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GRANDES BIBLIOTHÈQUES PARISIENNES

C'est là, du reste, une remarque qui s'applique à toutes nos bibliothèques publiques.

2° Bibliothèque de TArsenal.

C'est la bibliothèque la plus considérable de France après la Bibliothèque Nationale ; elle comprend aujourd'hui 550.000 volumes, 10.000 manuscrits et près de 50.000 estampes. Elle appartenait, à l'origine, au comte d'Artois, depuis Charles X, qui l'avait lui-même achetée, en partie, au marquis Paulmy d'Argenson en 1785; elle contenait alors 120.000 volumes et fut mise sous séquestre en 1793 comme propriété d'émigré ; en 1797, un arrêté du 9 floréal la déclarait bibliothèque publique. Elle s'enrichit durant la période révolutionnaire, grâce à son bibliothécaire Ameilhon, de près de 30.000 volumes puisés dans les dépôts littéraires de Paris, et, pendant tout le xix* siècle, elle n'a pas cessé de s'accroître de nombreux dons. Quoique restituée au comte d'Artois par une ordonnance du 25 avril 1816, elle resta néanmoins bibliothèque publique et continua de figurer au budget du ministère de l'intérieur (1).

Son ancien fonds est d'une richesse incomparable, et le dépôt légal lui envoie une collection complète de tous les périodiques, illustrés ou autres, qui sont publiés à Paris (2).

3° Bibliothèque Hazarine.

C'est une de nos plus anciennes bibliothèques publiques ; fondée par Mazarin en 1640, elle comprenait, dix ans plus tard, 45.000 volumes. Mais les troubles de la Fronde dispersèrent cette belle collection, et bien que Mazarin, à son retour

(1) Les bibliothèques publiques n'ont été rattachées au ministère de l'Instruction publique que par une ordonnance du 11 octobre 1832.

(2) Budget (1902) : personnel : 36.000 fr., acquisitions et matériel ; 17.914 fr, Voir : H. Martin, Histoire de la Bibliothèque de l'Arsenal. Paris, 1899. in-8" (forme le tome VIII du Catalogue général des manuscrits — Bibliothèque de l'Arsenal;.

au pouvoir, ait pu assez facilement faire restituer ses livres aux anciens frondeurs, plus de IS.OOO volumes restèrent introuvables.

La Bibliothèque fut installée en 1691 dans le local qu'elle occupe encore actuellement et qui dépendait alors du collège Mazarin ou des Quatre-Nations, et, dès cette époque, elle fut ouverte, ainsi que Tavait ordonné Mazarin dans son testament, deux lois par semaine à tous les gens de lettres.

A l'époque révolutionnaire, elle s'accrut, comme toutes les autres bibliothèques parisiennes, d'un très grand nombre de volumes pris dans les dépôts littéraires ; dotée d'un budget assez élevé (1), elle possède aujourd'hui environ 300.000 volumes et 6.000 manuscrits, parmi lesquels dominent surtout les ouvrages de théologie, de médecine et d'histoire.

4<' Bibliothèque Sainte-Geneviève.

La Bibliothèque Sainte-Geneviève est l'ancienne collection formée par les Génovéfains ; elle était déjà assez considérable au xvr siècle, mais elle fut dispersée au commencement du XVII® siècle; reconstituée peu après, elle comptait en 1680 environ 10.000 volumes. Elle fut ouverte régulièrement trois fois par semaine à partir de 1759 et devint en 1792 propriété nationale sous le nom de Bibliothèque du Panthéon; elle comprenait alors 60.000 volumes. Elle s'accrut à cette époque de collections importantes envoyées par les dépôts littéraires et, durant le xix® siècle, elle s'enrichit à plusieurs reprises de dons fort importants (2).

Installée en 1850 dans de nouveaux bâtiments et pourvue

(1) Budget pour 1902 : 33.200 fr. (personnel), 14.400 fr. (acquisitions et matériel). Cf. Tintèressant ouvrage de M. Franklin (A.\ Histoire de la Bibliothèque Mazarine et du Palais de V Institut, 2* édition. Paris 1901, in-8.

(2) Elle comprend environ 130.000 volumes et 2.600 manuscrits; son budget (1902) est de 83.450 fr. (personnel) et 36.286 fr. (acquisitions et matériel).

Pour l'histoire de cette bibliothèque, cf. Kohler, Introduction au Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Sainte -Geneviève, tome I. Paris, 1893.

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