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CHAPITRE VIII

PREMIÈRES CIVILISATIONS. — l'AGE DE LA PIERRE POLIE ARMES ET OUTILS

Nous avons montré déjà quelle influence puissante eut sur les progrès de la civilisation et de l'industrie la sécurité de l'alimentation. A Solutré, où la viande de cheval abondait, nous avons vu tailler et retailler finement le silex des pointes de javelots ; les Trogl odytesde l'âge du renne, riches en venaison et en poisson, nous ont légué dans le sol de leurs cavernes les étonnants produits de leur habileté à sculpter et à graver la corne et l'ivoire. Possesseurs de troupeaux qui leur assuraient une nourriture régulière, les premiers pasteurs purent se livrer aisément au perfectionnement de leur outillage et à l'amélioration de leur mobi- Uer. La hache de pierre fut l'objet de leurs soins ; c'était en quelque sorte leur arme nationale. Mais, ce n'était point tant de la pointe qu'on frappait dès lors que de la partie la plus large, amincie sur le bord afin d'obtenir un tranchant ; en la retaillant à éclats toujours de plus en plus petits, on s'aperçut que son pouvoir de pénétration s'augmentait ainsi, que la hache coupait mieux. De là, l'idée que

si la surface en était tout à fait unie elle s'enfoncerait encore plus facilement, dans le bois par exemple. Il fallait donc, après avoir façonné convenablement la hache de pierre, après l'avoir préparée par des retailles minutieuses • à recevoir le poli qu'on voulait lui donner, trouver un moyen pratique d'obtenir ce résultat désiré. C'est en frottant la pièce sur une roche dure, plus dure que le silex, qu'on devait pouvoir faire disparaître toutes

Hache de pierre polie.

les petites arêtes dont la retaille à petits éclats l'avait couverte. Mais, quelle pierre est plus dure que le silex? Le granit et le porphyre peut-être. Toutefois, le travail est long et pénible, il réclame des efforts continus sans produire des résultats bien satisfaisants. Ausssi, de même que de nos jours on a découvert que seul le diamant peut tailler le diamant, à cette époque si lointaine on reconnut que pour attaquer le silex et le rendre aussi uni qu'il fallait, il n'y avait que le sable fin, c'est-àdire le silex lui-même puh^érisé par la nature. Sur

une table de granit recouverte de sable mouillé, on usait lentement les aspérités de la hache de silex qui acquérait bientôt sur toutes ses surfaces le poli

Hache de piere polie. — i. Face.— i. Profil. — Dolmen de Yauréal (Seine-el-Oise). Fouilles de M. de Caix de Saint-Aymour.

parfait, but de tant d'efiforts. En même temps d'ailleurs, la table de granit ou d'autre roche dure subissait l'action du sable et du frottement combinés, se creusait là où l'opération avait lieu et prenait

pour toujours les marques caractéristiques de ce

que les archéologues appellent des « polissoirs. »

L'ouvrier, armé d'un percuteur, c'est-à-dire d'un

marteau en pierre dure, saisissait un caillou de

Hache CQ pierre polie, — i. Prolil. — 2. Face. — Environs de Saint-Brieuc. (Côtes-du-Nord).

silex d'une dimension plus grande que celle qu'il destinait à la hache projetée ; il dégrossissait ce caillou à grands éclats d'abord, à plus petits ensuite, lui donnant la forme d'une amande ou d'un coin. Puis abattant les arêtes il retaillait la pièce et la préparait pour le polissage qui commençait par la

partie la plus large, par le tranchant; puis il achevait l'opération pour toute la surface de la hache et se trouvait à la fin muni d'un instrument parfait. Mais, à l'usage celui-ci se détériorait, le tranchant s'émoussait et il fallait recourir de nouveau au polissoir, véritable meule à aiguiser et à repasser. Un coup porté à faux sur un objet extrêmement résistant endommageait-il sérieusement la hache, le percuteur était là et on retaillait l'instrument avant de lui redonner le poli et le fil. Toutes ces manipulations sont faciles à constater, car les collections publiques et privées possèdent des séries de haches néolithiques à tous ces degrés de préparation (1).

On n'a pu vérifier jusqu'ici si les hommes des dernières périodes quaternaires avaient su attacher un manche à leur hache Td^Norr^uigrossièrement taillée. Si l'on raisonnait par analogie, la ressemblance qu'il y a entre les industries solutréenne et magdalénienne et celle de peuplades sauvages, [nos contemporaines, qui possèdent des haches fixées à,

(1) Musée préhistorique, par MM. G. et A. de Mortillet, pi. 46 47 et 48. Un fort album iu-Bo. Pans, Reinwald et C^^^, éditeurs.

Marteau en Amérique J. Marcou.

des branches de bois par des lanières, nous ferait incliner à répondre dans le sens d'une hypothèse affirmative ; mais ce ne serait toujours qu'une hypothèse, et la preuve matérielle nous fait encore complètement défaut. Par contre, à l'époque néolithique, l'emmanchure des haches polies a été maintes fois constatée sur les objets eux-mêmes, c'est-à-dire d'ime façon irrécusable. On a en efifet découvert plusieurs de ces armes encore pourvues de leur manche, et l'on a ainsi connu par quels procédés elles lui étaient solidement attachées. Ces procédés semblent être au nombre de deux: un simple et un plus compliqué, mais tous deux concordant en ce que, à la différence du procédé moderne, c'est le manche qui recevait la hache, et non la hache qui recevait le manche.

