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GRANDES BIBLIOTHÈQUES PARISIENNES

d'une très grande salle de travail qui fit Tadmiration de tous les contemporains, elle est devenue, grâce à sa situation dans le quartier des Écoles et à la collection très importante de périodiques français et étrangers qu'elle renferme, une bibliothèque très fréquentée.

5° Bibliothèques parisiennes attenant à divers grands établissements scientifiques et artistiques.

Nous réunissons sous ce titre trois bibliothèques importantes, attenant à des établissements scientifiques ou artistiques. Elles se distinguent des bibliothèques que nous venons d'étudier en ce que, d'abord, elles sont beaucoup moins importantes qu'elles, et qu'ensuite elles constituent des bibliothèques spéciales, ne jouissant pas, comme elles, de l'autonomie et d'un budget propre.

La Bibliothèque du Muséum d'Histoire naturelle fut ouverte au public dès 1794. Elle possède un fonds très riche provenant des dépôts littéraires, et les nombreux périodiques qu'elle reçoit annuellement en font une bibliothèque scientifique de premier ordre (1).

Malheureusement toutes ces richesses sont entassées dans des salles tout à fait insufiîsantes. La salle de lecture, trop petite, et l'escalier par lequel on y accède sont peu dignes de notre grand établissement scientifique ; il faut souhaiter que la reconstruction de la bibliothèque, projetée déjà depuis longtemps, s'accomplisse très prochainement.

L'ancien fonds de la Bibliothèque du Conservatoire des Arts et Métiers provient également des dépôts littéraires formés sous la Révolution. Jusqu'en 1830, il avait été complètement abandonné, et ce n'est guère que de 1852 que date vraiment la bibliothèque telle qu'elle est actuellement; les livres furent, à cette époque, installés dans le local où ils sont encore aujourd'hui et qui est l'ancien réfectoire de l'abbaye de Saint- Martin.

'l) Environ 180.000 volumes.

Depuis 1852, la bibliothèque a toujours été régulièrement ouverte au public; elle possède 50.000 volumes environ et est surtout riche en ouvrages de technologie. En dépit d'un budget tout à fait insuffisant (1), la place fait défaut pour loger les volumes dont elle s'accroît et la construction de salle de dépôts y est de toute nécessité.

La création de la Bibliothèque du Conservatoire national de Musique et de Déclamation fut décidée en même temps que celle du Conservatoire lui-même par le décret du 3 août 1795 ; ses collections sont formées uniquement d'œuvres musicales et dramatiques et de publications relatives à la musique et à Tart théâtral.

Elle possède environ 40.000 volumes et plus de 200.000 morceaux détachés pour le piano et pour le chant (2).

S"" Bibliothèques des châteaux de Pau et de Fontainebleau.

Ce sont les seules bibliothèques qui subsistent encore des palais nationaux ; elles comprenaient autrefois les bibliothèques du Louvre, des Tuileries, des palais de Saint-Cloud, de Versailles et de Compiègne.

Les trois premières ont été détruites en 1871 (3) et les deux autres ont été démembrées depuis cette époque, celle de Versailles en 1874 et celle de Compiègne de 1888 à 1891 ; les livres et les manuscrits qu'elles renfermaient ont été pour la plupart transférés à la Bibliothèque Nationale et à la Bibliothèque de l'Arsenal.

Des deux bibliothèques qui subsistent, la bibliothèque du château de Pau, seule, est vraiment publique. Par arrêté du

(1) Acquisitions et matériel : 5.500 fr. Cette bibliothèque fait exception, elle relève du ministère du Commerce.

(2) Cf. la notice de M. Weckerlin en tête du Catalogue qu'il a publié de la bibliothèque du Conservatoire national de musique. Paris, 1885, in-8.

