Jusqu’a quel age les chameaux peuvent-ils vivre
10, En quelles régions trouve-t-on des chameaux sauvages ?
EQUUS PRZEVALSKIL
Le seul cheval sauvage qui nous reste sur la terre. Ils se trouvent dans le désert de Gobi en Mongolie. Classés entre le cheval domestique et l’dne, ces chevaux sauvages se distinguent par une raie dorsale, étroite et d’un brun foncé; les Anes ajoutent 4 cette raie une croix sur les épaules. En hiver, quand les poils sont trés longs et velus, on ne voit guére cette raie; mais en été, aprés la mue, elle est trés distincte.
Dans ce récit, le lecteur aura a coudoyer deux dames d’aspect sévere: la Paléontologie et Anatomie Comparée. Qu’il ne s’en effraye pas a l’avance! En évitant les termes techniques, nous rendrons le contact plus supportable!
Etablissons d’abord que les espéces animales n’ont pas été créées telles que nous les voyons aujourd’hui. Elles se sont considérablement modifiées au cours des Ages, et, précisément, le but de la paléontologie est de rechercher
dans le sol, ot ils se sont pétrifiés (en devenant des fossiles), 10
les ossements des espéces anciennes, de celles qui se sont éteintes sans laisser de descendance, comme de celles dont descendent les animaux qui vivent 4 notre époque. L’Anatomie Comparée intervient 4 son tour: elle étudie sces ossements, et, en les comparant avec les squelettes des animaux modernes, elle réussit 4 les identifier, et 4 déterminer s ils appartinrent 4 un ancétre plus ou moins lointain du lion, de l’éléphant, du beeuf, du cheval, etc. En dressant l’arbre généalogique de ce dernier, nous roallons au-devant d’étonnantes surprises. Dire du cheval qu il est la plus belle conquéte de homme, c’est diminuer son mérite. La Paléontologie rend au noble animal un hommage plus exact et plus complet en prouvant qu’il est sa propre conquéte!
rs La Création avait fait de lui un petit mammifére insigniflant, 4 peine aussi gros qu’un chien ratier, modeste point de départ qui n’aurait pu faire présager l’aristocratique Arabe et le gigantesque Percheron !
Mais ce médiocre coursier s’achemina bravement vers 2oses destinées et triompha dans le combat de la vie, tandis que d’innombrables espéces contemporaines s’éteignaient, vaincues dans ce méme combat, bien qu’elles fussent (en apparence, tout au moins) bien mieux armées que notre petit triomphateur.
25 Onadmet maintenant quel’Asie, qui est le plus vieux des continents, fut le berceau de |'Homme et de tous les mammiféres. Il est donc probable que le premier ancétre du cheval naquit dans cette région ; mais ses ossements fossiles n’ont pas encore été rencontrés. On suppose qu'il n’était
30 pas plus gros qu’un chat, et qu'il avait cing doigts 4 chaque pied.
A partir de ce moment (qui nous raméne 4 ce que les savants appellent la trés lointaine Période Eocéne), nous abandonnons le champ des hypothéses pour pénétrer dans
celui des certitudes, car le deuxiéme ancétre du cheval nous est connu par ses ossements, découverts, depuis une vingtaine d’années, sur divers points des Montagnes Rocheuses.
C’est de ce deuxiéme ancétre que nous avons dit quil 5 avait la taille d’un fox-terrier. Complétons son signalement en notant qu’il avait gaatre doigts 4 chaque pied, dispositif qui lui donnait plus de stabilité sur le terrain fangeux ou il vivait. Ses dents, trés rudimentaires, ne pouvaient macher que les herbes tendres. La structure de ses jambes 1 montre que sa vitesse était médiocre, par comparaison avec les équidés actuels (chevaux, Anes, zébres). Enfin, l’étroitesse de sa cage thoracique indique qu’une course prolongée Petit mis hors de souffle.
A cette époque trés lointaine (que l’on calcule non point par.milliers d’années, mais bien par @ges géologiques) notre planéte était encore sujette 4 de gigantesques bouleversements. Les plaines marécageuses ot. vivait notre petit coursier (que les savants appellent EHohippus) furent soulevées par les forces souterraines: ce fut la naissance des 2 Montagnes Rocheuses.
Ces plaines devinrent des plateaux plus ou moins secs et arides, et les paturages se firent rares et distants. La plupart des espéces gigantesques qui avaient vécu la, cdte a cote avec le minuscule coursier, ne résistérent pas au changement, et s’éteignirent graduellement.
