CHAPITRE VII
PREMIÈRES aVIUSATIONS. — l' AGE DE LA PIERRE POLIE LA DOMESTICATION DES ANIMAUX
Cette fois, la terre n'a plus un aspect différent de sa physionomie actuelle; encore qu'il soit toujours sauvage, notre pays se montre tel qu*il serait aujourd'-hui si la culture, l'industrie, les efforts et les travaux de plusieurs civilisations successives et sans cesse en progrès ne l'avaient profondément modifié. Le climat est tempéré, tout au plus l'abondance des forêts qui recouvrent presque partout le sol le rend-il sensiblement plus humide qu'à présent ; les arbres qui composent ces forêts st)nt des mêmes essences que ceux qui remplissent nos bois modernes : le chêne, le hêtre^ l'orme, le bouleau, le tremble, le saule sur les pentes peu élevées et dans les plaines, les sapins, les pins et les mélèzes sur les hauteurs ; le pommier et le poirier sauvages croissent dans les clairières ; le noisetier, le merisier abondent dans les fourrés.
Les animaux sont pour la plupart tous ceux que nous voyons maintenant autour de noue ; quelques espèces diffèrent peut-être des espèces contemporaines et certaines autres sont représentées par de
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nombreux vindividus qui ont presque entièrement disparu de nos jours : l'élan et l'aurochs, par exemple, qui ont fui devant les progrès de l'agriculture ou bien qui, chassés à outrance, n'ont plus trouvé dans les vastes forêts, sans cesse réduites en étendue, des refuges assez sûrs pour y propager en paix leur race persécutée. Dans les hîJliers, le sanglier aux soies rudes fait sa bauge d'où il part pour aller sous les hautes futaies se gorger de glands et de faînes. Les roseaux qui croissent en masses épaisses autour des marais et des lacs, fort nombreux à cette époque, recèlent une espèce de porc qui n'existe plus à cette heure, car elle paraît s'être fondue dans nos espèces domestiques. Le cerf et le chevreuil bondissent sous les grands arbres et à travers les prairies naturelles où ils trouvent une abondante pâture, mais aussi où des bandes de loups affamés les guettent et les pourchassent. Dans les rochers des montagnes, Tours brun, que Ton rencontre encoreparfois de nos jours dans les Alpes et dans les Pyrénées, fait sa demeure. Les lacs et les cours d'eau sont hantés par les castors industrieux et par les loutres voraces. Les ^oiseaux sont désormais les mêmes que ceux de l'époque actuelle : dans- les hautes régions de l'atmosphère planent aigles et faucons ; les trous de roches servent d'abri aux chouettes et aux hiboux qui, la nuit, chassent les mulots et autres petits mammifères. Au milieu des vastes marais s'ébattéVit en la saison des bandes immenses et
tapagewses de canards et d*oies sauvages, tandis que sur les bords, grues, cigognes et hérons se promènent gravement ou méditent, mélancoliquement perchés sur une patte, tout en guignant du coin de l'œil un imprudent reptile ou un poisson étourdi qui, une fois à portée du long cou de réchassier, est prestement happé et tenaiUé par le non moins long bec dudit personnage emplumé.
Au sommet des grands arbres, les ramiers font leur nid et partout dans les branches sifflent, pépient ou chantent tous les représentants actuels de la nombreuse famille des passereaux de l'Europe occidentale. Sous les grands sapins et mélèzes des montagnes trotte le coq de bruyère, tandis que, par un phénomène sing-ulier, le coq ordinaire, qui vivait à l'état sauvage dans nos pays, à l'époque quaternaire, semble avoir disparu pour ne revenir d'Asie que beaucoup plus tard, et alors domestiqué. Ces profondes modifications du milieu, notamment cette transformation du climat, si lentement qu'elles se soient opérées, n'en ont pas moins singulièrement et gravement atteint les habitants de nos contrées. En vain, la température est devenue plus douce, et partantlavie plus facile ; les hommes, habitués au froid de la fin de l'époque quaternaire, se sont mal accommodés de ces changements dans les conditions de leur existence ; le renne, dont les troupes nombreuses se plaisaient sous les frimas, n'a pu supporter ces étés doux, humides et relativement prolongés, ces hivers peu
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rigoureux pour lui qui aime à chercher ses mousses fayorites sous une épaisse couche de neige ; le renne, qui fournissait aux chasseurs a magdaléniens » une nourriture succulente, des peaux pour les couvrir, des cornes et des os pour fabriquer leurs armes et leurs outils, le renne a dépéri peu à peu ; il est devenu plus rare, soit qu'il se soit reproduit sans cesse plus difficilement dans le centre et dans le sud-ouest de la France, soit que dans le nord il ait lentement émigré vers les grandes plaines de l'Allemagne septentrionale où il retrouvait avec joie les rudes baisers des vents glacés venus du pôle. En attendant que ce cervidé si précieux ait entièrement disparu, que de querelles, que de batailles, que de guerres implacables entre les tribus de races diverses qui vivaient sur notre sol ! La concurrence vitale devenait chaque jour plus âpre et plus violente pour nos malheureux Troglodytes qui sentaient diminuer leurs ressources et se débattaient furieusement contre l'impassible fatalité des choses.
