‹ Nos amis les canadiensChapitre 18 sur 109 · PREFACE XXIII · texte numérisé non relu

PREFACE XXIII

par la pratique de l'association et l'art d'appeler l'argent, substitué au goût d'édifier l'aisance sur l'épargne, le souci d'accroître le gain pour élargir la dépense : bref, accéléré en chacun le mouvement des ambitions. Elle leur a fait goûter ses méthodes politiques, son amour des moyens légaux et des transactions patientes, son dédain pour les théories et pour les violences. Elle les a persuadés, puisque le gouvernement est toujours imparfait en soi et aux mains des plus forts, que le moins mauvais était celui où l'on s'épargne la guerre en se comptant au lieu de se combattre, où dans l'incertitude du parti le plus sage, on estime le plus sage Tavis des plus nombreux, et où ces plus nombreux sont sans cesse obligés de justifier publiquement leurs actes devant la raison de tous. Elle a imposé à l'intellect catholique le voisinage des conceptions protestantes : l'indépendance religieuse d'un peuple où chacun, par sa religion même, devient le juge suprême de sa foi et de son devoir, comme la réserve subalterne d'un clergé auquel cette souveraineté des laïques laisse à peine les droits d'un conseiller et interdit de parler sur rien en maître, sollicitent sans cesse les fidèles de la Papauté à croire excessive l'autorité de l'Eglise, incommodes ses interventions, à pratiquer leur catholicisme avec l'esprit de la Ré-

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