XXVIII PRÉFACE
V abnitissement irréparable de Vespèce humaine, et, même, ce qui nous étonnera beaucoup, une plaie mortelle pour la religion (i). »
On peut conclure de ces faits que Dieu ne peut être l'allié d'une cause injuste dont le triomphe serait un affreux malheur pour l'humanité en général et pour l'Eglise catholique en particulier.
Enfin on me dira : Mais si les Saints de France prient pour la France, les Saints d'Allemagne prient pour l'Allemagne. Et ici on ne parle pas des saints particuliers de Guillaume, Luther et Albert de Brandebourg, mais de Saints authentiques, bien catholiques, comme saint Boniface, saint Henri, sainte Hildegarde, sainte Elisabeth de Thuringe. Voici en deux mots une réponse qu'on trouvera développée plus loin : Oui, les Saints allemands prient pour l'Allemagne ; mais ils demandent à Dieu de la convertir, car elle est coupable, et par conséquent de la châtier, car il n'y a que ce moyen de l'éclairer. Qui aime bien, châtie bien. Qui bene amat, bene castigat. Les Saints allemands s'unissent donc aux Saints français pour souhaiter la défaite de l'Allemagne. C'est clair comme le jour. Et je suis bien sûr que si la France était dans son tort, si elle se conduisait en barbare, les Saints français seraient les premiers à prier pour son châtiment, et cela par amour pour elle. Mais ce n'est pas le cas.
(i) Lettres de J. de Maistre, t. 1.