On a même cru assez longtemps, parmi les archéologues, que, dans l'Europe occidentale,rhomm9 avait subi le destin du renne, qu'il avait péri ou fui vers le. nord avec lui. Les traces de son existence dans les terrains qui datent de cette phase de transitions, très peu abondantes en effet, avaient échappé aux recherches ; les grottes habitées à l'époque» magdalénienne » semblaient avoir été abandonnées par leur population, éteinte ou disparue ;
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plus de ces dessins, de ces gravures sur os ou sur bois de renne ; plus de ces instruments si délicats, si bien travaillés, si artistiquement fouillés et burinés. Il fallait donc croire que, entre la civilisation de l'âge dit « des cavernes et du renne » et celle qui devait s'épanouir plus tard dans nos contrées avec son caractère si déterminant, l'usage de polir les haches de pierre dure, il s'était produit une lacune, un hiatus complet. On tendait à croire que l'humanité n'avait point assisté chez nous à la transformation de notre climat, de notre faune et de notre flore et qu'un long espace de temps s'était écoulé en pleine solitude avant que les hommes de la période néolithique fussent venus remplacer dans les forêts et sur les bords des lacs et des fleuves de la Gaule future, les hommes du renne, successeurs directs, ceux-là, des hommes de la période paléolithique (1).
Une étude plus minutieuse des faits a détruit ce système ; les observations attentives des anthropologistes, sur les débris humains contemporains de l'âge de la pierre polie, ont montré que les races quaternaires s'étaient perpétuées jusqu'alors dans notre pays : c'est ainsi que le type dit de Ganstadt
(1) Deux grandes divisions ont été constatées dans l'industrie humaine préhistorique : celle où Ton se contentait de tailler la pierre à grands (Le Moustier) ou à petits (Solutré) éclats, contemporaine de l'époque quaternaire et que Ton a appelé paléolithique, de deux mots grecs paleos, ancien et lithos, pierre ; celle où Ton polissait les instruments de pierre coïncidant avec l'-époque géologique actuelle et nommée néolithique^ de neos, ancien et lithos, pierre.
« parfois remarquablement pur, parfois aussi plus ou moins altéré par les croisements, se retrouve dans les dolmens» , dit M. de Quatrefages ; dans la grotte de Sordes (Basses-Pyrénées), dans celle de l'Homme-Mort (Lozère), dans le gisement de Géménos, près de Marseille, le type des Troglodytes du Périgord, dit de Cro-Magnon, apparaît en même temps que des objets néolithiques ; il en est de même ailleurs pour les races dites de Furfooz et de Grenelle. La population de la France quaternaire n'a donc pas été balayée de notre sol, lors de la transition d'une époque à l'autre comme par un coup de théâtre et non moins magi quement remplacée par les hommes de l'âge de la pierre polie ; elle est devenue sans doute plus pauvre et moins dense, elle a été très misérable pendant le temps nécessaire à son accommodation auxnouvelles conditions de milieu qui lui étaient faites^ mais elle a obstinément persisté à lutter contre les transformations fatales de la nature.
La race puissante et énergique, dont les cavernes du Périgord nous ont livré les restes typiques, s'étendait sur un vaste espace ; elle occupait presque toute la France, elle florissait en Espagne, sur les bords de la Méditerranée et même dans le nord de l'Afrique dont on est tenté de la croire originaire et où, en tout cas, elle est encore représentée dans une proportion très notable chez la population berbère. Elle avait envoyé de ses rameaux en guise de colonies sur les vastes plateaux
de la Picardie etduHainaut. Là, elle s'étaitheurtée à d'autres races, aux tribus de petite taille et au crâne court ou globuleux des types de Furfooz et de Grenelle qui lui disputaient les vallées de la Meuse, de la Somme et de la Seine, qui avaient descendu à leur tour vers le midi en suivant le cours de la Saône ( on a retrouvé de leurs traces à Solutré), celui du Rhône et qui s'étaient portées jusqu'en Languedoc, sur les bords de l'Aude.
