‹ Nos amis les canadiensChapitre 26 sur 109 · PRÉFACE XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXI

quelques-uns. Toutes ces invasions de l'égoïsme individuel débordent où la croyance chrétienne recule, car la religion comme la famille est plus intacte au Canada qu'ailleurs, mais moins forte dans le Canada d'aujourd'hui que dans le Canada d'hier. Notre auteur accuse de ce mal moins l'impiété philosophique de notre littérature française que le matérialisme réaliste de l'activité américaine. Le voisinage d'hommes qui ne reconnaissent pas de hiérarchie ecclésiastique font chacun toute son Eglise, dont les plus pieux enferment leur culte dans le secret de leur conscience, dont les plus nombreux rendent patent par leurs actes que Dieu leur reste étranger toujours sans leur manquer jamais, est la prédication la plus continue et la plus tentatrice contre l'influence d'une Eglise sur les affaires publiques et même contre l'empire d'une foi religieuse sur la vie intérieure. M. Louis Arnould accepterait quelque recul des interventions ecclésiastiques dans les contingences des affaires générales, mais il ne prend pas son parti d'un amoindrissement dans la croyance aux vérités du catholicisme, car c'est la plénitude ou le vide de cette source qui féconde ou dessèche tout.

Or si l'immigration, qui est le fait principal de l'histoire contemporaine au Canada, se continue, les Français seront de plus en plus

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