ses fils. O délire! 6 fureur !…
Mes cheveux sur mon front blanchissent de terreur. : J'épuise en un instant dans ce cœur qui se glace, :: : L'éternité des maux dont la mort nous menace... : Avançons... Je ne puis, je ne puis. c'en est fait... :; Je ne pourrai jamais achever mon forfait.
Ces êtres innocens, dont j'étais la défense,
Que mes flancs ont porté, dont j’élevai l’enfance,
Qui ce matin encor, assis sur més genoux,
Consolaient ma souffrance avec des mots si doux;
Et me faisaient, malgré le remords qui déchire, Retrouver le pardon des dieux dans leur sourire ;
Quél est leur crime, hélas! leur crime, 6 trahison !.. Je demande leur crime... Ils sont à Pollion;
Enfans du sacrilège, ils sont à moi. qu’ils meurent ! On viendrait les saisir sous mes yeux qui les pleurent, Ou bien d’une marûtre ils subiraïent la loi!
Qu'ils meurent de:ma main, äls ñe sont plus à moi. Que de ce coup sanglant l’ingrat se désespère ; 3 Déjà morts pour Norma, qu'ils meurent pour leur'père !
Ne tardons plus. fureurs, prêtez-moi votre appui : L’enfantement du crime est plus affreux que lui. De mon cœur, par leur mort, apaisons la tempête ; Frappons-les, Fappons ee sans détourner la tête! Oui, ce fer. :
(Elles ‘avance vers le lit, lève le poirnard sur eux, ét jelle avec un créterrible.) |
Ah! jamais... mes ‘enfans..…. mes enfans.…
| LS __. , AGÉNOR
Ciel! +... | . N | À CLODOMIR.
Ma mere !
On voulait... mais non, je vous défends' Qui pourrait me priver d’une vue ayssi chère ? Qui vous arracherait du sein de votre mère ?
Oh! venez sur mon cœur ; de la mort préservés, Que je m'assure bien que vous êtes sauvés. | Sauvés de quels périls ?
oo | NORMA..
Un cruel nous exile ;
Que les bras maternels du moins soient votre asile. Qu ai-je dit?.. . ciel vengeur !.… |
| CLODOMIR. | Oh! pourquoi t ’affiger?
Mon pére e est * tont-puisant il doit nous protéger.
NORMA. | Ton père | | AGÉNOR. | Au nom de Rome, il triomphe sil ordonne.
C'est lui qui nous. trahit !.. c'est lui qui m ‘abandonne !