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et souvent, comme dans les fermes ou dans les « chantiers », logé, nourri et... chauffé. Le salaire s'élève parfois à deux et trois dollars. Seulement l'épargne est très difficile et méritoire, les ouvriers canadiens aj^ant l'habitude de dépenser à mesure ce qu'ils gagnent.
Pour les domestiques il ne faut pas craindre de dire que le Canada est un pajs de Cocagne. Car il ne connaît point de domestiques de profession, mais seulement des jeunes gens et des jeunes filles qui consentent à servir pendant quelques semaines ou quelques mois. Aussi la crise du service, qui commence à nous arriver — là-bas est-elle aiguë. L'on trouve des domestiques qui, ne sachant rien, vous demanderont 80 ou 100 francs par mois, tout en vous imposant des conditions incroyables. Souvent l'on n'en trouve pas, et nous avons connu dans la société de Montréal des personnes obligées de faire leur cuisine pendant des mois, ce qui explique le succès des pensions et restaurants de famille où l'on voit même se réfugier de riches propriétaires de la cité ^
A la campagne, le mal est encore pire et bien des colons sont obligés de se servir eux-mêmes. Nous voyions récemment un vicomte poitevin, colon de rOuest, qui, revenant passer un été en France, se présentait lui-même gaiement de la sorte : « Je vous présente ma cuisinière ! »