Tant que les rennes et les chevaux sauvages avaient abondamment pourvu aux besoins de nos ancêtres, il n'y avait guère eu d'autres perturbations sociales que celles qui résultaient des guerres, probablement assez féroces d'ailleurs, que l'on se déclarait à propos de tel ou tel territoire de chasse plus giboyeux que les autres ; mais la disette se fit cruellement sentir lorsque, dans les vallées et dans les plaines, la température se mit à s'élever constamment, lorsque le bœuf musqué des bords de la Lobe et le renne que l'on trouvait presque partout, ne pouvant supporter le radoucissement du climat, commencèrent à remonter vers le Nord, lorsque le ^chamois et le bouquetin suivirent les grands glaciers des montagnes dans leur marche rétrograde. Alors toute cette société d'hommes qui ne vivaient guère que de la chasse de ces animaux se trouva profondément troublée. On commença naturellement par se battre ; les tribus les plus nombreuses ou les plus belliqueuses firent retomber sur les plus faibles et les plus paci-
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fiques la faute de le diminution des moyens d'existence, les exterminèrent ouïes poussèrent dans les régions moins bien favorisées.
Avec la disparition du renne, Thabileté industrielle s'évanouit ; non seulement la matière première principale de l'industrie magdalénienne, les bois de cervidé, faisait défaut, mais on n'avait plus le temps de travailler, de ciseler, de graver l'os ou la corne qu'auraient pu fournir cependant d'autres animaux ; il fallait manger, il fallait vivre et, pour cela, s'ingénier de toutes les façons. Aussi bien, les loisirs forcés des longs hivers rigoureux, où la viande gelée se conservait si bien, n'étaient plus de saison; plus de tranquilles journées passées dans les cavernes^ autour d'un foyer ardent, à façonner les os et les bois de renne, à tanner des peaux, à coudre des vêtements. Si peu délicats qu'aient été nos ancêtres d'alors, la venaison se gâtait irrémédiablement, avec une promptitude déplorable ; il était donc nécessaire d'être toujours en chasse : on en était revenu aux temps plus barbares des époques antérieures, déjà bien lointaines, où toutes les facultés devaient être tendues vers un seul but, trouver de la nourriture. Les malheureux chasseurs de renne étaient même plus misérables que leurs sauvages aïeux ; ceux-ci avaient à choisir au milieu de la faune abondante qui pullulait au commencement des âges quaternaires, grâce à la variété des climats distribués suivant les altitudes diverses du sol ; mais, durant l'âpre période mag-
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daléuienne, les diverses espèces animales s'étaient faites moinsnombreusesdans notrepays ;les unes s'étaient dirigées, sans possibilité de retour, vers l'Espagne et vers l'Afrique ; d'autres s'étaient éteintes peu à peu, comme le mammouth; certaines avaient persisté, mais en diminuant en nombre, comme les diverses variétés de chevaux d^ la période solutréenne, ou bien, pourchassées à outrance par Thomme, étaient devenues plus farouches et d'un abord très difficile. La situation se présentait donc sous un aspect lugubre, car, s.'il fallait se livrer, pour vivre, à la poursuite incessante et sans trêve du gibier, celui ci était bien moins abondant qu'autrefois.
Cette phase de transition fut donc marquée par un véritable recul dans la marche de la civilisation ; on s'en aperçoit bien dans les gisements peu nombreux de cette époque. Les cavernes sont abandonnées, notamment dans le Périgord, ce qui indique une recrudescence de la vie nomade, qui n'avaient d'ailleurs jamais cessé. Les instruments de pierre taillée et d'os ou de corne sont rares, peu variés et d'un travail grossier. Tout indique un état de choses où l'on ne vivait qu'au jour le jour et où l'on était retombé dans une profonde sauvagerie.
n est évident que c'est à ce moment que durent avoir lieu les migrations préhistoriques dont on soupçonne l'existence. Dans le Midi, certaines peuplades franchirent vraisemblablement les chaînes des Pyrénées et des Alpes, au delà desquelles elles
retrouvèrent, en Italie et en Espagne, une population de même race qu'elles, c'est-à-dire du type de Cro-Magnon, mais en emmenant avec elles, soit en groupes ethniques, soit sporadiquement, des représentants du type septentrional de Furfooz, c'està-dire de la race au crâne court et à taille peu élevée de la vallée de la Meuse ; on a retrouvé des débris de squelettes de ce type dans des gisements néolithiques de Gibraltar et de Cabezo d'Arruda (Portugal).
