‹ Nos alliés du cielChapitre 26 sur 47 · EXÉCUTION DU PACTE · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DU PACTE

A. — Du côté de la "France.

Le règne du Christ par la France.

Dès son origine, la France s'efforce de réaliser sa devise, d'établir le règne du Christ : Oportet illum regnare !

/Jo NOS ALLlés DU CIEL

Au récit de la Passion, Clovis frémit d'indignation contre les ennemis de Notre-Seigneur. II s'écrie en agitant sa lance : « Que n'étais-je Ui avec mes Francs ! » Ah ! s'il avait été là, il aurait châtié les déicides, vengé l'honneur de son Dieu, et, au lieu d'une croix, il lui eût élevé un trône en plein Calvaire ; il faut bien que le Christ règne ! Il est vrai qu'il eût empêché par là l'œuvre de la rédemption, et Notre-Seigneur, qui voulait nous sauver à tout prix et surtout au prix de son sang, l'eût arrêté, comme il arrêta ses anges prêts à le défendre. Mais combien l'intention de Clovis et de ses Francs est touchante ! Gomme il est beau à la France d'avoir voulu, dès ses premiers pas dans l'histoire, jouer le rôle des anges de justice !

Charlemagne passe les Alpes, châtie les Lombards, ennemis du Saint-Siège, fonde le pouvoir temporel des Papes. Pourquoi? Parce qu'il faut que le Christ soit libre, indépendant et par conséquent roi dans la personne de son Vicaire : Oportet illum regnare !

Les Croisés passent les mers. Ils arborent la croix, l'étendard du Roi des rois : Vexilla régis prodeunt. Godefroy de Bouillon, invité à entrer en appareil royal à Jérusalem qu'il vient de prendre, s'écrie : « A Dieu ne plaise que je porte la couronne d'or là où mon maître a porté la couronne d'épines. » Toute grandeur humaine doit disparaître devant celle de Jésus : Oportet illum regnare !

Saint Louis est le plus authentique représentant de la France. Or il ne veut être — c'est sa touchante expression — que le « bon sergent de Jésus-Christ ». Son âme est adéquate à celle de la France et c'est une âme d'apôtre et de martyr. Il écrit au bey de Tunis : « Dieu sait que je consentirais à passer le reste de mes jours en prison, si je pouvais par là gagner votre

âme au vrai Dieu ! » Ce n'est pas tant la conquête de l'Afrique qu'il rêve que sa conversion. Ah ! c'est que le Christ doit régner en Afrique comme sur l'Europe et sur l'Asie : Oportet illum regnare !

Bien française aussi est l'âme de Jeanne d'Arc. Or sa grande passion c'est l'amour du Christ. Le but qu'elle poursuit avant tout c'est de faire régner Jésus sur la France et par la France sur le monde. Cette idée apparaît dans ses paroles avec une précision et un relief admirables. Elle déclare à Charles VII qu'il n'est que le lieutenant du vrai roi de France qui est le roi des cieux : locum tenens régis caelorum qui est rex Galliae. Après avoir délivré la France, elle veut faire une grande croisade pour faire régner Jésus- Christ en Allemagne, par la destruction de l'hérésie hussite, et en Terre Sainte, par la destruction de l'infidélité musulmane : Oportet illum regnare !

Une autre preuve de 1" amour de nos pères pour le Sauveur est le culte d'honneur qu'ils rendent à son Corps dans YEucharistie. Saint François d'Assise disait qu'il aimait la France à cause de l'amour exceptionnel qu'elle avait pour ce divin Sacrement (i). C'est un pape français, Urbain IV, qui institua la Fête-Dieu. C'est la France qui inaugure les processions de cette fête où le Christ porté en triomphe bénit nos villes fleuries et nos campagnes embaumées : Oportet illum regnare !

(i) Thomas de Celano raconte que saint François, voyant son Ordre se développer en Italie, résolut de le répandre à l'étranger. Il envoya donc des religieux en Espagne et en Allemagne, mais il voulut se réserver la France, pour laquelle il avait une affection spéciale, et la raison louchante qu'il en donnait était « l'amitié » de notre pays pour la Sainte Eucharistie : propterea diligebat Franciam ut amicam Corporis Domini.