Dans le premier cas, le manche est généralement en bois, parfois pourtant en corne de cerf et singuUèrement renflé à son extrémité supérieure, celle où est la hache, bien que souvent l'autre extrémité présente aussi une sorte de crochet pour retenir la main. Cette partie épaisse est percée d'un trou qui tantôt traverse tout le manche, tantôt ne pénètre qu'à moitié, et dans ce trou on faisait entrer la hache polie par sa partie mince et quelquefois, pour éviter des glissements, on repiquait avec une pointe de silex la portion de la surface qui devait adhérer au bois. De cette façon, l'arme de pierre étant fixée dans la partie la plus épaisse du bois, le tout était d'une grande solidité

et d'une grande force. Un dessin gravé sur une des dalles de granit du dolmen de Gavrlnis (Morbihan) nous montre que l'oii profitait aussi des courbes naturelles du bois |)our maintenir Textrémité postérieure de la hache.

Il y avait un autre genre d'emmanchure, celui-là

moins simple, mais vraisemblablement plus solide et plus pratique.

D'après le procédé précédent, l'instrument entier se composait de deux pièces, la hache et son manche ; d'après celui-ci il consiste en trois pièces, lahache, une gaine de corne et le manche. Dans la gaine entrait le talon de la hache polie qui y était maintenue soit par sa grosseur même, soit peut-être par quelque enduit. Aussi bien, du reste, chaque coup porté enfonçait la hache dans son enveloppe de corne et c'était celle-ci qui était fixée au manche de bois de l'arme. Deux modes étaient usités pour obtenir ce dernier résultat : l'un rappelant le système précédent, c'estàrdire la gaine de corne fichée dans le manche de bois ; l'avantage de ce mode était que la gaine émoussait le contre-coup et empêchait ainsi la

llache eo pierre pôle. — Vavr eL profil. — Environs de tjuinl- Brieuc. (^Côtes-du-NorJ.;

hache en pierre dure de faire, comme cela devait arriver souvent, éclater le bois du manche. L'autre mode présentait un perfectionnement réel : tandis qu'une partie de la gaine de corne était creusée dans le sens de sa longueur pour y loger le talon de la hache, l'autre partie, demeurée intacte, subissait une perforation verticale dans laquelle passait l'extrémité du manche.

Plus tard, les progrès industriels amenèrent à

Hache de pierre poJie a douille.

son tour la perforation de la hache de pierre ellemême. Grâce à l'emploi du sable mouillé qui attaquait la roche dure sur un point que Ton frottait avec assiduité et d'un outil enpierre enferme declou, ou seulement d'un simple roseau qui maintenait le sable, on arriva à produire une excavation d'un côté de la hache, puis de l'autre, et en travaillant ainsi, à creuser dans l'épaisseur de l'arme une véritable douille où pénétrait le manche. Les haches ainsi arrangées sont infiniment plus rares que les autres et appartiennent à la phase la moins ancienne de l'époque néolithique ; elles ne devaient guère être

employées à des usages domestiques, le tranchant n'en étant presque jamais affilé. C'étaient plutôt des armes de guerre, de terribles casse-têtes. Aussi bien la massue figurait-elle encore avec honneur dans les arsenaux du temps ; on en a retrouvé en bois, qui rappellent les formes de celles des sauvages de rOcéanie et de l'Amérique du Sud. Des galets naturellement perforés donnèrent l'idée d'armer le bout d'un bâton d'un disque de pierre que l'on prépara ensuite dans cette intention. Parfois encore, au lieu d'un disque en pierre, on prit un morceau de corne dure. Mais ce qui tient le premier rang dans ce genre d'armes, c'est à coup sûr la hache-marteau, à douille telle que nous l'avons décrite tout à l'heure (1).

Les roches dures, soigneusement polies et rendues tranchantes comme un couteau d'acier, ne fournissaient point que des haches à nos ancêtres d'alors. Des instruments, assez semblables d'ailleurs comme aspect général à ces dernières, mais différents en cela qu'une de leurs surfaces était absolument plate, étaient de véritables doloires ou herminettes, excellentes pour le travail du bois, c'est-à-dire pour la fabrication des cabanes et des canots. Elles étaient emmanchées de la même façon que les haches, sauf que leur tranchant se trouvait non point parallèle, mais perpendiculaire au manche. Sur la face plane de quelques-unes de

(1) Musér préhxstoriqu?, pi. 53 et 54.

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ces doloires, on remarque un creux qui en fait évidemment des gouges ; celles-ci paraissent avoir été employées à la main, ou tout au moins n'avoir eu qu'une simple poignée de bois ou de corne. C'est d'ailleurs le cas pour les ciseaux tantôt en pierre polie, tantôt en os ou en corne (1). De tout cet ensemble de faits il résulte avec évidence que les peuples qui importèrent chez nous l'industrie néolithique étaient d'habiles charpentiers et des menuisiers non moins adroits.

