‹ Nos asiles d'aliénés [microforme]Chapitre 16 sur 17 · IX L, RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

IX L, RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Avant de terminer eette étude et de présenter à nos lecteurs les conclusions qu’on peut en tirer, nous désirons ajouter quelques mots sur un point que nous avons touché dans notre dernier article. On a laissé pressentir que, si l'Etat devenait propriétaire des asiles, l’entretien des aliénés serait beaucoup plus coûteux et constituerait une nouvelle charge très onéreuse pour le peuple déjà obéré. Nous comprenons qu'il y aurait probablement quelques frais À encourir pour l'organisation nouvelle des différents services, du travail et des amusements, pour l’instruction des idiots et pour les modifications à faire subir

aux édifices. Mais cette dépense se ferait une fois ; ; pour toutes; et la direction des établissements pos-

sédés et contrôlés par l'Etat ne serait pas plus coûteuse qu’elle ne l’est actuellement.

Dans les principaux asiles de: l'Europe organisés sur le plan dont nous avons parlé dans le cours de

j ce travail, on trouve, au contraire, que souvent les frais d’entretien et de traitement sont moins élevés, tout en donnant des résultats bien supérieurs à tous les points de vue, Aïnsi pour ne parler que d’un des établissement que le Dr Vallée a visités lors de À son dernier voyage, Saïint-Yon, un des plus considérables hôpitaux d’aliénés, est la propriété de l’Etat. Il forme deux établissements distincts, l’un pour les hommes, l’autre pour les femmes, reliés var un tramway. La direction absolue en est confiée À un bureau médical ; dans le département des femmes, les infirmières ou gardiennes sont des Sœurs de Charité; l’hospice des hommes a pour infirmiers . des laïques. La manière dont ces deux maisons.sont À organisées est à peu près celle de l’hôpital Notre- 4 Dame deMontréal.

: À Saint-Yon, avec les services les plus améliorés , L et les plus modernes, l'entretien et le traitement d’un malade coûte 1 fr. 25 par jour ou 456 fr. 25 par an. Cependant les malades, sur cette somme, À ont droit à 25 centimes de vin ou de cidre, chaque | jour. Or, à l’époque de la visite du Dr Vallée, en 1889, l'établissement avait un fonds de réservé accumulé de trois eent mille francs ($60,000) et on dépensait cent cinquante mille francs (830,000) sur ce fonds pour faire construire un réservoir” si

Ces chiffres indiquent assez clairement que lesystème moderne n’est as plus désavantageux que l’ancien, sous le rapport de l’économie. Du reste,

quand même il y aurait égalité, ou même surplus de dépense, il s’agit ici, nous l’avons &éjà dit, d’une question d'humanité, d’un devoir social, et il faut résoudre cette question, remplir ce devoir dans la mesure la plus large et la plus humaine possible.

Un autre point, sur lequel nous désirons aussi appeler l’attention, c’est l’internement des aliénés dans les hospices où l’on traite les alcooliques.

Voici ce que disaient, dans un rapport spécial présenté au congrès de médeciné mentale, les docteurs Motet et Vétault, cités par le Dr Vallée :

‘* Le congrès, en présence des dangers dont l’alcoolisme menace la société, la famille, l’individu, reconnaissant qu'il y a lieu d'établir des distinctions entre l’ivresse simple, l'ivresse pathologique et ses variétés et l’alcoolisme chronique, émet le vœu : Que dans un intérêt de défense sociale, des mesures judiciaires, d’une part, des mesures administratives durables, d'autre part, soient prises contre les alcoolisés, suivant la catégorie à laquelle ils appartiennent,

‘ Qu'il soit pourvu, par la création d'un ou de plusieurs établissements spéciaux, à l’internement des ivrognes d'habitude, des alcoolisés ayant commis des crimes ou des délits, et ayant bénéficié d’une ordonnance de non-lieu en raison de leur état mental.

M à Que ces établissements, ayant le caractère de maison de traitement et non de maïson de ré-

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