XIV PREFACE
protéger contre leurs ennemis et le siège de la sainte Église de Dieu et le r»euple de Rome... »
Dans une troisième lettre admirable, Etienne II, par une fiction majestueuse, fait j)arler saint Pierre luimême :
« Moi, Pierre, appelé par Jésus-Christ à l'apostolat, et à qui il a daigné confier ses ouailles et les clefs du royaume des cieux, je vous regarde, ô Francs, comme mes fils adoptifs et, comptant sur votre amour, je vous presse de venir délivrer ma ville de Rome des violences des Lombards, car, suivant la promesse du Rédempteur, c'est vous, peuple des Francs, qui êtes notre peuple de prédilection parmi tous les peuples de la terre.
« O Francs, il est reconnu que parmi toutes les nations qui sont sous le soleil, la vôtre est la plus dévouée à l'apôtre Pierre. C'est pour cela que je vous adjure par mon Vicaire de venir délivrer l'Eglise romaine. C'est moi qui vous ai secourus dans vos besoins, c'est moi qui vous ai donné la victoire sur vos ennemis et qui vous la donnerai encore par la suite, si vous secourez ma ville (i). »
Dans son Registre Delphinal, conservé à la Bibliothèque de Grenoble, un grave magistrat, Mathieu Thomassin, contemporain de Jeanne d'Arc, nous dit : « Le pape Etienne II excommunia et mauldit tous estrangers qui vouldraient nuyre et invader le dit royaulme. »
(i) Labbe, Concil., t. VI. — Dom Bouquet, t. V, p. 495. —
ROHRBACHER, t. V, p. J^Q.