‹ Nos amis les canadiensChapitre 33 sur 109 · PRÉFACE XLIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XLIII

passent, il veut des Français qui restent. Où les découvrir et comment essaimerions-nous, quand notre fécondité s'arrête ? Le terrible homme a fouillé les statistiques, elles lui ont appris que, bon an mal an, quinze mille Français s'expatrient encore et se dispersent dans le monde. Pourquoi, au lieu de tenter la fortune de contrées où ils arrivent seuls, dont les mœurs les repoussent, dont ils ignorent la langue, où ils peuvent acquérir une importance personnelle, mais où le gain est perdu pour la patrie et la race françaises, ne vont-ils pas dans les pays où ils retrouveraient, avec des chances égales de fortune, leurs habitudes, leur langue, leur sang, où leur venue accroîtrait la joie, où leur présence augmenterait la famille, où leurs succès seraient des victoires pour la France ?

Les aventuriers raisonnables ne se justifieraient de tenter ailleurs l'inconnu, que s'ils formulaient des objections décisives, soit sur les chances insuffisantes de succès, soit sur la rigueur intolérable du climat. M. Louis Arnould entend ne laisser aux plus prévenus ni Tun ni l'autre prétexte.

Il a passé deux hivers dans le pays. Cinq ou six mois de gel etde neige ne lui ont apporté ni maladies, ni malaises, ni douleurs, pas même ce rhumatisme qu'on nomme la mauvaise humeur. La

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