L'impiété de la France :

réponse de Léon XIII.

Mais, direz-vous, la France a été souvent coupable. Elle s'est tournée contre les Papes avec Philippe-le- Bel et Louis XIV. Elle a applaudi Voltaire blasphémant Y Infâme et insultant la Pucelle. Elle a massacré les prêtres et fermé les églises pendant la Révolution. Elle a de nos jours persécuté la Religion, dispersé les Congrégations, rompu avec le Saint-Siège, traité le Concordat comme un « chiffon de papier », et elle est la seule qui n'invoque j)as officiellement le nom de Dieu pendant cette guerre. C'est donc bien, après de nombreuses infidélités, l'apostasie complète. Le pacte de Reims est déchiré par nous et par conséquent ne lie plus le Christ.

Léon XIII, mes Frères, a répondu à cette objection, en 1884, en faisant remarquer, dans sa belle encyclique Nohilissima Gallorum gens, que les égarements de notre patrie n'ont jamais été le fait de la nation tout entière et n'ont jamais duré longtemps : si quodammodo ohlita sui... nec diu nec tota desipuit.

C'étaient les gouvernements qui, à diverses époques, entraînés par l'orgueil ou la cupidité, entraient en lutte avec le Saint-Siège. C'était un parti qui conspirait contre la foi avec Voltaire et, en d'autres temps, contre les libertés de l'Église. C'était donc toujours une minorité. Et comme elle avait le pouvoir ou dirigeait l'opinion publique, comme elle était bruyante et remuante, on la prenait pour la nation elle-même. Mais la grande majorité a toujours été profondément chrétienne et elle l'est encore : nec tota desipuit.

Et puis la folie n'était qu'une crise passagère : nec diii. La France visiblement châtiée revenait à Dieu de tout son cœur. Aujourd'hui encore elle est la nation « pénitente et dévouée au Sacré-Cœur » qui lui a dédié le temple de Montmartre : Gallia poenitens et devota. C'est elle qui a versé le plus de sang à Mentana et à Castelfidardo pour le Saint-Siège. C'est elle qui donne le plus d'or au Denier de Saint-Pierre, à la Propagation de la Foi et à la Sainte-Enfance. C'est elle qui envoie le plus de missionnaires aux pays infidèles, pionniers de la civilisation et de la liberté, mais avant tout apôtres de l'Evangile. C'est elle qui sur tous les rivages du monde sauve le plus grand nombre d'âmes et fait acclamer avec le plus d'amour le nom de son roi éternel : Oportet illum regnare !

B. — Du côté du Christ.

Dons de Dieu à la France.

Aussi le Christ a-t-il toujours témoigné sa prédilection à la France depuis le baptême de Clovis jusqu'à nos jours. François P"" écrivait à sa mère après la victoire de Marignan : « Faites remercier Dieu, Madame, car, sans point de faille, il s'est montré bon Français. » La familiarité de ce mot n'en exclut pas le respect, et il me semble qu'il doit redoubler notre adoration avec notre reconnaissance.

Il a donné à la France un charme indéfinissable, des qualités qui la font aimer et admirer, non seulement de ses fils, mais des autres nations. Elle a le sourire qui est la bonté et la grâce. Elle a surtout la beauté. J'ai souvent entendu des étrangers dire avec un

accent singulier : La belle France, Saint François de Sales, dans son oraison funèbre du duc de Mercœur, a lui aussi une apostrophe célèbre à la « belle France ». Ce mot résumait toutes leurs pensées, toutes leurs impressions à son égard. Elle est belle dans son territoire, « le plus beau des royaumes après celui du ciel », d'après le hollandais Grotius. Elle est belle dans son âme loyale et chevaleresque, dans le geste auguste de son épée qui ne frappe que l'injustice et ne s'incline que devant Dieu, dans la puissance de ses écrivains qui ont si souvent tenu le sceptre de la pensée et de la science. Quelle est la nation que Dieu ait ainsi favorisée? Nonfecit taliter omni nationi.