Tout en possédant des outils perfectionnés, ils n'en avaient pas abandonné pour cela ceux qu'ils tenaient de leurs aïeux de la période quaternaire, notamment les grattoirs et les scies, assurément améliorés, mais présentant toujours les caractères de ceux d'autrefois, c'est-à-dire qu'ils n'étaient point polis, mais taillés et retaillés à petits éclats ; toutefois cette taille était plus soignée, plus uniforme, plus régulière.

Parmi les grattoirs, nous remarquons deux types : l'un propre à l'industrie néolithique, de forme ronde, presqu'un disque aminci sur une section de sa circonférence, au tranchant préparé à petits coups, mais non repassé au polissoir, c'est-à-dire à la meule, comme la hache. Ce type paraît n'avoir été employé qu'à la main et ses dimensions, jamais très grandes, sont fréquemment des plus réduites. L'autre type rappelle davantage celui des grattoirs

(1) Musée préhistorique, pi. 51 et 52.

quaternaires, mais avec une régularité de forme infiniment plus grande. C'est la pointe moustérienne en amande, avec cette dififérence cependant que de même que pour les haches, le grattoir néolithique a son tranchant à l'extrémité large et non au bout plus étroit qui, dans ce cas^ servait de manche ou mieux de soie pénétrant dans une poignée de bois ou de corne.

Les scies diffèrent encore moins de celles des temps quaternaires. Elles sont de taille assez petite, mais on les recueille en nombre considérable. Il ne faut pourtant pas s'y tromper. Des chercheurs et des amateurs inexpérimentés seraient tentés de prendre pour des scies des lames de silex dont un des bords présenterait des séries de coches ou dentelures assez fortes : l'expérience démontre que ces pièces ne peuvent et n'ont jamais pu servir. Ce sont des lames abîmées, gâtées, vrai rebut d'atelier, tandis que la scie véritable possède un tranchant parfaitement lisse d'un côté, ce qui permet le va-et-vient de l'instrument, et couvert de l'autre côté d'une suite de retouches finement exécutées dont la rugosité constitue le mordant de l'outil. De même que pour les grattoirs, il est des scies à main et des scies à manche. Les premières étaient saisies entre le pouce et le médius, l'index étendu sur le bord opposé au tranchant, ce bord étant soigneusement uni et poli afin que l'ouvrier ne pût se blesser ; les secondes, employées sans doute à des ouvrages plus j>énibles, étaient insérées, suivant le sens de

leur plus grande longueur, dan» une pièce de bois que l'on pouvait prendre à pleine main de façon à obtenir un effet de force, La lame de silex, fichée ainsi dans une rainure, y était maintenue par un enduit bitumineux ou résineux et l'instrument entier se portait sansdoutesuspenduàla ceinture, car, dans toutes les scies trouvées avec leur manche, celui-ci est pourvu d'un trou qui servait vraisemblablement à y passer une cordelette ou une lanière.

C'est seulement à la période néolithique que l'on peut attribuer les belles lames de silex qui furent des couteaux dignes de ce nom. Auparavant, les instruments servant à découper n'étaient que de grossiers « déchiroirs », que l'on nous permette l'expression ; mais, lorsque d'un habile coup de marteau ou de percuteur, on sut détacher d'un « nucléus », c'est-àrdire d'un gros morceau de silex un éclat long et étroit, extrêmement tranchant sur un de ses bords par le seul fait de l'éclatement, absolument lisse sur sa face interne, alors on fut en possession d'un vrai couteau. Il y en avait naturellement de toutes les grandeurs, et souvent d'une lame brisée on tirait des lames plus petites^ tant que le' tranchant n'était point ébréché. Au Grand-Pressigny (Indre-et-Loire), où nos ancêtres exploitaient de riches gisements d'un silex jaune, couleur de cire, et où abondaient de gros rognons de cette pierre, on fabriquait ainsi de belles lames qui atteignaient des longueurs de vingt-cinq à trente eentimètres. On a pu voir, en 1878, à l'Ex*

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position des sciences anthropologiques, un véritable « service » de couteaux en silex blanchâtre^ légèrement courbés» tous enlevés d'un seul coup de la matrice et tous s'emboîtant admirablement les uns dans les autres de façon à reconstituer un seul fragment.

Continuant notre revue de l'outillage néolithique» nous signalerons les poinçons d'os et de corne, avec les aiguilles pour la confection des vêtements ; les perçoirs en silex, sorte de tarière très utile pour le travail du bois, à une époque où les clous étaient inconnus et où, par conséquent^ les planches et les poutres n'étaient Iprobablement assemblées que par des chevilles ou, plus communément, par des liens d'osier ou de cuir; les tranchets de toute taille dont le tranchant transversal et en biseau était obtenu par le fil naturel de l'éclat de pierre. Ils affectaient ordinairement la forme d'un triangle à la base affilée et dont le sommet s'insérait entre deux morceaux de bois plats, reliés et rattachés solidement ensemble par des lanières.

