Sully-Prudhomaie dans « Conseil » des Vaines Tendresses
Et tu veilles sur l'homme autant que sur le nid, du haut de ta demeure inaccessible et sombre ; car le mal, ce complice ordinaire de l'ombre, a dû craindre souvent ton regard infini.
O lune ! jusqu'à toi, permets que je m'élève. Je rampe plein d'ennui ! Jette-moi des rayons, que je m'en serve ainsi que de bleus échelons pour suivi-e dans l'éther, ton domaine, mon rêve !
Lisez de même les Arbres, VEié des arbres. Mais ceux qui sont plantés dans les rues de Montréal ne suffisent point au pauvre reclus, et, dans Diane, il aspire aux bois, aux vrais bois, avec une mélancolique sérénité.
Amène-moi, déesse, au fond des bois mouvants,
entendre au lieu des chants des hommes ceux des arbres, lyres saintes, parfois vieilles plus que les marbres, qui vibrent sous les doigts artistes des grands vents.
Vous jugez par ces échantillons que la poésie d'Albert Lozeau n'a rien d'éclataut ni même de saisissant dès l'abord. C'est une intimité douce qui vous prend mieux à mesure que l'on y demeure.
Le délicat poète adonné son second volume en 1912 : le Miroir des Jours K Ce titre un peu précieux recouvre une nouvelle glane d'impressions fines et subtiles, écrites avec plus de soin encore et enchâssées la plupart dans un sonnet, genre que l'auteur cultive avec cet enthousiasme :