XXIV PREFACE
forme. Cette influence anglaise, qui tantôt utile et tantôt dangereuse, ici complète le Français et là le change, trouve en M. Louis Arnould un arbitre impartial, c'est-à-dire tour à tour favorable et défiant.
Mais, pour lui, l'hostilité seule est la justice quand il juge l'influence américaine. Le génie américain lui semble une dégénérescence du génie anglais. Il est une dégénérescence par l'exagération malsaine des forces que déploie l'énergie anglaise et par la logique eff"rénée des doctrines auxquelles résiste la sage inconséquence de l'intellect anglais. L'Angleterre est une ancienne nation que son âge protège contre les excès des plus dangereuses nouveautés. Quand elle a changé de culte, plus vieille que la réforme, elle mêlait à son apostasie la conscience de la part que sa foi avait eue à sa civilisation, et en organisant son Eglise anglicane, elle a voulu restreindre la souveraineté que le protestantisme reconnaît à chaque fidèle, maintenir entre eux la communion d'une croyance commune et garder, fût-ce par une ombre, une place à la religion dans l'Etat. De même^, elle a établi le gouvernement de cet Etat sur la volonté publique ; mais cette volonté s'est formée au respect d'institutions antérieures à elle, et que son assentiment rendait plus solides. La patrie et sa