Quant à l'armement, nous avons parlé plus haut des haches d'armes, des casse-tètes de roche dure et polie et des massues de bois. Il faut y ajouter les arcs et les flèches : les premiers, en bois solide et élastique, renflés au centre pour avoir à la fois plus de solidité et de puissance de jet, pourvus de coches aux deux extrémités et longs de plus d'un mètre et demi ; les secondes à la tige en roseau et à la pointe en pierre fixée à celle-ci par im habile

entrolacement de liens et par un endait de bitume ou de résine, c Parmi les instruments et les armes en pierre, dit M. de Mortillet, les pointes de flèche se distinguent par le fini et le soigné de leur travail.

Il en est qui sont de véritables petits bijoux » (1). La pointe de Solutré, en forme de feuille de laurier ou en forme d'amande, avec ses retouches et ses retailles à petits éclats, n'est plus que l'ébauche préliminaire de la pointe néolithique ; celle-ci n'est jamais polie d'ailleurs, mais la plupart du temps elle est barbelée et possède à sa base un pédoncule qui s'emmanche dans la tige de roseau de la flèche. Les formes varient beaucoup et sont parfois assez bizarres. La matière est généralement le silex, bien qu'on trouve encore assez souvent des pointes de flèche en jaspe et en autres pierres dures, voire en cristal de roche.

Moins fines étaient les pointes de javelot, qui ne se distinguaient

(1) Musée préhistorique, pi. 43, 44 et 45.

Pointe de flècho en silex. Dolmen de Boussac. (Aveyron.)

Pointe de flèche en silex. Dolmen de Truans. (Aveyron.)

Pointe de flèche des <iolmensde l'Aveyron.

des pointes de lance que par leurs dimensions plus réduites. Toutes avaient conservé mieux que la pointe de flèche Taspect de la pointe solutréenne; mais le travail général en était pourtant plus soigné. C'est ainsi que nous leur trouvons à la base tantôt un pédoncule, tantôt des crans profondément accentués pour rece- 'tox.^'Doîmen de voir los lanières qui les fixaient Truans.(Ayeyron.) ^ j^^^^ hampos. Certaines de

ces pièces, très étroites et très allongées, sont considérées comme des lames de poignard. Mais, où le

Pointe de flèche en silex Pointe de flèche en silex

des dolmens. des dolmens.

doute n'est pas permis, c'est lorsque nous rencontrons ceux-ci parfaitement façonnés et ofirant à la vue un manche véritable faisant corps avec la lame.

On en a recueilli en outre en os et en corne, ainsi qu'en bois dur, comme l'if ; ces derniers affectent absolument la forme de nos couteaux à papier modernes ; mais , bien aiguisés à la pointe et maniés d'une main ferme, ils pouvaient porter des coups dangereux et faire de cruelles blessures.

Ce n'était point seulement par l'art de tailler et de travailler la pierre et le bois que les pasteurs, inventeurs de la civilisation néolithique, l'emportaient sur les misérables débris de la population quaternaire dans nos contrées.

Leur supériorité industrielle se manifestait encore par d'autres progrès.

Ils savaient fabriquer de la poterie, chose inconnue à leurs devanciers sur notre sol; ils avaient découvert et ils appliquaient les moyens de filer, de tresser et de tisser le lin.

La céramique, c'est-à-dire l'art de façonner et de cuire l'argile pour obtenir des récipients capables de contenir des liquides et d'aller au feu, ne date en efifet que de la civilisation néolithique et fut vraisemblablement importée avec elle en Europe.

Les hommes quaternaires ne semblent point avoir

Pointe de flèche en silex. Dolmen de Boussac.

(Aveyron.)

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connu ce perfectionnement industriel et les -débris de poterie que l'on prétend avoir recueillis dans des cavernes de l'époque paléolithique paraissent provenir de fouilles mal conduites, où les produits des dififérentes couches du sol ont été mélangés. A ce compte, on pourrait aussi bien attribuer à l'âge du renne des monnaies romaines ou de vieux couteaux de fer modernes, puisqu'on en a trouvé dans des grottes qui contenaient également des os travaillés et des silex taillés ; seulement, les uns furent découverts à la surface de la terre, et les autres dans les couches profondes.

Durant l'époque de la pierre polie, on pénétra souvent dans les cavernes quaternaires et il n'y a rien de surprenant à ce qu'on y ait laissé alors quelques vases cassés et hors d'usage.

Ce n'est pas à dire que les populations de nos pays, antérieurement à l'âge de la pierre polie, n'aient point possédé de récipients pour mettre leur boisson^ ou même d'autres liquides. Ne voyons-nous pas les Esquimaux creuser certaines pierres tendres pour en faire des lampes, des pots et autres ustensiles, ' tandis qu'ils ignorent l'art de cuire l'argile ? Les Polynésiens, en dépit de leur civilisation relativement avancée, de leur habileté à polir la pierre dure, en étaient encore au même point et se contentaient de calebasses, de noix de coco et de vases de bois curieusement fouillés et travaillés. D'autres peuples leur ressemblent à ce point de vue et, au

lieu de pots de terre cuite, n'ont que des seaux en écorce d'arbre et des paniers si finement et si étroitement tressés qu'ils peuvent contenir des liquides.