Le miracle de nos résurrections.

C'est toute son histoire qu'il faudrait ici raconter pour prouver la munificence du Christ à son endroit. Mais je ne signalerai qu'un phénomène singulier qui étonne jusqu'à ses ennemis : c'est la vigueur et la rapidité avec lesquelles elle se relève après toutes ses chutes, le miracle de ses résurrections.

Le miracle ! Des hommes qui ne partagent pas toutes nos croyances ont plus d'une fois murmuré ce mot devant elle. L'un d'eux disait récemment : « L'histoire de France est une série de miracles ; j'en attends encore (i). »

Un autre, ancien ministre des affaires étrangères, aujourd'hui sénateur, disait un jour, en 1908, du haut de la tribune : « Une force secrète protège la

(i) Maurice Barrés.

France (i). » Que ne la nommait-il cette force ? Il savait pourtant bien son nom et, s'il avait pu l'oublier, toutes nos vieilles pièces d'or et d'argent le lui auraient rappelé en lui criant : Dieu protège la France !

Un successeur de Bismarck, un grand chancelier de l'Empire germanique, M. de Biïlow, écrivait l'an dernier : « Cette foi des Français dans l'indestriictibilité de leur pq}^s repose sur toutes les espérances du passé. Aucun peuple na si rapidement guéri des suites de ses malheurs nationaux; aucun, après de graves et lourdes désillusions et des défaites en apparence irréparables, na si facilement retrouvé son essor, la confiance en soi-même et l'ardeur d'agir. Les succès et les revers de ce peuple ont toujours rempli les nations de l'Europe de nouveaux étonnements. »

Seuls les catholiques connaissent la raison profonde de cette vitalité, de cette force de rebondissement qui remettent toujours leur patrie sur ses pieds : c'est l'intervention miséricordieuse promise par Dieu au pacte de Reims. Il était écrit qu'après toutes ses fautes la France se rej)entirait et que Dieu lui garderait son amour. Le pape Pie II, racontant la vie de Jeanne d'Arc, sa contemporaine, affirme que la France a été souvent miraculeusement secourue : regnum Franciae saepe divinitus adjutum. Merveilleuse nation, qui, suivant le mot admirable de Mgr Touchet, ne touche aux abîmes que pour remonter aux étoiles ! Voyez plutôt :

L'abîme et l'étoile.

A Tolbiac, Clovis fléchit. La France va être noyée dans son sang dès le berceau. C'est l'abîme ! Mais le

(i) M. Stéphen Pîchon.

Dieu de Glotilde vient à son secours et lui donne la victoire sur les Allemands. C'est l'étoile !

La veille de Bouvines, l'Europe coalisée a juré notre perte. Othon IV — encore un Allemand — et ses alliés se sont déjà partagé la France. C'est l'abîme! Mais Philippe-Auguste invoque le Christ, fait un vœu à Notre-Dame et arbore l'oriflamme de saint Denis. Le lendemain il met en fuite l'empereur teuton et revient à Paris au milieu des acclamations de son peuple. C'est l'étoile !

La guerre de Cent Ans ensanglante le pays, multipliant les humiliations et les désastres. Crécy, Poitiers, Azincourt. C'est l'abîme ! Mais Jeanne d'Arc se lève. C'est l'étoile !

Le règne de Louis XIV s'achève dans un crépuscule de tristesse et de deuils. La gloire du Soleil est morte. En 1712, contre l'Europe de nouveau coalisée, le vieux roi n'a plus qu'une armée régulière ; il la confie à Villars, en lui disant : « Monsieur le Maréchal, allez ; si vous êtes vaincu, ne l'écrivez qu'à moi. Je monterai à cheval, et, votre lettre à la main, je parcourrai la capitale, j'appellerai la France. Je la connais : elle se lèvera et j'irai avec elle vaincre ou m'ensevelir sous les ruines de la monarchie. » C'est l'abîme ! Quelques jours après Villars est vainqueur à Denain. La France reprend son rang en Europe. C'est l'étoile !