Plus intelligent que ses monstrueux compagnons, et, surtout, plus agile, Eokippus sut s’accommoder du nouveau milieu, et, de génération en génération, son anatomie s’adapta de plus en plus aux nouvelles conditions d’existence. ;
Sa denture se compliqua, et lui permit de broyer finement les herbes rudes des plateaux, et l’habitude prise de parcourir de grandes distances, en temps de sécheresse, pour découvrir des oasis d’herbes, développa sa vitesse.
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Les conséquences de ce gain furent la suppression d’un doigt, devenu inutile et génant, et des modifications importantes dans la structure des jambes et de lenveloppe thoracique, devenue plus ample.
5 Aussi, retrouvons-nous dans cette méme partie de VAmérique du Nord les squelettes du troisiéme ancétre, Mesohippus, qui, déja, accuse une parenté plus manifeste avec nos chevaux modernes. Sa taille a augmenté tres sensiblement, et les os de ses jambes nous prouvent qu'il
ro pouvait courir rapidement et longtemps.
Certes, ses pieds sont encore armés de trois doigts. Mais celui du milieu prend décidément l’avantage sur les deux autres, qui commencent a s’atrophier. Et la modification s’accentuera de génération en génération, jusqu’a ce que ce
15 doigt majeur, recevant de plus en plus tout le poids du corps, croisse en longueur et en grosseur, éliminant graduellement les deux autres, qui ne seront plus que des mozgnons.
De chainon en chainon, nous arrivons enfin 4 ’Hipparion, Vancétre chevalin que connurent les premiers hommes.
20 Mais, déja, les équidés, infatigables voyageurs, se sont répandus de Amérique dans |’Ancien Continent, et nous retrouvons par milliers des ossements d’Hipparions dans les régions voisines de la Méditerranée, notamment en Gréce.
Chez ces équidés, la taille atteint celle d’un poney, et les
25deux doigts rudimentaires ne sont plus que des stévlets, qui pendent encore de chaque cété de la jambe, mais qui disparaitront bientdt sous la peau. Alors, nous aurons le véritable cheval, le solipéde, dont les doigts supplémentaires ne réapparaitront qu’accidentellement : tel, Bucéphale, le
30 célébre cheval d’Alexandre le Grand, qui avait « les pieds fourchus.» Tel, celui que l’on a pu voir pendant des années 4 la Ménagerie du Jardin des Plantes de Paris.
Nos ancétres de l’Age de la Pierre Taillée connurent ces premiers chevaux, qui, par bandes énormes, hantaient
notre territoire. L’Homme des Cavernes les chassait pour s’en nourrir, et dessinait leurs silhouettes sur les parois de ses demeures souterraines. Mais ce ne fut que longtemps plus tard que d’autres races humaines, probablement fixées en Asie, eurent l’idée de domestiquer le cheval, de l’associer a leur existence.
Et Von voit quels chapitres merveilleux comprend V Histoire du Cheval! Mais, dans ce beau roman, combien d’autres chapitres mystérieux et troublants! Nous n’en mentionnerons qu’un.
Nous avons vu que la plus grande partie de l’évolution des équidés s’était déroulée dans l’Amérique du Nord, et nous devons ajouter qu’elle se poursuivit simultanément dans ce pays et dans l’Ancien Continent, car on retrouve en Californie de nombreux squelettes d’équidés solipédes, trés semblables aux chevaux que chassérent et dessinérent nos ancétres.
Or, lorsque les premiers Européens débarqueérent en Amérique, les chevaux avaient complétement disparu de ce continent, ot ils avaient été représentés jadis, tant dans Amérique du Nord que dans l’Amérique du Sud, par des troupeaux qui se comptaient certainement par milliers de tétes.
Et c’est 14 un de ces mystéres devant lesquels la Science doit confesser son ignorance. On ne peut pas accuser Vhomme comme l’auteur du massacre, car le Nouveau Monde n’était pas encore habité par l’espéce humaine quand disparurent les derniers chevaux américains. Et Von en est réduit a invoquer l’apparition d’un microbe qui
nm
s’attaqua tout spécialement a Vespéce chevaline dans 30
cette partie du monde!
Hélas! Que d’autres mystéres qui nous donnent des legons de modestie! Qui nous dira pourquoi le chameau, dont les premiers ancétres vécurent en Amérique (comme
ceux du cheval), disparut, lui aussi, de ce pays, pour devenir citoyen asiatique ?
