‹ Nos alliés du cielChapitre 15 sur 47 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste, où elle entendra une voix qui lui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu. Seigneur? » la voix répliquera : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, frémissante et étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et lui : « Lève-toi et lave-toi des souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance et va, fille première-née de l'Église, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. »

Parmi ces magnifiques paroles, qu'on veuille bien remarquer celles où Etienne II, Léon XIII et Pie X proclament la « x^rédilection » ou « l'afiection privilégiée » de Dieu pour notre Patrie. Pie X insiste particulièrement sur l'alliance contractée au baptême de Reims, sur la prédestination et l'élection de notre pays. On sent bien que ce n'est pas là une vaine formule littéraire et que ce pape n'eût jamais dit ces mots d'une autre nation.

L'alliance dure-t-elle encore?

Mais l'alliance divine qui a existé pour la France de Glovis et de Gharlemagne, de saint Louis et de Jeanne

XXn PREFACE

d'Arc, n'a-t-elle pas été rompue par nos infidélités?

J'ai répondu çà et là à cette objection au cours de ces conférences. Je résume ici mes réponses. Plusieurs gouvernements ont, il est vrai, à différentes époques, attristé l'Eglise et la Papauté, mais l'immense majorité du peuple français est toujours restée de cœur avec le Christ, son Église et son Vicaire ; elle a toujours repoussé le schisme etlhcrésie avec horreur. Loin de s'obstiner dans le mal, elle shumilie aujourd'hui dans ses temples. C'est bien une Gallia poenitens et dei'ota qui demande à Dieu la victoire. C'est elle qui se montre, parmi toutes les nations, la plus prodigue de son or et de son sang pour l'Église. Léon XIII a excusé la France par cette formule définitive : « Nec tota nec diu desipuit. Elle ne s'est jamais égarée tout entière ni pour longtemps. » Ses fautes sont les fautes d'une minorité qui passe. L'alliance subsiste donc encore.

Mais la meilleure preuve n'est-elle pas contenue dans les paroles de Léon XIII et de Pie X que nous avons citées plus haut ? Ces papes connaissaient bien les fautes de la France, puisqu'ils les rappelaient en gémissant, et, cependant, ils n'en affirmaient pas moins que Dieu avait toujours pour elle « une prédilection », « une affection privilégiée » et que le Christ voulait renouveler avec elle son pacte de Reims.

On peut ajouter que ce pacte subsistera toujours. En effet Dieu, qui a prévu de toute éternité que notre patrie se repentirait après toutes ses fautes, a aussi prédit qu'elle se relèverait de toutes ses chutes et par conséquent qu'elle ne serait jamais anéantie. Il semble du moins qu'il faut ainsi interpréter les nombreux

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