(3) Voir à ce sujet : H. Baudrillart, Rapport sur les 2^ertes éprouvées par les Mbliothèques 2)ubliques à Paris en 1870-1871, dans le Bulletin administratif du ministère de l'Instruction i^ublique, 1871, j). 350.

ministre de l'Instruction publique du 25 févi'ier 188S, elle a été mise à la disposition de la ville de Pau et, depuis cette époque, elle est régulièrement ouverte chaque jour, comme la bibliothèque communale elle-même.

La bibliothèque du palais de Fontainebleau n'est ouverte au contraire que deux fois par mois et est surtout organisée en vue du prêt des livres. Formée sous le premier Empire avec des livres provenant des bibliothèques du Conseil d'État et du Tribunat, elle est du reste peu importante et ne s'accroît plus.

7^ Bibliothèque-musée d'Alger.

Cette bibliothèque fut fondée en 1836 avec les volumes pris pendant la conquête algérienne à Mascara, Tlemcen, Constantine. Cette dernière ville surtout fournit un grand nombre de manuscrits arabes dont quelques-uns furent échangés avec des volumes de la Bibliothèque Nationale. La bibliothèque d'Alger a ceci de particulier qu'elle est la seule bibliothèque de chef-lieu de département qui appartienne à l'État (1).

8° Bibliothèques des Universités.

11 est enfin toute une catégorie de bibliothèques très importantes que nous n'hésitons pas à ranger parmi les bibliothèques publiques et qui appartiennent à l'État : ce sont les bibliothèques des Universités.

S'il est vrai, on effet, que les bibliothèques des Universités ne sont pas, comme les bibliothèques dont nous nous sommes occupé précédemment, spécialement affectées à l'usage public, nous ferons remarquer cependant que l'usage de ces bibliothèques n'est pas réservé à un corps de fonctionnaires, à une catégorie déterminée d'individus comme pour les bibliothèques

(1) Alger possède en outre une bibliothèque d'université et une bibliothèque communale.

de la Cour de Cassation, par exemple, du Collège de France, ou des différents ministères. Outre les professeurs et les étudiants, toutes les personnes spécialement autorisées ont accès dans les bibliothèques d'Universités; dans certaines villes, les lecteurs de la bibliothèque communale peuvent avoir communication des livres de la bibliothèque de TUniversité et, par un arrêté récent (24 décembre 1901), les prêts des volumes ont été autorisés entre les bibliothèques d'Universités, les bibliothèques publiques parisiennes et même les bibliothèques communales, après avis du ministre de l'Instruction publique. Enfin, il ne faut pas oublier que depuis la loi du 10 juillet 1896, créant les Universités, toute personne immatriculée dans une Faculté (et toute personne peut se faire immatriculer moyennant le versement du droit d'immatriculation, 30 francs) a libre accès dans les bibliothèques d'Universités (Ij.

(1) Ces collections, on le voit, en même temps qu'elles deviennent plus importantes, sont aussi mises à la disposition d'un public de plus en plus nombreux.

Nous souhaitons que les barrières qui mettent encore obstacle à l'utilisation par tous de ces importantes richesses s'abaissent de plus en plus et que vienne le jour où villes et universités, poursuivant l'œuvre commencée et faisant de plus en plus cause commune, réuniront en un même dépôt, ouvert à tous, leurs richesses littéraires (a). Ce jour-là, ces bibliothèques, devenues de grandes bibliothèques régionales, dotées d'un budget propre par les universités et par les villes, occuperont vraiment, à côté des universités et sous le contrôle direct du ministre de l'Instruction publique, tuteur naturel de toutes les bibhothèques publiques, la place qui leur convient dans le développement scientifique et littéraire de notre pays (&).

(a) En Allemagne, où le développement des bibliothèques de tout ordre a été depuis 1870 plus grand encore que chez nous, les bibliothèques d'universités devenues publiques sont nombreuses ; celles de Berlin, de Bonn, de Leipzig, par exemple, sont dans ce cas : la Bibliothèque de l'Université de Strasbourg est en même temps la Bibliothèque d'Alsace.

