‹ Nos bibliothèques publiques, leur situation légaleChapitre 7 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SECTION I Bibliothèques publiques appartenant à l'État.

Les bibliothèques publiques qui appartiennent exclusivement à l'État sont d'abord les quatre grandes bibliothèques parisiennes : la Bibliothèque Nationale, la Bibliothèque de l'Arsenal, la Bibliothèque Mazarine et la Bibliothèque Sainte- Geneviève ; il faut y joindre les Bibliothèques du Muséum d'Histoire naturelle, du Conservatoire des Arts et Métiers, du Conservatoire de Musique, les Bibliothèques des Palais nationaux, la Bibliothèque-musée d'Alger, ot enfin les Bibliothèques des Universités.

l"" Bibliothèque Nationale.

La Bibliothèque Nationale, la plus importante des bibliothèques françaises, fut d'abord la bibliothèque privée de nos rois et l'on en fait remonter l'origine à Charles V au xiv° siècle (1367) ; collection fort modeste, elle ne possédait encore sous Louis Xlil, trois siècles plus tard, que 16.000 volumes environ. Elle reçut ou acquit sous les règnes de Louis XIV et surtout

de Louis XV de nombreuses collections, et la Révolution fit affluer dans ses dépôts d'immenses richesses (1).

Aujourd'hui, elle comprend plus de 2.800.000 volumes et plus de 100.000 manuscrits ; elle possède en outre des collections fort importantes de cartes géographiques, d'estampes, de monnaies et de médailles. Son budget, bien que très élevé (2), lui permet à grand'peine de se tenir au courant de la production scientifique et littéraire ; les acquisitions consistent surtout en livres étrangers, car un exemplaire de tous les livres français doit être remis à la Bibliothèque Nationale parle dépôt légal.

Bibliothèque publique par excellence, la. Bibliothèque Nationale est ouverte toute l'année (3) ; elle comprend, outre des salles spéciales pour la communication des manuscrits, des estampes, des monnaies et des cartes, deux grandes salles de travail ; dans l'une, le public est admis sans formalité d'aucune sorte (4), dans l'autre il faut être muni d'une carte que l'administration délivre gratuitement sur demande et qu'il est nécessaire de renouveler tous les six mois.

La Bibliothèque Nationale dépend, comme toutes les autres bibliothèques publiques qui appartiennent à l'État, du ministère de l'Instruction publique ; bien que jouissant d'un budget propre, elle ne constitue pas un établissement public dans le sens attaché à ce mot dans le droit administratif et n'a pas la personnalité civile.

(l) Sur l'histoiro de la Bibliothèque Nationale, cf. :

Pour les imprimés : L. Delisle, Introduction au Catalogue (jénéral des livres imprimés de la Bibliothèque yationale. Paris, 1897, in-8.

Pour les manuscrits : L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Natioyiale. Paris, 18G8-1874, 3 vol. in-4 et atlas.

Pour les estampes : H. Delaborde, Le Cabinet des estam2)es à la Bibliothèque Nationale. Paris 1875, in-8.

(2/ Pour l'année 190-2, 182.000 fr. (acquisitions seulement). Son budget total pour la même année (820.000 francs) est inférieur à celui de toutes les autres bibliothèques du même ordre, Berlin, Londres, Washington. Outre ce budget normal, la Bibliothèque Nationale a bénélicié souvent, au cours du XIX* siècle, d'allocations extraordinaires qui lui ont permis d'acquérir d'importantes collections.

(3) Sauf pendant la quinzaine précédant Pâques. Cette fermeture est nécessaire pour le nettoyage et les remaniements dans les magasins de livres.

(4) Cette salle de travail est ouverte même le dimanche.

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