‹ Nos amis les canadiensChapitre 15 sur 109 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

de lui, que sa foi lui rend les plus sûrs des chefs, que la communauté dorigine fait complices de ce qu'il désire et intelligents de ce qu'il lui faut. L'occasion vient presque aussitôt les servir. Les colonies d'Amérique se soulèvent contre l'Angleterre. Au lieu de lui faire la guerre unis aux « insurgents », les Canadiens se montrent prêts à rester en paix avec elle si elle leur donne des raisons d'aimer cette paix. Leur habileté loyale réclame en franchises le prix de leur soumission et met à profit la longueur de la guerre pour se faire payer plusieurs fois la neutralité où ils demeurent. Jour par jour, parcelle par parcelle, traité par traité, ils obtiennent pour leur langue, pour leur culte, pour leurs franchises, ces commencements de garanties qui, peu à peu développés par le temps, ont transformé les abandonnés de la France en les libres colons de l'Angleterre. Les hommes qui, dans ces débuts décisifs, présidèrent au conseil et à l'action, tinrent les volontés fermes et les dissuadèrent d'être rebelles, se firent auprès des Anglais les interprètes des revendications, les négociateurs des ententes, les garants de la paix, et auprès des Français les architectes de la « maison commune », les juges des difficultés locales, les arbitres delà vie publique et des intérêts privés, les fondateurs de l'avenir, — furent

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