Au nord et dans le centre, un grand mouvement paraît s'être produit : la vallée de la Vézère semble avoir été désertée en même temps par le renne et par l'homme quaternaire qui aura suivi cet animal dans sa fuite vers des régions plus froides. Malgré la similitude de la race, il n'est pas probable que les émigrants du Périgord, par exemple, aient reçu un accueil bien hospitalier des indigènes grands et belliqueux des plaines de la Picardie et du Hainaut ; pour ceux-ci, l'arrivée de nouveaux chasseurs en quête de rennes qui devenaient chaque jour plus rares dut être considérée comme une calamité. A plus forte raison, les indigènes de petite taille du type de Grenelle, établis dans le bassin de la Seine, s'étaient sans doute violemment opposés au passage des envahisseurs méridionaux. De là des luttes acharnées à la suite desquelles des déplacements forcés s'opéraient parmi ces populations. Poussés pêle-mêle vers le nord par la nécessité de toujours chasser le renne
si essentiel à leur existence, les divers peuples de cette époque s'ébranlèrent soit isolément, séit en grandes masses et remontèrent lentement vers les régions plus froides, où, suivant MM. de Quatrefages et Hamy, on les retrouverait encore aujourd'hui en Scandinavie, les hommes de Grenelle constituant un des éléments principaux du groupe « lapon » et les hommes de Cro-Magnon représentés par les Dalécarliens qui se distinguent de leurs voisins par leur chevelure noire et leur teint foncé et qui auraient conservé la haute stature de leurs ancêtres de l'âge du renne (1).
Il ne faut pas croire cependant que la Gaule, au au début de la période géologique où nous nous trouvons encore, ait été absolument dépeuplée et que ses habitants aient tous émigré qui en Espagne, qui dans les contrées septentrionales. Il s'y produisit ce que nous serions tenté d'appeler une . « émigration en hauteur » ; c'est-à-dire que ceux des hommes quaternaires qui ne suivirent pas les rennes s'enfuyant vers le nord, imitèrent les chamois et les bouquetins et s'enfoncèrent peu à peu avec eux dans les massifs montagneux que la lente retraite des glaciers rendait accessibles et habitables. C'est ainsi que dans les vallées des Alpes du Dauphiné et de la haute Provence, la population présente encore aujourd'hui, dans une proportion considérable et presque à l'état de pu-
(1) De Quatrefages, L'espèce humainet pp. 249 et 256.
reté, le type « laponoïde » de Grenelle (1). Ailleurs, dans les Cévennes et dans les Pyrénées, par exemple, les hommes du type de Cro-Magnon trouvèrent un refuge et il ne paraît pas impossible que, dans le bassin de la Meuse, les habitants des cavernes de la Lesse ne soient demeurés plus ou moins paisiblement, laissant leurs turbulents voisins du Hainaut et bon nombre de tribus de leur race à eux-mêmes affronter les hasards des migrations. En tout cas, leurs descendants existent encore dans la population belge actuelle^ au sein de laquelle les anthropologistes constatent un grand nombre d'individus du type de Furfooz plus ou moins pur.
Transportons-nous maintenant par la pensée vers une époque postérieure de plusieurs siècles à cette phase de transition ; contemplons les hommes et .les choses de notre pays et constatons qu'ils sont aussi différents de ce que nous avons vu jusqu'ici que le climat et le sol sont différents de ce qu'ils étaient durant les temps quaternaires. Ce ne sont plus de petites tribus de chasseurs que nous voyons installées dans les cantons giboyeux, les unes dans des vallées dont les pentes leur offraient pour refuge dos grottes naturelles, d'autres au pied de quelque pan de rocher dominant les campagnes voisines, d'autres encore campées dans les vastes landes et sur les plateaux
(1) De Quatrefages, op. d(., p. 257.
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parcourus par les bandes de rennes, de chevaux ou de bisons. Partout où Thomme a établi sa demeure, nous rencontrons de véritables villages, soigneusement et habilement fortifiés, où chaque soir on rentre avec ses animaux domestiques ; car désormais nos ancêtres n'auront plus à compter exclusivement sur les produits de leur chasse : certains mammifères sont domptés et asservis et offrent, avec leur lait et leur chair^ une nourriture assurée
Type de la hache de pierre polie.
à leurs propriétaires. Ceux-ci jouissent d'ailleurs d'un bien-être inconnu à leurs antiques prédécesseurs : aux fourrures et aux peaux tannées, ils savent maintenant ajouter pour leurs vêtements les étoffes de fil de lin ; &rmés de la hache de pierre polie, ils sont adroits dans le travail et le façonnage du bois et se fabriquent meubles et habitations commodes; ils ne se contentent plus, pour leurs repas, des fruits et des racines sauvages, de la chair du gibier et du poisson crue ou à moitié grillée sur les charbons ardents du brasier, mais
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ils possèdent un assortiment de vases de terre encore grossiers, bien propres cependant à la préparation plus recherchée des viandes assaisonnées et cuites de différentes manières, auxquelles les ménagères savent adjoindre des graines et des légumes cultivés exprès dans les champs voisins du village. Nous sommes en face d'une civilisation déjà affirmée et dont les avantages, bien qu*elle soit encore rudimentaire, nous sont parfaitemen t appréciables .