(&) Il y a déjà commencement d'exécution et dans certaines villes les collections des bibliothèques d'universités et celles des bibliothèques communales ont été juxtaposées ; c'est ainsi qu'à Poitiers, les deux bibliothèques, tout en restant distinctes, sont logées dans un même bâtiment, ce qui permet aux lecteurs d'avoir communication très commodément des livres de l'une ou de l'autre bibliothèq^ue. Une semblable organisation est décidée pour les bibliothèques universitaire et communale de Rennes; à Clermont, enfin, les deux collections sont depuis cette année réunies en un même local et placées sous la direction d'un seul bibliothécaire.

(Voir k ce sujet : M. Laude, Les Bibliothèques publiques, leur imj)ortance et leur rôle ; extrait de la Revue d Auvergne, septembre-décembre lyOi ; M. Desdevizes du Dézert, Bibliothèques municipales et bibliothèques universitaires {Revue universitaire du 15 avril 1902) et les articles de M. Bréhier et de M. de la Ville de Mirmont dans la Revue intetmationale de renseignement du 15- juin 1902).

a. — Bibliothèques universitaires de Paris.

Les bibliothèques universitaires de Paris sont au nombre de cinq et doivent être étudiées à part non seulement à cause de leur importance, mais encore parôe que leurs origines et leurs réglementations sont différentes de celles des bibliothèques des universités de province.

La plus importante est la Bibliothèque de V Université; installée dans les nouveaux bâtiments de la Sorbonne depuis 1897, elle n'est commune, malgré son nom, qu'aux deux Facultés des Lettres et des Sciences. Son origine est ancienne et date de 1763, elle devint bibliothèque publique sous la Révolution et jusqu'en 1808 sous les noms de Bibliothèque du Prytanée et de Bibliothèque des Quatre Lycées de Paris.

En 1808, elle prit le nom de Bibliothèque de l'Université et son accès en fut réservé aux membres de TUniversité ; elle s'appela successivement Bibliothèque de la Sorbonne, Bibliothèque de l'Académie de Paris et enfin, en 1861, Bibliothèque de l'Université de France (1). Elle possède aujourd'hui environ 200,000 volumes et sa collection de périodiques français et étrangers est la plus riche de France, après celle de la Bibliothèque Nationale (2).

La Faculté de Droit, qui possédait au xviii® siècle une très petite collection de livres, n'eut à proprement parler de bibliothèque qu'au xix° siècle, et encore cette bibliothèque, jusqu'en 1878, lût-elle très médiocrement aménagée (3). C'est à partir de 1876 que des crédits suffisants lui furent attribués et que les livres furent définitivement catalogués et cotes ; ils furent transportés en 1878 dans deux nouvelles salles qui devinrent promptement trop étroites.

En 1897, lors de la reconstruction de la Faculté, une très

(1) L'histoire de la Bibliothèque de l'Université a fait l'objet d'un Mémoire présenté à la Faculté des Lettres de Paris en 1897 par M. F. Chambon. (Voir Positions des mémoires... 1897, p. 8.)

(2) Budget pour 1902 : personnel, 46,400 fr. ; acquisitions et matériel, 68,000 fr.

(3) La salle de lecture comptait environ 20 places.

grande salle de lecture et des salles de dépôts furent aménagées et la Bibliothèque de la Faculté de Droit est aujourd'hui, tant à cause des nombreux ouvrages de référence placés dans les salles de travail qu'à cause des catalogues et des tables des revues mis à la disposition du public, une des bibliothèques les plus fréquentées de Paris ; elle possède environ 70,000 volumes (i).

La Bibliothèque de la Faculté de Médecine, dont l'origine remonte à 1733 par suite du legs fait par le savant Picoté de Belestre, ne fut guère ouverte au public qu'en 1746; elle possédait à cette époque environ 14,000 volumes. Enrichie, durant la période révolutionnaire, de plusieurs collections importantes tenues depuis toujours au courant, elle fut installée, en 1891, dans de nouveaux bâtiments et possède aujourd'hui 140,000 volumes (2).

