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La presse et les salons

Maisje vous entends : Dites-nous donc enfin, pour achever, le rôle littéraire de la presse et des salons, ces deux éléments si importants de tout développement littéraire national, et dont l'un, à vrai dire, tend dans nos sociétés modernes à supplanter l'autre.

Il faut dire la vérité, quitte à s'attirer d'implacables inimitiés : la presse est un des principaux obstacles au progrès intellectuel du Canada, les plus grands journaux étant, dans leurs seize à trentedeux pages, des paquets d'annonces, qui coupent les dépêches, voire les articles de fond. Parmi ceux-ci il en est qui sont bien rédigés et intéressants, mais ils se trouvent si irrémédiablement noyés dans un tel fatras tout américain que de pareilles feuilles n'inspirent que du découragement : nous avons vu d'intelligents Canadiens eux-mêmes renoncer à les lire, ou plutôt à entreprendre la chasse du peu qui y est lisible, et préférer se tenir au courant par des journaux français de France ou même des Etats- Unis. Presque seules, les feuilles hebdomadaires s'occupent sérieusement, sincèrement d'idées et sans contradiction d'une page à l'autre, tels, — quelque jugement que l'on porte sur leurs opinions, — le Nationaliste et le Devoir à Montréal, /a Vérité et

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