‹ Nos amis les canadiensChapitre 11 sur 109 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

enlevées, le poste surpris; l'officier qui le commande sort de son lit quand les Anglais sont maîtres du passage. Une légende tenace affirme que ce négligent fut un traître. Quoiqu'il en soit, par le chemin ouvert, Wolfe et cinq mille Anglais se sont glissés entre la ville et les retranchements de la plaine. La stupeur de les voir là le matin déconcerte la défense deMontcalm. Une bataille de vingt-cinq minutes coûte la vie aux deux généraux et le Canada à la France. Que le coup de feu d'une sentinelle eût, la nuit précédente, donné l'alarme au poste et qu'un petit officier eût veillé selon son devoir, Wolfe, rembarqué, fût mort de phtisie à Londres et Montcalm eût rapporté dans son petit château du Languedoc, « son cher Gandiac », la gloire d'avoir jusqu'au bout vaincu l'Angleterre.

Aux jeux delà guerre et de la politique, comme aux autres, l'amour-propre des perdants accuse la mauvaise chance. Un grave historien du Canada (1) énumère dix incidents, d'aussi faible importance, qui décidèrent notre défaite et dans lesquels se continua obstinément la partialité du sort, comme si les dés de la fortune eussent été pipés. Il semble parfois, en efTet, que les petits hasards soient les maîtres des grandes

(1) Casgraiiî, Montcalm et Léois.

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