C'est vraisemblablement par là que débutèrent nos. ancêtres; ils n'avaient, sous Tâpre climat quaternaire, ni noix de coco, ni calebasses pour se faire des vases, mais ceux qui savaient si bien travailler l'os et la corne surent sans doute creuser le bois tendre du bouleau pour s'en faire jattes et écuelles, tresser le roseau et Tosier pour avoir des paniers, coudre l'écorce ou le cuir afin d'obtenir des seaux et autres récipients. Or rien de tout cela n'allait au feu; tout au plus pouvait-on chaufier les liquides contenus dans ces récipients en y jetant des cailloux brûlants, ainsi que le font certains sauvages de l'Amérique du Nord. Nos ancêtres de la période quaternaire ne dépassèrent point cette phase du développement industriel.

Plus favorisés de la nature dans leur primitive patrie, nos ancêtres de l'époque néolithique jouirent de ressources plus grandes dans cet ordre de choses. Sous un climat plus tempéré poussaient des végétaux dont les fruits étaient enveloppés d'une écorce résistante bien propre à constituer des vases, une fois la pulpe enlevée. La forme sphérique de ces fruits et, par conséquent, de ces calebasses ne leur permettait qu'un équilibre instable. Vides, cela ne faisait rien ; pleins, il fallait les caler avec des

pierres, du sable ou de la cendre. Mais alors, le contenu était peu en sûreté, soit qu'en circulant dans la cabane on risquât de les renverser, soit qu'ainsi posés à terre ils fussent trop à la portée des enfants et des chiens. On en vint donc bientôt à les percer de deux trous près du bord, à travers lesquels on passait une cordelette qui servait à les suspendre et ainsi à les garantir des chocs imprévus et de la gourmandise des membres inférieurs de la famille.

Des paniers de même forme furent façonnés plus tard et employés avec faveur comme étant d'un transport plus facile et d*une solidité plus grande. Toutefois, si serrées que fussent les mailles^ il arriva plus d'une fois qu'ils laissèrent suinter le liquide qu'ils contenaient : de là l'idée de les revêtir à l'ex* térieur d'un enduit imperméable. L'argile, terre grasse et collante, répondit parfaitement à cet objet.

• C'est alors qu'on remarqua, sans doute, que, sous l'action d'une grande chaleur, cette argile prenait une certaine consistance, une dureté appréciable. Il est probable que l'on débuta dan» cette voie par l'exposition aux rayons brûlants du soleil de l'été, dans un pays plus chaud et plus sec que le nôtre ; puis, par un raisonnement tout naturel, on en vint probablement à essayer de la chaleur du foyer domestique dont les effets étaient plus prompts et plus énergiques que ceux du

ÎSOS ANCÊTRES 175

soleil. Dès lors, la céramique était inventée.

Peu à peu, on efa arriva à cuire les vases au fea, d'abord sur des moules, ensuite façonnés simplement à la main, mais toujours sur les modèles usités. Pour leur donner plus de résistance, on mêla à la pâte de petits fragments de cailloux durs ou de coquillages qui Tempêchaient de se fendre au séchage et à la cuisson. On les pourvut d'anses et de petites poignées. Le mobilier humain était désormais enrichi d'une de ses plus précieuses et plus utiles parties ; la cuisine y trouvait de précieux moyens de perfectionnement ; Talimentation devenait par là plus succulente et plus saine à la fois.

Avec le temps, les formes varièrent considérablement et ces progrès suivirent leur cours, sur notre sol même, après l'arrivée des peuples de la civilisation néolithique. Aux vases en façon de mar* mite à fond arrondi s'ajoutèrent les vases à fond plat, plus commodes, mais plus difficiles à consolider avant la cuite. Suivant les usages divers, les formes varièrent ; à côté de la marmite vinrent se placer les écuelles et les jattes, les coupes et les gobelets ; au-dessus de la panse sphérique on sut poser un goulot cylindrique ; on inventa les couvercles qui permettaient de conserver les aliments à Tabri de la poussière et de l'air qui aide à la fermentation. Et> comme la plupart de ces pots avaient subi pour être durcis une cuisson intense,

on pouvait dès lors les exposer sans crainte à la chaleur relativement niodérée du foyer de la cuisine. Enfin on décora la surface extérieure des vases les plus fins et les plus soignés de traits plus ou moins compliqués, mais toujours géométriquement disposée.

Une fois Fart de la poterie cuite découvert et pratiqué, le mobilier s'en trouva singulièrement perfectionné. Les cuillères à moelle, en os, de la période magdalénienne, servirent sans doute de point de départ et de modèles à la fabrication de cuillères en terre cuite de différentes formes et de grandeurs variées.

M. Perrault a recueilli par exemple, au camp néolithique de Chassey, près Chagny (Saône-et- Loire), quatorze cuillères d'argile, présentant l'aspect ovale et allongé de nos cuillères modernes, et une grande poche à manche qui peut bien peut-être avoir été l'ancêtre de nos casseroles. Toutefois, on fabriquait aussi de ces poches en bois, qui n'allaient donc pas au feu, mais qui servaient sans doute à transporter le bouillon brûlant versé de la marmite. On a trouvé également des cuillères en bois et en os.