On a prétendu que les premiers colons du Far-West y avaient rencontré d’immenses troupeaux de chevaux sau-
5 vages, et l’on avait vu 1a une preuve de la survivance des équidés américains. Mais il est maintenant prouvé que ces troupeaux descendaient de chevaux domestiques, importés au Mexique par les Espagnols, et qui avaient pris la clé des champs!
ro Les seuls chevaux réellement sauvages que l’on connaisse depuis les temps historiques sont ceux du Désert de Gobi (Asie Centrale), découverts, il y a une vingtaine d’années, par un explorateur russe. On pourrait leur ajouter les tarpans, petits chevaux que l’on chassait encore
t5au XVIF siécle dans les foréts de Lithuanie.
Mais ces exceptions ne sauraient nous empécher de proclamer que le cheval, ce noble associé de l’espéce humaine, est plus qu’une béte domestique : c’est une créature civilisée !
QUESTIONS
1. En quelle région a-t-on trouvé les plus anciens fossiles du cheval ?
2. De quelle taille était son plus lointain ancétre ? 3. Le cheval a-t-il toujours été solipéde? Décrivez le premier ancétre du cheval.
4. Donnez le signalement du deuxiéme ancétre du cheval. 5. Nos chevaux modernes sont-ils plus grands que leurs ancétres ?
6. Quelles particularités présentait le cheval d’Alexandre ? 7. Ou trouve-t-on encore de vrais chevaux sauvages ? 8. Quelles espéces forment le groupe des équidés ? 9. Quels avantages a le cheval d’étre solipéde ? 10, L’espéce cheyaline est-elle menacée par l’automobilisme ?
EQUUS GREVYI
Le plus beau des zébres. Ces deux pauvres bétes-ci soupirent apres les vastes plaines africaines, ot elles s’ébattaient autrefois.
Un CHEVAL ( CAMOUFLE )) EN TIGRE
Ce titre n’est, en somme, que la paraphrase de /ippotigris (cheval-tigre) qui est le nom scientifique du zébre; et l’on conviendra qu’il pourrait, au besoin, lui servir de signalement. Car ce gracieux animal, dont une locution populaire fait ’embléme de la vitesse, est un trés proche parent du s cheval, et la nature s’est amusée 4 peindre sur sa robe des motifs ornementaux qui rappellent, par leur forme comme par leur coloration, les rayures et bandes du grand carnassier asiatique.
Jai tout lair d’accuser la nature de n’avoir point fait 10 ceuvre utile en décorant ainsi le cheval sauvage africain ; et j’en aiaussila chanson! Je suis bien audacieux de m’attaquer 4 un principe qu’ont soutenu la majorité des savants,
SI
depuis la publication des travaux de Darwin; mais il faut avoir le courage de ses opinions — méme en zoologie!
Ce principe veut que la coloration des animaux sauvages se modifie pour s’adapter a celle du milieu ambiant afin de
5 les rendre moins visibles et de les soustraire a la vue de leurs ennemis.
Donc, d’aprés ce dogme, les bandes sombres et les bandes claires qui couvrent entiérement le zébre (oreilles et queue y comprises) auraient pour effet de diminuer sa « visibilité »
roet de le cacher aux yeux percants du lion, son principal, sinon son unique adversaire redoutable.
Mais il suffira de citer un fait bien connu pour que cette théorie apparaisse invraisemblable. Les zébres vivent par grands troupeaux sur des plaines que fréquentent des
rs bandes d’antilopes, qui sont, elles, wnicolores. Pourquoi deux poids et deux mesures? Quelle raison aurait eue Dame Nature d’accorder un manteau protecteur aux uns et de le refuser aux autres ?
Notez bien que le zebre, créature éminemment sociable,
20 entretient des relations de bon voisinage avec ces antilopes, et qu’on le voit trés fréquemment se méler par bandes plus ou moins nombreuses aux troupeaux de ces derniéres.
Si nous interrogeons les explorateurs sur ce curieux probléme, les réponses sont quelque peu contradictoires.
25 Plusieurs nous déclarent que le zébre peut devenir invisible dans trois cas :
1° & grande distance, dans une plaine dénudée, sous Vardent soleil de midi
2° a proximité, vers la tombée du jour, ou la nuit, au
30 Clair de lune
3° sur un terrain couvert de buissons
Mais Selous, le célebre chasseur, qui passa vingt années de sa vie 4 étudier la grande faune africaine, s’inscrit en faux contre ces constatations: « Jamais de ma vie je n’ai vu le