On s'est demandé comment cette civilisation avait pénétré chez nous. La transformation sociale qu'elle indique s'est-elle faite de soi-même, peu à peu, et en quelque sorte par suite du développement progressif de nos populations quaternaires, ou bien est-elle le résultat d'une sorte de coup de théâtre 'qui a subitement amené dan3 nos contrées un peuple nouveau avec ses mœurs, ses institutions, ses armes et ses outils perfectionné s ? A notre sens, c'est à une hypothèse moyenne et intermédiaire de ces deux-ci qu'il convient de s'arrêter. La France, nous venons de le dire, n'a pas été entièrement dépeuplée au début de la période géologique actuelle ; mais, en même temps, elle a été conquise par des hommes venus de pays lointains^ situés du côté où le soleil se lève et qui, en suivant la marche de l'astre du jour, se sont avancés peu à peu jusqu'au bord de l'océan Atlantique. Des faits nombreux démontrent du reste l'origine orientale et étrangère de la civilisation néoli-
thique, telle que nous la retrouvons en France. Les animaux domestiques et les céréales cultivées que possédaient nos ancêtes de cette époque ne sont point en efifet, pour la plupart, indigènes sur notre sol. Leurs genres avaient certes des représentants dans la faune et la flore quaternaires de l'Europe occidentale, mais les espèces et variétés dont nous trouvons les restes dans les gisements de la période de la pierre polie paraissent avoir été . étrangères à la faune et à la flore autochthones de nos régions. Plus tard, assurément, quelques-uns des membres de la première furent domptés et asservis par l'homme; c'est ainsi queVurus semble avoir été l'ancêtre d'une race de bœufs de forte taille, la puissante race des Pays-Bas ; en revanche, les troupeaux que faisaient paître nos ancêtres d'alors étaient principalement' composés de bœufs de moindre stature appartenant les uns (Bos Brachycérs) à la petite race brune de Schwytz {Braunvieh)y grande productrice de lait, les autres (Bos frontosus) à la race bigarrée ( Heckvieh) du Jura ; or ces deux races apparaissent subitement et avec tous les indices de la domestication en même temps que l'usage de la pierre polie ; elles doivent donc être venues du dehors et, comme ce ne peut-être de l'ouest, c'est-à-dire de l'Atlantique ni du sud, c'est-à-dire de l'Espagne, où elles ne se retrouvent pas plus que chez nous dans les terrains quaternaires, ni du nord où leurs débris manquent même dans les gisements néolithiques anciens,
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il n'y a plus que Test d'où elles ont pu pénétrer sur notre territoire.
Nous en dirons autant du porc : notre race domestique actuelle, qui est la même que celle du sanglier, son représentant à l'état sauvage, est assurément indigène dans notre pays et ce n'est qu'au milieu de l'âge de la pierre polio que nous constatons son asservissement à l'homme ; mais, dès les débuts de cette période, nous remarquons l'existence, autour des restes d'habitations, d'unei variété de cochon, le « cochon des tourbières » (sus scrofa palustris), étrangère jusqu'alors et dont le type se rapproche de l'espèce de petite* taUle répandue dans l'Asie orientale {sus indica) et qui pourrait avoir donné naissance à la race dite des Grisons. Les importateurs de la civilisation néolithique, qui ont amené avec eux le « cochon des tourbières », l'avaient donc vraisemblablement domestiqué dans les contrées où il se trouvait à l'état natif, c'est-à-dire dans l'orient de l'Europe, ou même en Asie.
Il a dû en être de même du mouton. Absent de nos contrées pendant toute la période quaternaire, il n'apparaît alors qu'en Italie et sur nos côtes de la Méditerrannée, sous la forme du mouflon ; il est encore assez rare à l'époque néolithique où ses restes nous offrent tous les caractères de la domestication; il appartenait alors à une petite espèce à longues cornes droites, assez semblables à celles des chèvres, connue sous le nom de « mou-
ton des tourbières » et quelque peu parente de l'argali de l'Asie centrale. En revanche, la chèvre était beaucoup plus abondante : domestiquée dès le début des temps de la pierre polie^ elle pouvait aussi bien provenir de notre bouquetin quaternaire que de Tégagre asiatique. Toutefois, il est plus probable que l'art de la domestication, pour ces animaux comme pour les précédents, a dû commencer ailleurs que sur notre sol. ; .
Un éminent penseur anglais, Bagehot, a formulé dans ce» termes la question de la domestication des animaux : « Telle qu'elle se pratique aujourd'hui chez les nations sauvages, et telle que nous la décrivent les voyageurs qui l'ont vu pratiquer, elle est le résultat d'une sorte de sélection. Ce sont les animaux les plus farouches que l'on tue lorsqu'on a besoin d'aliments ; les plus dociles et les plus aisés à conduire sont conservés, parce qu'ils conviennent mieux à l'indolence de l'homme et qu'ils sont, pour cette raison, préférés de celui qui les garde » (1). C'est ce qui a dû se passer là où l'homme primitif a commencé à grouper autour de lui, et d'une façon permanente, certains animaux dont le lait, la chair, les poils et la peau lui étaient d une utilité considérable pour son alimentation et son industrie.