Dans les grottes quaternaires on entretenait des foyers intenses dont la lueur, suffisait à éclairer convenablement ces habitations humaines. Mais, dans les contrées où l'on vivait dans des huttes de bois et d'osier, recouvertes de paille ou de plan-

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chettes d*ëcorce, ces grands feux n^étaient point possibles : l'incendie devenait alors un danger imminent et si, pour se garantir du froid, on ne se privait pas de feu, il fallait avoir bien soin de ne pas le laisser flamber avec trop de violence. On voulait cependant voir clair la nuit; on ne pouvait» dès le coucher du soleil, demeurer dans une obscurité rendue plus profonde par le mode de construction de ces cabanes aux ouvertures étroites. Celles-ci d'ailleurs, pour des motifs de sëcaritë et de confort, ne devaient pas rester continuellement sans fermetures. Il convenait donc d*avoir de la lumière.

Le système, encore usité chez plus d*nn de nos paysans, consistant à s'éclairer au moyen de bûchettes ou de branches d* arbres résineux enflammées, fut vraisemblablement employé, mais il présentait plusieurs inconvénients graves. C'était une cause d'incendie égale, pour le moins, à la flambée du foyer ; les bûchettes s'usaient rapide-* ment et il fallait les renouveler sans cesse au courâ de la soirée et de la nuit si l'on voulait conserver de la lumière; enfin, Tété, elles produisaient sans doute trop de chaleur.

Nous ne savons comment on en arriva à connaîtrtî le pouvoir éclairant de la graisse, car il ne parait pas que l'huile végétale ait. été connue de nos ancêtres alors qu'ils commencèrent à jouir des raffinements de la civilisation de la pierre poUe^ Mais, ce qui edt positif, c'est que, parmi les débris

de mobilier de cette ëpoque que nous possédons, il existe dés lampes en terre cuite ou en corne, lampes primitives, qui ne furent guère que de grossières veilleuses où une mèche de fibres ligneuses brûlait tristement dans la graisse fondue. La hutte était pourtant éclairée d'une façon assez continue pour qu'on ne fût pas obligé de veiller toute la nuit pour renouveler le luminaire, et l'on y voyait assez clair pour vaquer aux petites occupations nocturnes et n'être pas surpris dans de profondes ténèbres par quelque accident imprévu. Enfin, à moins de renverser la lampe, et encore la mèche risquait-elle alors presque toujours de s'éteindre ^ il y avait peu de danger de mettre le feu à la maison.

Nous avons dit plus haut que les hommes de la civilisation néolithique savaient préparer des^ étoffes pour s'en vêtir. De nombreux lambeaux fetix)uvés dans les gisements lacustres de cette époque nous en fournissent la preuve irréfutable, fit ces lambeaux nous montrent que ces tissus n'étaient point faits sans habileté ni sans goût. Il n'est point facile de remonter à l'origine de cette indus^ trie. Telle qu'elle nous apparaît, elle est déjà en plein développement, et les tribus qui pénétrèr^t, armées de haches en pierre polie, sur notre sol, étalent déjà vêtues de lin avant leur arrivée dans rEûrô^e occidentale.

Il est en effet remarquable que, en fait déplantes^ tèxtilêé,' la preiâièrè qui paraisse avoir été employée p^r noisl iâïeux:, c'est le lia. Or ce végétai ♦. *

croît spontanément en Orient, au pied du Caucase, et jusque dans l'Inde, Pendant longtemps les peuples méditerranéens, Égyptiens, Phéniciens, Syriens, habitants de l'Asie Mineure, Thraces et Hellènes, ne connurent que le lin. Ce n'est*^ qu'au cours de la période relativement récente, que nous nommons l'antiquité classique, que le chanvre fit son apparition dans nos contrées et s'introduisit dans l'industrie des tissus. Le lin, qui le précéda de beaucoup, est donc natif de l'Orient, de l'Asie, comme les peuples qui l'apportèrent en Europe et en Gaule avec leur civilisation si caractéristique ; et ce fut donc bien loin, du côté où le soleil se lève, dans un climat tempéré, Étoffe en un.Ro.

., ,, 1 * il benhau?en-Zu-

ou 1 usage des fourrures études peaux nch. (suisse.) '> de bête devait être feitigant en été, que, pour ne pas être entièrement dévêtu, on parvint à fabriquer des étoffes légères, souples, moins chaudes' et moins pesantes que la dépouille des animaux' tués à la chasse.

