‹ Nos amis les canadiensChapitre 22 sur 109 · PREFACE XXVII · texte numérisé non relu

PREFACE XXVII

déclin du dix-huitième siècle étaient récentes elles-mêmes quand elles s'unirent en un Etat plus jeune encore. Il continue à s'accroître de territoires qui n'ont pas de passé. Les villes surgissent sans l'aide du temps, et une partie de leurs habitants sont plus vieux qu'elles. Aucun de ces inachèvements n'enferme le charme doux et vénérable d'une tradition, aucune de ces énormités n'a la beauté de la grandeur stable et n'inspire à l'homme le sentiment de la petitesse ; au contraire, le spectacle de cette improvisation, où les vivants reconnaissent l'œuvre de leur main et l'importance de leur eflort, enseigne à dédaigner le passé et à n'estimer que l'avenir. La famille elle-même semblerait radoteuse si elle opposait des disciplines ancestrales à l'indépendance des descendants. Les enfants ne songent pas plus à suivre le père que le père à les diriger, chacun conduit pour soi sa vie ; le divorce accroît la liberté de l'individu, c'est assez pour qu'on dénoue sans délais, ni obstacles, les unions fatiguées ; le foyer instable perd la dignité, et les hôtes de la demeure passagère n'y attachent pas leurs intérêts, leurs douleurs, ni leurs joies. Moins encore ont été ménagés les illogismes sociaux qui eussent amoindri l'indépendance souveraine des citoyens : pas de roi, pas d'aristocratie, pas de charges héréditaires, pas de carrières stables

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