LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA
La splendide réception du Légat du Pape au Congrès eucharistique international de Montréal. — Ses causes.
1. La situation historique des Canadiens-Français vis-à-vis de l'Eglise, et leurs espoirs en 1910. — Leur profonde déception à la nomination d'un archevêque anglais à Ottawa.
L'auglicisation de l'épiscopat canadien.
L'évangélisation de l'Amérique par la langue anglaise.
2. La déclaration publique de l'archevêque de Westminster au Congrès de Montréal en faveur de la langue anglaise.
La Church Extension Society et son wagon-chapelle.
L'hostilité d'un évêque de la province d'Ontario contre le français. — Les Irlandais sont à peine le cinquième des catho liques du Canada et ils possèdent plus de la moitié des sièges épiscopaux.
Allégations contre la langue française. — Les réponses.
Les Canadiens-Français résisteront et peupleront. — Mais il leur faut des chefs religieux.
Ils se sont repris. — Puissante réaction en faveur du français.
Mgr Sbaretti.
La chimère de Mgr Bonrne.
Le triomphe d'Henri Bourassa, le 10 septembre 1910 : extraits
de son discours. — La brochure du 26 septembre : Religion,
Langue, Xationalité.
J'éprouvais un vif regret de ne pas donner une étude sur un dernier problème brûlant qui avait éveillé mon attention durant mon séjour au Canada, bien qu'il fût encore latent, car j'avais bien remarqué comme les Irlandais, qui m'étaient si sympathiques de loin, en raison de leurs malheurs nationaux, et chez qui tant d'individualités sont attachantes, se rendaient en masse peu supportables aux Canadiens- Français (laïcs et clergé) par leur manque de tenue, par leurs plaintes et leurs réclamations perpétuelles, comme si trois siècles de persécution avaient héréditairement aigri leur caractère et leur faisait rêver dune éclatante revanche en Amérique.
Mais le conflit n'éclata avec force qu'en 1910, durant le Congrès eucharistique de Montréal. Sur ces entrefaites un de nos compatriotes, que je ne connaissais pas, mais qui, depuis 8 ans au Canada, se sentait au cœur, pour ce cher pays, à peu près le même genre d'amour que moi, m'envoyait spontanément un article manuscrit sur la question, en me demandant de le faire publier à Paris : il s'agissait d'un service urgent à rendre à la Nouvelle-France. L'article parut dans le Correspondant du 10 juillet 1911, sous le titre : Une Question de Justice. — La Langue française au Canada. L'auteur, qui désire garder encore l'anonj-mat, a bien voulu accepter que son étude figurât ici, comme complément des précédentes. J'en ai seulement retranché quelques pages, qui m'ont paru moins nécessaires, j'y ai souligné trois phrases capitales et introduit, pour plus de
clarté, quelques titres partiels, et ne me trouvant pas astreint à une aussi grande prudence que lui, j'ai osé donner à cet exposé son vrai titre, celui qui est inscrit plus haut ; le sommaire m'est également imputable.