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Maintenant quelles sont les personnes les plus aptes à faire le service des asiles ? Si nous consultons la raison, la science et l'expérience, nous devons répondre: Dans les asiles pour les hommes, les religieux et les laïques, suivant certaines autorités, donnent à peu d’exceptions près une égale satisfaction ; mais dans les asiles pour les femmes, les religieuses ont une incontestable supériorité. Il est difficile de trouver chez une femme qui n’a pas embrassé par principe religieux une vie de pauvreté, de travail, de renoncement et de sacrifice, un dévouement, un zèle, une patience aussi admirables que ceux dont la religieuse fait preuve en toute circonstance, Au reste, nous l’avons déjà dit, on n’improvise pas un bon gardien ; il faut non-seulement la bonne volonté et le respect du devoir, il faut encore de l'intelligence et un certain savoir. Or, sous ce rapport les religieux et les religieuses, qui ont toujours de l'instruction et de l'éducation, offrent les meilleures garanties. La dignité de leur conduite et de leur language, le respect qu’impose leur personne ne peuvent avoir qu’une heureuse influence sur le moral des malades, et contribuent à relever à leurs yeux l'établissement dans lequel ils doivent séjourner. L’uniforme même de l’ordre a quelque chose qui inspire la confiance et fait naître la pensée qu'il y a Ià un ami dévoué qui ne saurait ni tromper ni abandonner dans un moment difficile, Et— puisqu'il faut toujours, quand on parle de service
public, mêler cette triste question d’argent aux choses les plus relevées,--nous devons dire que, sous le rapport de l'économie, il y a encore ici de sérieux avantages à recueillir.
& Je suis convaincu, dit le Dr Vallée, qu’il serait assez difficile de former avec des éléments exclusivement laïques un personnel de surveillants offrant autant de garanties qu’une congrégation religieuse. Pour le soin des aliénés peut-être plus que tout autre œuvre de dévoûment, il faut un tact, une patience et un désintéressement que l’on n'obtient pas toujours à prix d'argent ; aussi, pour toutesprit non prévenu, ici, comme partout ailleurs, la sœur de la charité peut étre considérée comme l'infirmière idéale. Depnis juelques années, en France, il souffle un vent de laïcisation qui pousse à remplacer les communautés religieuses par des infirmiers laïques, non-seulement dans les hôpitaux ordinaires, mais aussi (ans les services d’aliénés. Je me suis permis de demander à un certain nombre de médecins des asiles que j'ai visités ce qu’ils pensaient de cette réforme, et la plupart,.se plaçant au point de vue exclusivement médical, la considéraient comme absolument regrettable,
“En Belgique, au contraire, il y a des ordres religieux dans tous les principaux asiles. Ainsi, l'asile de Mons, pour les femmes, et l’asile de Tournai, pour les hommes, appartiennent à l'Etat, et cependant, il y a des Sœurs de Charité dans le pre-
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mier et des Frères de la Charité dans le second, A Gand, il y a également des Frères de la Charité; dans ce dernier établissement, le travail est très bien ‘organisé comme moyen de traitement et ce sont des Frères qui sont chefs d'ateliers. Un des grands | avantages de ce système, c'est de supprimer le grave inconvénient des mutations fréquentes de gardiens, et ceux-ci étant employés pendant de nombreuses années au soin des malades, finissent par acquérir une expérience qui leur est très utile.”
‘Les surveillants dans les asiles, dit le Dr Parchappe—cité par M. Vallée, —ont, par les raarges de leur emploi tous les caractères qui appartiennent aux infirmiers dans les établissements hospitaliers; leurs fonctions devraient s'élever en dignité comme elles s'élèvent en fait au-dessus de la condition commune des serviteurs salariés.
‘Sous ce point de vue, dans les pays catholiques, les éongrégations religieuses réalisent tout ce qu’il est permis de désirer de mieux pour la surveillance des quartiers de femmes dans nos asiles, Tout ce qu’on peut attendre du cœur de la femme, en dévoûment affectueux et en soins compatissants, délicats, éclairés, on l’obtient des religieuses, dans des conditions d’abnégation personnelle et avec des garanties dé moralité que ne peuvent offrir au même degré des infirmières laïques.
‘ Les motifs qui justifient la préférence à donner aux congrégations religieuses relativement aux
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laïques pour la surveillance dans les quartiers des femmes, n'existent pas en ce qui se rapporte aux quartiers d'hommes.”
I] n’en reste pas moïns vrai cependant que sous le rapport des mutations et du respect et de la confiance qu'ils doivent inspirer aux malades, les religieux offrent de.plus grandes garanties.