Et il en est toujours ainsi. Nos fautes ne cessent de creuser des abîmes sous nos pas. Mais l'amour du Christ ne se lasse pas de faire luire des étoiles dans notre ciel.

A la fin du xvn'' siècle, le jansénisme, la plus perfide des hérésies, menace la foi et fait le désert autour des autels. C'est l'abîme ! Le Sacré-Cœur apparaît à la bienheureuse Marguerite-Marie et relève le culte de l'Eucharistie. C'est l'étoile !

C'est l'une des marques les plus insignes de la prédilection divine, c'est la confirmation du pacte de Reims. La dévotion au Sacré-Cœur a un double aspect : un côté universel qui regarde toute l'Église, et un côté particulier qui intéresse la France. C'est déjà un grand honneur pour nous que Notre-Seigneur ait choisi une vierge française pour révéler au monde les miséricordes de son Cœur et qu'il fasse passer par notre canal le flot de grâces qui va inonder l'univers. Il montre par là qu'il veut régner par nous, mais il veut aussi et tout d'abord régner sur nous.

Joseph de Maistre et la France.

Loin de répondre aux intentions divines la France du xvin*^ siècle écoute Voltaire. La grande Révolution chasse le Christ des églises et fait monter sur l'autel de Notre-Dame une infâme créature, la déesse Raison. Ah ! cette fois le pacte de Reims semble bien rompu. C'est l'abîme ! Et, comme pour le rendre plus infranchissable, la fureur jacobine remplit cet abîme du sang le plus pur de la France. Eh bien ! non, le pacte n'est pas rompu. Chose étonnante, même à travers la brume sanglante qui pèse sur elle, même sous les dehors de l'impiété et sous la défroque de la Carmagnole dont l'a affublée la Révolution, la France apparaît encore à un profond penseur, qui est un voyant, comme la nation élue du Seigneur, la réserve de l'Eglise, le sel de la terre. Joseph de Maistre écrit en effet sous la Convention, le 28 octobre 1794 : « Je vois dans la destruction de la France le germe de deux siècles de massacres... l'abrutissement irréparable de

Vespèce humaine, et même, ce qui vous étonnera beaucoup, une plaie mortelle pour la religion. »

C'est pourquoi Dieu ne rejette pas la France, Ce n'était d'ailleurs pas toute la nation qui avait péché : nec tota desipuit. C'était une minorité mais qui compensait par l'audace et un fanatisme criminel sa faiblesse numérique. Et puis la crise de folie ne dura pas longtemps, nec diu desipuit. Après le Concordat, la foule se précipite à genoux dans les églises en criant : « Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple : parce. Domine, parce populo tuo. » La sainte hostie recommence à resplendir sur nos autels. C'est l'étoile!

Et le Seigneur montra quïl avait pardonné en comblant la France de nouveaux bienfaits pendant le XIX'' siècle jusqu'à nos jours. Il est bien difficile de juger ce siècle complexe où abondent les contrastes les plus déconcertants. Certes, il a vu se reproduire les apostasies et les crimes. 11 a blasphémé la lumière. Il a insulté l'amour. Il a dressé contre le Ciel la tour de Babel d'une fausse science. Mais il a fait aussi de grandes choses en l'honneur du Christ.

La vraie science, notamment en France, a répondu à la fausse science par un beau cantique en l'honneur du Créateur, où éclatent les voix si religieuses de Cauchy, d'Ampère, de Dumas, de Biot et de Pasteur. La littérature catholique, par la voix des Veuillot, des Montalembert, des Lacordaire, des Ozanam, a fait entendre de superbes accents en l'honneur du Christ qui aime les Francs. La charité chrétienne a enfanté des milliers d'œuvres admirables que ne connaissaient pas les siècles passés. La sainteté a continué à germer parmi nous, et sa fleur, le miracle, s'épanouit sur la tombe du Bienheureux Curé d'Ars, de nos Bienheureux martyrs Perboyre, Chanel, Clet, Bonnard et

Théophane Vénard, de la Bienheureuse Mère Barat, de la Bienheureuse Postel, sans parler de Bernadette Soubirous et de la Sœur Thérèse, qu'elle désigne aux futures béatifications.