Poussé par la faim, le sauvage chasseur s'est
(1) Lois scientifiques du développement des nations, p. 55, 1 vol. de la Bibliothèque scientifique internat onale, Paris, 1873. Germcr- Baillière et C^», éditeurs.
efforcé d'abattre indistinctement toute pièce de gibier qui s'offrait à ses coups, sans avoir seulement la pensée de faire comme nos amateurs modernes qui, dans leurs bois gardés et réservés, épargnent soigneusement les chevrettes et les poules faisanes; tout au plus, lorsque le choix lui était possible, ne poursuivait-il de ses traits que les animaux en pleine croissance, épargnant ainsi les individus trop jeunes ou trop vieux, et cela encore bien rarement et là seulement où l'abondance du gibier lui permettait ce raffinement. Peut-être cependant, les chasseurs de chevaux de Solutré et des grottes pyrénéennes ainsi que les Troglodytes tueurs de rennes du Périgord, de la Picardie, du Hainaut ou de la vallée de la Meuse atteignirent-ils ce degré de civilisation qui consiste à posséder des territoires de chasse à peu près délimités et, par conséquent, à considérer les animaux qui y pâturaient comme leur propriété ; peut-être alors dans un dessein de conservation et par esprit de prévoyance, ménagèrent-ils leur gibier, ne tuant que ce qu'il leur fallait pour leur consommation et prenant garde à ne point dépeupler leurs réserves. La rigueur des temps de la fin de l'époque quaternaire et la misère des commencements de l'époque actuelle dans notre climat ne laissèrent pas à ces bonnes dispositions les moyens de se développer et contraignirent, vraisemblablement, les habitants de notre pays à revenir alors aux habitudes barbares et rudes du chasseur sauvage
dans toute leur dureté et leurâpretë. Mais ailleurs, là où la transition entre les deux périodes fut moins sensible, là où les animaux ne se firent pas aussi rares, là où le renne ne constituait pas le principal élément de vie pour les indigènes, là où les bovidés abondaient et permettaient toujours une sorte de cantonnement de ce gros gibier, le passage de l'état de chasseur à l'état pastoral s'opéra peu à peu et avec de moindres difficultés.
Le premier animal que l'homme associa à son existence fut sans contreditle chien et c'est exprès que nous nous servons du mot « associer ». En eflfet, partout où nous rencontrons encore des sauvages, fussent-ils au degré le plus inférieur de la civilisation, nous leur voyons un compagnon animal, le chien : en Afrique, en Asie, en Amérique, en Océanie même, un canidé quelconque, plus ou moins farouche il est vrai, vit à c6té de l'homme, le suit dans ses chasses, lui apporte son concours dans la poursuite du gibier et en partage avec lui, sinon la chair, du moins les os et les débris divers. C'est même à ce dernier fait que nous pouvons reconnaître dans les gisements quaternaires, dans les vestiges des stations humaines de l'âge de la pierre taillée, que nos ancêtres, à cette époque, n'avaient point non seulement d'animaux domestiques, mais pas même de chiens ; car les restes si nombreux de leur cuisine assez primitive, les ossements si abondants des animaux tués par eux ne nous paraissent point avoir été
rongés par d'autres mâchoires que par des mâchoires humaines. Ce n'est qu'à l'époque néolithique qu'apparaissent 9 sur les rebuts de cuisine les traces incontestables de la présence d'un canidé domestique.
On a beaucoup discuté et sur l'origine de nos races canines et sur la façon dont elles se sont associées à l'homme. On les a fait descendre les unes du renard, d'autres du loup, d'auti'es du chacal. Toutes ces hypothèses sont plus que contestables et la plus grande vraisemblance appartient à celle qui leur donne pour types primitifs certaines variétés sauvages de canidés, les unes disparues, les autres reléguées dans les régions les moins fréquentées de l'Asie et de l'Afrique. A l'époque quaternaire, il existait dans l'Europe occidentale un canidé qui n'était ni le loup, ni le renard, ni le chacal, mais dont les caractères ostéologiques, c'est-à-dire dont le squelette se rapprochait par toutes ses particularités de celui de certaines de nos races domestiques et de races sauvages qui vivent encore dans les jungles de rinde et dans les gorges de l'Himalaya. Toutefois ce chien quaternaire de nos pays semble y avoir été remarquablement rare et ne fut point alors l'associé des Troglodytes de nos contrées. Mais, aussitôt que la civilisation de la pierre polie fait son apparition sur notre territoire et ses alentours, les restes de deux chiens domestiques abondent dans les gisements de cette époque. De deux chiens
domestiques, disons-nous, car déjà l'homme paraît alors avoir eu deux races canijies à son service : Tune de chien de garde et peut-être de guerre, un vrai molosse, l'autre de chien de berger.
