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S. COUBÉ

LA FRANCE DU CIEL

LA FRANCE DU CIEL

Mes bien chers Frères,

De même qu'au-dessus de l'Eglise militante il y a l'Église triomphante, de même, au-dessus de la France de la terre qui est toujours et aujourd'hui plus que jamais militante, il y a une France du ciel composée de nos chers compatriotes qui nous ont précédés dans la gloire (i).

Cette France de là-haut s'intéresse à celle d'ici-bas. Elle veille sur nous, elle prie Dieu de nous accorder les biens spirituels, mais aussi les biens temporels ; la victoire sur les ennemis de nos âmes, mais aussi sur les ennemis de nos corps, de notre droit et de notre sol sacré.

Parmi ces élus qui furent tous de bons Français et qui, certes, le sont restés, il en est qui occupent une place à part au paradis comme- dans notre histoire ; ce sont les patrons de la France, saint ISIichel, saint Denis, saint Martin, sainte Geneviève, sainte Glotilde, saint Remy, saint Louis, la bienheureuse Jeanne d'^Vrc, la bienheureuse Marguerite-Marie. Réunis autour de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, ils forment comme le grand État-Major de nos Alliés du ciel.

Certes, ce nous est un immense avantage d'avoir de

(i) La « France du ciel » n'est pas prise ici dans un sens théologique strict, puisque les nationalités ne se reconstituent pas dans l'au-delà : nous l'entendons au sens courant pour désigner les élus et les Saints de France qui gardent au ciel toutes les saintes affections de la terre et, entre autres, celle qu'ils avaient pour leur patrie.

nombreux alliés terrestres, Anglais, Russes, Belges, Serbes, Japonais, et tant d'autres qui combattent héroïquement pour les mêmes causes que nous, mais combien le concours de nos alliés du ciel nous est plus précieux? Ne sont-ils pas plus puissants, plus nombreux et plus dévoués que ceux d'ici-bas ? Ils ne seraient pas pour nous si notre cause était injuste, si nous étions les agresseurs, si nous avions attaqué des voisins inoffensifs, par orgueil, jalousie ou cupidité. Mais, puisque notre droit est incontestable et aussi éclatant que le soleil, ils ne peuvent se faire les complices de la barbarie qui s'est ruée sur nous, ni même rester neutres dans le conflit.

Ils nous ont maintes fois dans le passé donné des preuves de leur amour. Le savant historien Baronius a écrit que le fondement de la grandeur de la France était le culte qu'elle rendait à ses saints et la j)rotection que ceux-ci lui accordaient en retour. Il en sera de même de nos jours, si nous continuons à les prier et à les honorer. Prions-les donc, mes Frères, prions Notre-Seigneur, la Sainte Vierge et nos saints pour la France qu'ils ont tant aimée, pour la France que nous aimons tant, pour la France qui est si menacée, pour la France qui peut encore travailler magnifiquement à la gloire de Dieu.

C'est là mon but, pendant cette station, d'exciter la confiance dans vos cœurs et d'en faire monter ardente, irrésistible, la prière qui doit hâter la victoire.

Dans cette belle Toussaint de l'Eglise, il nous est bien permis de célébrer en famille la Toussaint de la France, de fêter et de prier cette France du ciel si glorieuse et si dévouée à celle de la terre. Je vais d'abord vous la présenter, nous verrons ensuite pourquoi elle ne peut manquer de nous secourir.

LA FRANCE DU CIEL

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