‹ Nos amis les canadiensChapitre 17 sur 109 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

Toutefois, si ce passé ne meurt pas, il vieillit, et des forces nouvelles le poussent peu à peu hors du présent. Il était l'ordre tout français d'une société toute française. Or, au Canada, la race française n'est plus ni seule ni dominante. Les Anglais, d'abord représentés par quelques fonctionnaires et marchands, se sont accrus à mesure que les « arpents de neige » se changaient en plaines de fertilité ; puis les Américains ont aussi répandu sur elles une part croissante de la population mêlée que l'Europe envoyait aux Etats-Unis. Cette double immigration, qui conïptepar plusieurs centaines de mille les nouveaux venus de chaque année, a réduit à un tiers du peuple canadien les Français d'origine. Et non seulement l'énorme afflux se répand à peu près seul dans tout l'ouest, il pèse sur l'ancienne race demeurée dense à l'est, et la pénètre.

M. Louis Arnould analyse et dose les trois influences qui se la disputent. La France vit toujours dans l'essentiel de la race : ses générosités, sa belle humeur, sa vivacité d'esprit, son amour de la parole, son goût des idées générales , son intelligence catholique de la vie. Sur ce fond solide, l'Angleterre greff'e et accroît ses emprises. Elle a donné à ces Français une imagination des réalités, étendu leur concept de l'activité, agrandi leur audace

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