Or, puisque ce n'était pas chez nous que la domestication de ces deux variétés de canidés s'était opérée pour la première fois, il est vraisemblable qu'elle s'était faite dans des régions situées du côté où les congénères des chiens familiers sont demeurés sauvages, c'est-à-dire en Asie, où il existe encore autour des agglomérations humaines de véritables colonies canines qui, sans être à rétat de sauvagerie des meutes de colsons et de buansus de llûde, n'en sont pas moins assez féroces, tout en vivant au contact de l'homme et ne subsistant que de ses rebuts.
Nous voulons parler des « chiens de bazar » des villes et villages d'Orient : ils n'appartiennent à personne, ont une humeur hargneuse et farouche, sont groupés en bandes exclusives, propres au même quartier, ne se nourrissent que d'ordures et pourtant n'éprouvent plus le désir d'aller courir la campagne pour y poursuivre le gibier ou, à l'imitation des loups et des chacals, leurs proches congénères, se livrer à de réelles déprédations parmi les troupeaux de moutons et de chèvres des environs. Il y a là, selon nous, quelque chose comme le premier degré de Tassociation du chien et de l'homme tel qu'il dut se présenter à l'époque encore indéterminée où la civilisation néolithique commença à se constituer
dans des contrées dont nous ne sommes pas, pour l'instant, en mesure de préciser l'emplacement.
Si donc on veut nous permettre de nous lancer un peu dans le champ des hypothèses, nous essaierons de tracer un léger croquis des premières phases de la domestication du chiçn: A la fin de l'époque quaternaire, dans une région plus favorisée par le climat que l'Europe occidentale et par conséquent où le gibier ne manqua point comme alors il arriva chez nous pour le renne, les hommes continuaient leurs chasses et celles-ci étaient heureuses et abondantes; par suite de la grande affluence de nourriture, on devint de plus en plus délicat et difficile, on ne prit sur chaque bête abattue que les morceaux les plus succulents et on abandonna ainsi des déchets nombreux et appétissants aux carnassiers sauvages, tels que hyènes, loups, chacals et chiens. De même que de nos jours les chacals, par exemple, suivent dé loin les grands félins, le lion et le tigre, pour dévorer les restes de leur proie, les divers canidés de ces temps-là ne tardèrent point à apprendre qu'il y avait profit pour eux à marcher derrière les bandes de chasseurs qui leur fournissaient gratuitement de copieux repas. Parmi ces animaux qui vont souvent en troupes, les loups sont les plus farouches et s'assemblent moins volontiers que les chacals, mais les chiens sauvages sont encore plus sociables et forment de véritables meutes où règne une espèce de sentiment de solidarité ; de
là une prédisposition favorable à se rapprocher de ceux auxquels ils doivent leur nourriture d'une façon plus constante et surtout plus commode. Les chiens en vinrent donc sans doute à hanter de préférence les cantons fréquentés par l'homme, ils poussèrent jusqu'aux environs des habitations autour desquelles le sol était jonché d'une foule de débris plus ou moins comestibles et lentement ils habituèrent l'homme à leur présence à peu près inoflfensive. C'est ainsi qu'autour des villages durent se constituer dès cette époque si reculée des colonies canines pareilles à celles des chiens de bazar de l'Orient actuel.
Si le chien était devenu alors le voisin et le commensal de l'homme, il n'en était point encore le serviteur et l'ami. Mais la situation s'améliora et les rapports du dingo et de l'Australien peuvent nous servir d'exemple pour nous figurer ceux des chiens et des hommes un peu après les débuts de leur association. Accoutumés l'un à l'autre, TAustralien et le dingo vivent ensemble et en assez bonne intelligence; lorsque le sauvage part pour la chasse, le chien l'accompagne, suit avec passion les péripéties de la poui:suite du gibier et ne tarde pas à s'y associer, devenant ainsi un précieux auxiliaire. En effet, grâce à son flair, à son agilité et à sa hardiesse, il parvient souvent à saisir l'animal traqué avant l'homme et permet à celui-ci de percef ou d'assommer sa victime à son aise; pour sa peine, le dingo reçoit les os conve-
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nablement rongés du kangourou ou de tout autre gibier qu'il a aidé à attraper. C'est ce qui dut se passer dans le pays natal des hommes de la période néolithique. Parmi les chiens à demisauvages et à demi-apprivoisés qui fréquentaient les alentours des habitations humaines et qui s'y étaient même installés, il s'en trouva probablement quelques-uns d'humeur plus douce et d'intelligence plus développée qui accompagnèrent les chasseurs dans leurs expéditions; ceux-ci accoutumés à leur présence les laissèrent faire et remarquèrent bientôt que ces animaux au lieu d'être un embarras pour eux pouvaient, en rabattant le gibier ou en l'atteignant avant eux, leur être d'un secours des plus appréciables. Quelques légers encouragements sous forme d'os et de débris comestibles divers cimentèrent l'association de l'homme et du chien, association qui une fois commencée se perfectionna sans cesse et aboutit enfin à la domestication complète de l'animal.
