Atlas of Canada
la réalité est tout opposée, et, dans très peu d'années si le mouvement « nationaliste » de l'Est ne reçoit point satisfaction, c'en est fait des Canadiens-Français, qui auront héroïquement lutté pendant un siècle et demi et, groupés autour de leurs prêtres, victorieusement survécu à linvasion anglaise, à l'oppression anglaise, à l'infiltration anglaise des fonctionnaires et des commerçants, pour disparaître, sans rémission, dans les premières années du 20*^ siècle, complètement noyés sous cette pacifique inondation anglo-américaine.
On aperçoit déjà au Parlement fédéral les avantcoureurs de la submersion prochaine : àla Chambre des communes, qui seule émane du suffrage populaire, puisque le Sénat est nommé par le gouvernement, les députés « français » ne sont plus que 80 environ sur 221. La constitution politique, c'est-à-dire le British Xorth America Act de 1867, a fixé au chiÛVe invariable de 65 le nombre des représentants de la province de Québec, la plus française de toutes, et a décidé que ses comtés électoraux, quelles qu'en fussent les variations dépopulation, serviraient de tj-pes à ceux des autres provinces. Le comté québecquois, c'est-à-dire le soixante-cinquième de la population totale de la province, est actuellement de 3L000 âmes environ ' : de 31. 000 âmes est donc la circonscription électorale dans tout le Dominion. Il s'ensuit que, à chaque fois