PRÉFACE XXI
les prêtres. En même temps, dans cette famille d'égaux, peu à peu élevés au-dessus d'eux-mêmes par une éducation générale, le clergé travaillait à susciter une aristocratie d'intelligence, par une hiérarchie d'enseignement formait les mieux doués aux carrières libérales, et par son soin de développer leurs aptitudes aux affaires publiques se préparait des suppléants dans la gestion des intérêts temporels. Ainsi se maintint, en se perfectionnant, une société aux mœurs simples, aux foyers féconds, ordonnée dans le calme qui s'établit partout où domine la pensée de l'au-delà, soumise sans peine au clergé dont le bâton pastoral avait été partout protecteur pour elle, et heureuse de servir le catholicisme par toutes les forces qu'elle lui devait. La société contemporaine est née de ce passé. Français et catholique, M. Louis Arnould salue avec fierté ce noble ouvrage de sa race et de sa foi. Sa double piété se plaît à retrouver dans cette colonie anglaise du nouveau monde la France d'autrefois ; il honore en un seul hommage le passé et le présent, et proclame qu'il ne connaît pas de société où la famille se garde plus intacte, où la pureté du sang soit mieux défendue par la décence des mœurs, où les vertus civiles soient plus pénétrées de vertu religieuse, où une place plus éminente soit faite à l'Eglise par l'Etat.