En eflfet, une sélection véritable s'opéra tout naturellement parmi ces nouveaux familiers de l'homme. Des individus par trop farouches, avides et gloutons avec exagération, qui mordaient sans raison, qui chassaient pour leur compte exclusif jet dévoraient le gibier avant l'arrivée de Thomme, la lance ou la hache eurent promptement raison. Au coniraire, les individus plus sociables et plus avisés qui se rendirent utiles à leur associé supérieur, furent choyés par celui-ci; leurs petits
héritèrent de leuçs bonnes dispositions, s'accoutumèrent dès la naissance à la présence de l'homme et apprirent en suçant le lait de leurs mères à le révérer et à le servir. Us devinrent ses compagnons de chasse non plus fortuits mais obligés, ils furent ses gardiens pendant la nuit, hurlant et grondant lorsque quelque fauve ou quelque étranger s'approchait des habitations, ils vécurent enfin de la vie de l'homme, couchant à ses pieds, se chauffant à son foyer, mangeant les reliefs de ses repas, recherchant ses caresses et dans les temps de disette lui fournissant même leur propre chair pour aliment.
Une fois pourvus d'un animal domestique, c'est-àdire habitant la demeure de l'homme et s'y reproduisant en quelque sorte à sa volonté, nos ancêtres de l'âge de la pierre polie, établis alors loin de nos pays, trouvèrent bon, très probablement, d'avoir aussi sous la main une réserve vivante de nourriture. A l'exemple des Solutréens quaternaires, ils savaient sans doute déjà capturer des animaux sauvages, et les amener à leurs villages pour y être abattus tout près de la cuisine ; ils n'avaient pas tardé non plus à remarquer que les vieux mâles étaient aussi indomptables de carac tère que leur viande était coriace, tandis que les jeunes et les fenielles avaient plus de douceur et se laissaient attacher et entraîner sans présenter une résistance trop furieuse. Ils observèrent en outre que les chiens, ces fidèles serviteurs, leur
prêtaient encore dans cette occasion un précieux concours, en veillant sur les bêtes captives, en les excitant et de la voix et de la dent à marcher vers Tendroit où les chasseurs les conduisaient, et une fois arrivées à destination en les empêchant de s'enfuir, au cas où on ne les mettait pas à mort sur-le-champ.
Ce dernier fait se reproduisit sans doute assez fréquemment; la nature, plus clémente dans ces régions encore indéterminées mais vraisemblablement asiatiques, offrait à Talimentation humaine d'abondantes ressources. Parmi les herbivores, chèvres, moutons ou bœufs, et les porcs capturés, on ramena quelque jour de jeunes femelles suivies de leurs portées ; l'idée vint de ne pas les tuer pour le moment, mais de les conserver afin de parer au désagrément possible d'une chasse ultérieure et infructueuse. Liées ou entravées, placées sous la garde des chiens, ces femelles demeurèrent ainsi assez longtemps prisonnières, se nourrissant d'abord des herbes qui croissaient autour du campement, puis après épuisement de cette provende naturelle, des fourrages que l'on eut la précaution de leur apporter. Entre temps, les petits grandissaient et se familiarisaient avec leurs maîtres ; enfin, après de longs tâtonnements sans doute et des tentatives souvent malheureuses, il se forma peu & peu des troupeaux d'animaux apprivoisés d'abord, plus tard domestiqués complètement, fournissant désormais à l'homme, au lieu du butin incertain de
la chasse, une nourriture certaine, des peaux, des fourrures, en un mot, la plupart de tous ses moyens d'existence et cela à son jour, à son heure, au gré de son caprice. Que ce soit par la chèvre ou par le porc, par le mouton ou par le bœuf que la vie pastorale ait commencé, peu importe et d'ailleurs nul n'est en mesure de le préciser. Mais, ce qu'il y a de positif, c'est qu'à la suite de la domestication du chien, qui convenait à des peuples chasseurs, sous l'empire de circonstances favorables, des tribus plus intelligentes, plus chercheuses, plus avbées en arrivèrent à la domestication des animaux utiles qu'ils introduisirent plus tard avec eux dans les pays où ils pénétrèrent après l'époque quaternaire.