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dans beaucoup d’autres, c’est le cas de dire avec le -poëte :
... Retenez cet avis :
Pour savoir quelque chose il faut l'avoir appris.
‘Or, comment peut-on espérer trouver de toutes pièces un parfait gardien d’asile dans un homme qui, la veille, était menuisier, tailleur de pierre ou même journalier ? Le gardien est l’agent du médecin auprès du malade; c'est par son intermédiaire que se fait la principale partie du traitement, et l’on peut dire que sa tenue auprès de celui dont il a charge, son langage, sa douceur ou sa sévérité, la forme : qu’il donne à tous ses soins, sont une portion du régime physique et moral et doivent toujours porter l'empreinte de la pensée qui le prescrit. Maïs tout cela s’enseigne et s’apprend, et c’est dans ce but qu’il a été publié un si grand nombre de manuels à l'usage des gardiens d'asile.
“T1 y a plusieurs années, le professeur Guuston a appelé l'attention sur cette question, dans un écritintitulé: On the questions of getting, training and retaining the services of good Asylum Attendants. En novembre 1883, le Dr Clark, médecin de Pasile du district de Glasgow, a lu un mémoire sur le même sujet, (The special training of Asylum Attendants) devant l’Association médico-physiologique, et l’on trouve dans le numéro de janvier 1884 de l’Americain journal of Insanity, les preuves des progrès que les idées développées par le Dr Clouston avaient
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faits, non«seulement dans la Grande-Bretagne, mais encore en Amérique. ‘ Dans l'Etat de New-York, ‘“ est-il dit dans ce journal, en sus des instructions ‘ pratiques qui sont donnés tous les jours aux gar- ‘* diens dans les asiles, on a, (dans trois d’entre eux ‘tout au moins, à Ward’slsland, à Buffalo et à ‘ Utica) organisé un cours de leçons systématiques. ‘ Ces leçons sont faites par le personnel médical et ‘* roulent sur les devoirs des gardiens (attendants) et ‘on y comprend quelques instructions élémentaires ‘en anatomie, physiologie, hygiène, préparation de ‘{ la nourriture pour les aliénés, bains, mesures de ‘{ précaution en cas d'accidents à prévoir, dans l’asile “ ou au dehors. ”
‘* Rien, dit M. de Crisenoy (La loi concernant les aliénés), n’est plus pénible, ne den ade plus d’attention, de patience, de sang-froid, que la tâche de soigner et de garder des aliénés, et cependant, dans nos asiles, le personnel äes gardiens, insuffisamment payé, se recrute généralement parmi les gens qui n’ont pas trouvé d’autres moyen de gagner leur vie; aussi, la surveillance des directeurs et des médecins ne suffit-elle pas toujours pour empêcher des actes de négligence et de brutalité. ” | |
‘{ Il est doné évident que l’on ne saurait accorder trop d'importance à cette question &u recrutement et de l’amélioration du service dés gardiens. Nous aurions certainement des réformes à réaliser de ce côté, et parmi les réformes utiles, je suggèrerais les
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suivantes. En premier lieu, le nombre des gardiens pourrait être augmenté avec avantage, car leur proportion est assez faible relativement à la population des malades. Mais ce qui me paraît plus urgent, c’est qu'ils soient employés exclusivement au service des patients. Trop souvent, on les fait travail- | Jer au dehors, et pendant ce temps, certaines salles de plus de soixante malades restent sous la surveillance d’un seul gardien.
“On devrait aussi faire porter des costumes aux gardiens, le décorum y gagnerait beaucoup et ce serait pour les malades un exemple de bonne tenue qui ne pourrait leur être que favorable. Enfin, les médecins de l’asile devraient dé temps à autre donner aux infirmiers et aux gardiens des leçons pratiques sur la nature de leurs devoirs et sur la ma-
nière de les remplir.
‘Je suis convaincu que si l’on parvenait à former ainsi un personnel de gardiens entendus, sachant parfaitement ce qu’ils ont à faire, la physionomie de nos asiles de malades se modiflerait avantageusement. ”
Il va sans dire que les autres employés, à part les gardiens, doivent aussi être choisis avec un certain soin. [ls ont toujours plus ou moins de rapports avec les patients, et souvent une seule de leurs taquineries, ou de leurs paroles imprudentes, peut avoir les résultats les plus fâcheux sur certains malades déjà aigris.