Comment se fit cette découverte? Question à* laquelle il paraît malaisé de répondre, celle-là«^ Nous l'avons dit tout à l'heure, l'industrie linière est toute développée à notre époque^néolithique. On ' sait cultiver le lin, détacher les fibres de sa tige, carder et préparer celles-ci et en faire des fils; • on sait filer au moyen de fuseaux pourvus de pesons en pierre ou en terre cuite; on sait tisser

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ces fil3 avec trame et chaîne de façon à obtenir des étoffes pluà ou moins ânes, ornées parfois de dessins géométriques. Toutefois, comme à côté des tissus véritables et luxueux pour le temps, on en retrouve de grossiers dont la trame est fort espacée et la chaîne composée plutôt de ficelle tordue que de filet dont Faspect général rappelle les nattes de jonc tressé, également fort en usage alors, on est amené i se demander si l'art de la vannerie, très ancien d'ailleurs et probablement contemporain de répoque quaternaire, n'a pas donné naissance à l'industrie du tissage en passant par la fabrication des filets à prendre le poisson très abondants aussi dans les stations lacustres néolithiques.

Ce ne serait point une invraisemblable supposition que de reconstituer ainsi les phases successives de cette industrie : après avoir d'abord tressé le roseau et le jonc, on rechercha des plantes fibreuses et souples pour faire des corbeilles et des nattes plus fines. C'est ainsi que, dans un pays où il poussait à l'état sauvage, on découvrit le lin et son usage. On savait d'autre part, sans doute, préparer des nasses pour attraper les poissons, mais, l<^sque Ton posséda dans les fibres du lin, résistantes et flexibles à la fois, une matière éminemment propre à la fabrication d'appareils de pêche de même nature, on ne tarda pas à inventer les filets ; peut-étrie les avait-on inventés autrefois dès que Ton eut des ficelles et des cordelettes faites avec des tendons d'animaux. En tout cas, les filets d^

Un furent promptement très appréciés; puis on s'aperçut, en en resserrant les mailles, que Ton pouvait produire quelque chose qui suppléait d'une façon commode aux peaux et aux fourrures dont jon s'était vêtu jusqu'alors ; c'était solide, souple; point trop lourd et cela préservait très convenablement des intempéries; le tissu existait dès lors. Par des perfectionnements successifs on améliora et la matière première, le fil, et le produit ouvré, l'étoffe. Nous avons dit tout à l'heure que Ton a trouvé des fuseaux datant de cette époque, mais il existe aussi dans les collections .des peignes et des débris de peignes à carder le lin contemporains des fuseaux ; ce sont des côtes de bœuf ou de mouton, appointées à une extrémité et réunies ensemble vers le milieu par un enchevêtrement de ficelles bitumées ou résinées qui les maintenait fixes et également espacées. On possède aussi certains accessoires, tels que des pesons en terre cuite, pourvus d'un trou de suspension, servant à tendre les fils sur le métier à tisser qui démontrent que ce métier même avait été déjà inventé.

Mais, pour avoir du lin toujours à sa disposition, il convenait de ne pas s'en rapporter aux ha9ards de la végétation livrée à elle-même. La nature, si l'on ne règle pas son action, est capricieuse et fantasque. Cette année, le lin abonde ; l'année suivante, il n'y en aura presque point. Et puis, pn ne peut demeurer sans cesse dans un endroit où ce textile vient toujours spontanément. Les troupeaux

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doivent être menés au loin, là où sont de va&tes et de gras pâturages. Qui sait si Ton y trouvera du lin. Pourquoi n^en pas recueillir la graine et ne pas la semer aux alentours des nouveaux campement8?Âprès quelques essais plus ou moins heureux, on trouvera bien une terre favorable qui, avec quelque travail, présentera les conditions du terrain d'origine. On remuera la terre à l'aide d'un pieu de bois, d'une pioche ou d'une pic fait d'un andouiller de cerf ; on déposera dans les trous ainsi creusés quelques graines qui germeront, et on aura ainsi chaque année des champs couverts de lin dont la récolte assurera à la tribu un approvisionnement régulier pour la fabrication de ses étoffes . Cette culture, le peuple qui l'a inventée l'emportera partout avec -lui ; et, quand il viendra s'établir dans l'occident de l'Europe, il y fera croître le lin, plante inconnue jusqu'alors sur notre soL

Ce n'est point à faire pousser du lin seulement que se bornait la science agricole de nos ancêtres à l'âge de la pierre polie. Ils cultivaient aussi deux sortes de céréales, le froment et Forge, dont ils Savaient broyer les grains, non sous des meules de moulin, mais comme le font encore la plupart des noirs de l'Afrique, dans des mortiers, à coups de pilon, ou sur des pierres légèrement concaves, sous la pression de rouleaux en roche dure. « Il est Tprobable, dit M. Heer, que les grains étaient préalablément grillés, puis broyés et i|itrx)duits dans

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un vase, humectes, puis mangés m. Cette espèce de cuisine est encore en usage aux îles Canaries. Toutefois on savait préparer aussi une pâte grossière dont on faisait des galettes ; des débris de celles-ci ont été retrouvés et figurent dans les musées et les collections d'antiquités préhistoriques. En même temps que ces céréales, Thomme de répoque néolithique possédait quelques légumes tels que les pois ; il cultivait aussi le millet et récoltait des fruits encore sauvages : prunes, noisettes, framboises, châtaignes d'eau, poires et pomme$, ces deux dernières souvent coupées en deux et desséchées comme provisions d'hiver.

