PREFACE XXV
longue histoire ont uni la race en un culte national. Ce culte a été comme rapproché des intelligences et des cœurs paO" leur attachement aux provinces, aux villes, et la raison de ceux qui passent s'est instruite à admirer le droit des choses qui durent. Cette continuité est encore la gardienne de l'ordre social, avec un trône et une noblesse héréditaires, avec les coutumes qui, à la fois protectrices et impérieuses, assignent à chacune son rang, ses chances et ses voies d'ascension. Cet ordre a sa monarchie la plus intime et la plus universelle dans la famille. Tous les membres de chacune font un tout sous l'autorité du père. Si elle est atteinte par le divorce, du moins les pouvoirs religieux et civils sont-ils d accord pour le rendre difficile, coûteux et rare ; si les enfants s'éloignent vite du foyer, du moins il garde la chaleur de tendresses toujours chères, et attire, si loin soient-ils, par une solidarité de souvenirs et un désir de retour, les dispersés. Par toutes ces puissances, la volonté humaine est entourée, limitée, éclairée, les intérêts généraux imposent leur suprématie aux passions particulières, et l'individu échappe à la solitude, au désert, où le démon tente par l'égoisme et par l'orgueil. Aucune de ces garanties ne sauvegarde l'Amérique. Son protestantisme lui vient de l'Angleterre, mais l'Amérique, née