Et de son côté, Notre-Seigneur a fait pour nous de grandes choses : fecit mihi magna qui potens est. Toutes ces vertus, toutes ces manifestations de vie chrétienne qu'il veut bien couronner sont ses dons : sua dona coronat. Il a sollicité nos cœurs en nous ouvrant les trésors de son Cœur, de son Eucharistie, dont les dévotions ont pris de magnifiques développements. Il nous a envoyé sa Mère en de mémorables apparitions.

* * Une prédiction de Pie X.

Il est vrai que nous l'avons de nouveau offensé ces dernières années. Mais, comme toujours, il distingue entre la vraie France et celle qui ne l'est pas. Il attend un bon mouvement de nos cœurs, une conversion dont les consolants symptômes éclatent de toutes parts.

Déjà, il y a trois ans, Pie X entrevoyait cette conversion et l'annonçait dans un discours qui a les allures d'une prophétie. C'était au Consistoire du 29 novembre 1911. Le Pape est hanté par le souvenir de Reims : il y affirme notre pacte baptismal et y trouve un gage de retour à notre mission surnaturelle : « Ce peuple, dit-il, qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims, reviendra pénitent à sa Qocation. » Il rappelle ensuite les gesta Dei accomplis par la France de nos jours, et déclare qu'ils « appelleront sur elle les miséricordes divines ». Il n'oublie pas les fautes, elles seront châtiées, mais le châtiment ne

5o NOS ALLIÉS DU CTKL

sera i)as la mort : « Elle ne périra pas la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. » Le Christ après l'avoir terrassée sur le chemin de Damas, après avoir reçu le témoignage de son repentir, lui dira : « Lève-toi, lave les souillures qui t'ont avilie, réveille dans ton sein les sentiments quijy sommeillent et LES PACTES DE NOTRE ALLIANCE, et va, fille aînée de VÉglise, nation prédestinée, vase d'élection, porter comme autrefois mon nom à tous les peuples et aux rois de la terre. »

Et voilà bien la grande prophétie qui semble commencer à s'accomplir. A côté de ses fils qui gisent sur les champs de bataille, la France se tourne vers le Christ, et lui demande pardon de l'avoir persécuté. Et le Christ lui ouvrant ses bras et son Cœur lui répète comme à Reims : Je t'ai aimée d'un amour éternel et je ne te laisserai pas périr.

Ainsi soit-il.

Mes bien chers Frères,

Au mois de janvier 187 1, le général allemand Schmidt, chargé par le grand État-Major prussien d'occuper la ville de Laval et d'envahir la Bretagne, se trouva tout à coup arrêté dans sa marche, non par une armée française, — il n'y en avait pas malheureusement qui pût lui barrer le passage, — mais par une cause mystérieuse, humainement inexplicable. Quand on lui demanda la raison de sa conduite, il ne put donner que cette réponse stupéfiante : « Une Madone garde ce pq}'S et nous empêche d'avancer. »

C'est là une parole historique et je vous dirai bientôt les circonstances extraordinaires qui l'ont motivée. Mais je la considère ici en elle-même et je dis qu'elle résume toute notre histoire.

Une Madone garde ce pays ! La Reine du Ciel et de la terre est, à un titre tout particulier, la Reine de la France, sa Mère et sa Protectrice. A ce titre elle mérite une place à part, la première après son divin Fils, dans cette revue de nos Alliés du Ciel.

Aussi, nous pouvons compter sur sa protection dans cette guerre. Cette espérance est fondée sur deux faits que je vais vous exposer.

1° L'amour que la France a toujours eu pour Marie;

2** L'amour que Marie a toujours eu pour la France.

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