Grâce aux céréales, aux légumes et aux fruits, les menus de nos ancêtres se trouvaient donc très variés, puisqu'â ces aliments végétaux ils savaient ajouter depuis longtemps le gibier et le poisson et que leurs troupeaux leur fournissaient de la viande et du lait. Les ménagères du temps ne se contentaient point d*ailleurs de servir ce lait simplement froid ou chaud,, en guise de boisson nourrissante, mais il y a tout lieu de croire qu'elles en tiraient en outre du fromage et du beurre. On a découvert en. effet des écuelies percées de nombreux petits trous, qui ne pouvaient guère être employées a un autre usage qu'a la confection du fromage ; et cerw taines tiges de bois de jeune sapin à l'extrémité desquelles est le nœud d'embranchement sont re:^ gardées comme ayant été des agitateurs qui^ ra-. pidement tournés: ^oire le^ maÎAS dans Un js^

plein de crème, transformaient celle-ci en beurrer On voit qu'il régnait une réelle aisance chez les tribus de la période néolithique ; aussi ne fautil pas s*étonner si parmi les vestiges de leur civilisation nous rencontrons de véritables objets de lnxe« m ^.^ Leurs sauvages prédécesseurs sur §^ fo) notre sol n'en avaient point été dépourvus d'ailleurs et le goût pour

Perle en pierre cal- * , .,../. *.Tij. !

caire. (Dolmen de la parurc u avaitpoint fait défaut aux

Yauréal, Seine-efc- . * ^ . r.^ ,

Oise. - Fouuies de hommos quaternaires^ aux Troelo-

Caiz de 8ainl-Ay- j li • «x x xf •

mour.) dytes magdaléniens surtout. Mais»

avec Toutillage perfectionné dont ils disposaient, les hommes de l'âge de la pierre polie pouvaient fabriquer des bijoux, par exemple, très soignés et en matière difficile jusqu'alors à travailler. Les colliers et les pendeloques de coquilles et de dents d'animaux qui ornaient nos aïeux de l'époque quaternaire n'ont point disparu, ils sont encore fort bien portés; mais à côté nous trouvons des perles de pierre, ^uuie.°iKt schiste, lignite, jai, albâtre et d'os, ^ul^s.^ celles-ci parfois ciselées et canelées. Les (Avey ron). ^jn^^giç^g ^q pierre polic ou en nacre ne sont pas moins nombreux et déjà la bague, fabriquée avec là valve d'une coquille marine, fait son apparition. Des hausse-cols, formés d'une défense de sanglier ou d'un demi-cercle en schiste ou en jadéite finement polie, se portent sur la poitrine ; aux colliers, ou même simplement suspendues à des cordons, des amulettes de toute nature nous rappellent que nos

ancêtres ne laissaient point d'être superstitieux: ce sont tantôt des réductions de h$che en serpentine ou des simulacres de cette arme nationale en schiste ou en lignite, des défenses de sanglier, des dents de bête fauve, des fragments d'os humain, des plaques de pierre sur lesquelles sont gravés des <îhevrons et d'autres figures géométriques. Il faut en efiet le constater ici : autant les chasseurs de reune d'autrefois étaient amis de la représentation des animaux et en .général des objets naturels, autant les pasteurs- agriculteurs qui leur ont suc- •cédé semblent avoir^en peu de dispositions pour le dessin. Sur leurs vases, sur leurs bijoux et, nous le verrons plus loin, :sur les parois granitiques de quelques* unes de leurs sépultures, rien que des lignes droites, brisées ou courbes, dont les combinaisons régulières ne manquent ni d'élégance, ni de charme. U semblerait jque la figuration des êtres animés est comme ^proscrite. Est-de Tefifet d*une loi religieuse ? Est-ce plutôt une inaptitude naturelle au dessin? On ne le saura peut-être jamais. Mais il j a là un fait positif, constant et tout à fait caractéristique de la civilisation néolithique.

Nos ancêtres de cette époque ne se contentaient pas de se couvrir de bijoux finement travaillés : ils avaient également un certain soin pour leur per*sonne, si Ton en juge par les peignes en bois d*if

que Ton a recueillis -et avec lesquels ils démêlaient leur opulente chevelure et leur barbe abondante. Peut-être se rasaient-ils déjà au moyen de leurs lames de silex si tranchantes; nous ne sommes cependant point en mesure de rien préciser à ce sujet.

Amulette. -^Omoplate humaine garnie d'un anneau de suspension. (Dolmeu de Vauréal, 3eiae-et-0ise. — Fouilles de Caix de Saini-Ayniour.i

En revaiiche, noUs savons que leurs vêtements étaient' rattachés par des boutons, car on en a trouvé qui datent de ce temps-là : ce sont des demi-perles d'albâtre, par exemple, dont la surface plane est percée de deux trous obliques qui se rejoignent et forment ainsi une sorte dé bélière par où passait le fil (1).

(IJ Voir,, pour ces détails sur la poterie, les étoffes et les bijoux Dëolithiqùe^, le Muiéê préhistorique^ par MM. Gabrîel et Aarien de Morûllet, pi. 55-57 et 61-64.

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