Enfin, V Ecole de Pharmacie et la Faculté de Théologie protestante ont leurs bibliothèques respectives, bien insuffisamment installées encore ; la première possède environ 20,000 volumes et la seconde 15,000 (3).

b. — Bibliothèques des Universités de province.

Elles furent créées sous le nom de Bibliothèques des Académies par un arrêté du 18 mars 1855. Tous les livres que possédaient les différentes Facultés devaient, aux termes de cet arrêté, être réunis en un même local et mis à la disposition des professeurs et des étudiants. Ces bibliothèques, placées sous l'autorité du recteur, avaient un budget spécial et le ministre de l'Instruction publique promettait en outre de les comprendre dans les distributions d'ouvrages faites annuellement par l'administration centrale.

(1) Budget (1902), personnel : 19,600 fr. ; acquisitions et matériel : 27,390 fr.

(2) Budget (1902), personnel : 30,700 fr. ; acquisitions et matériel : 37,000 fr.

(3) De nouveaux locaux vont être mis très prochainement à la disposition de la Bibliothèque de l'Ecole de Pharmacie ; son budget pour cette année est de : personnel : 10,200 fr.' ; acquisitions et matériel : 12,600 fr. A la Faculté de Théologie protestante, le secrétaire fait en même temps les fonctions de bibliothécaire ; le budget pour les acquisitions est de 5,300 fr.

Malheureusement, aucun fonctionnaire ne fut désigné pour la gestion de ces bibliothèques académi({ues ; dans quelques villes on chargea, soit le secrétaire d'une des Facultés, soit un des commis du secrétariat de l'Académie, de dresser des catalogues et d'organiser le service des prêts ; en réalité, par suite de l'absence de locaux appropriés et de fonctionnaires responsables, les bibliothèques d'Académies ne furent jamais organisées ; les collections restèrent, comme par le passé, isolées dans chaque Faculté et plus de dix ans après, en mars 1867, une circulaire de V. Duruy, alors ministre de l'Instruction publique, nous montre que ces collections n'étaient pas encore pourvues de catalogues.

Le budget de l'année 1874, voté le 29 décembre 1873, stipulait (art. 9) qu'un supplément de 10 francs serait perçu chaque année, à partir du l^^ janvier 1874, sur chaque première inscription prise par les étudiants dans toutes les Facultés de l'État.

Cette taxe nouvelle, destinée à créer un fonds spécial pour les bibliothèques des Facultés, c'est le droit de bibliothèque, qui est devenu aujourd'hui une source importante d'accroissements des bibliothèques d'Universités.

Mais si les bibliothèques devenaient plus riches, si les droits de bibliothèque versés par les étudiants permettaient des acquisitions plus nombreuses, les collections restaient cependant à l'état de bibliothèques distinctes dans chaque Faculté. Il n'existait presque nulle part de salles de lecture à l'usage des étudiants, et ces bibliothèques continuaient d'être, comme par le passé, à l'usage presque exclusif des professeurs, avec peu ou point de catalogues et un service de prêts tout à fait rudimentaire.

C'est en 1878 seulement, avec la création de fonctionnaires chargés spécialement de l'organisation et de la gestion des bibliothèques, qu'on peut dire que furent créées véritablement les bibliothèques des Facultés.

La commission du budget avait exprimé la volonté formelle que les collections des bibliothèques des Facultés fussent mises plus largement à la disposition des étudiants. C'est de droit, disait-on, puis([ue les étudiants sont assujettis à un nouvel impôt spécial, dit de bibliothèque, et l'on comprenait

enfin qu'une telle organisation de ces bibliothèques ne pouvait avoir lieu sans un personnel uniquement appliqué à ce travail.

Tout était à créer, local, matériel et personnel. De longues et nombreuses circulaires, instituant des commissions de surveillance, fixant les diverses opérations nécessaires à la mise en service des volumes et donnant aux bibliothécaires quelques pouvoirs, bien restreints cependant, réussirent à vaincre toutes les résistances et, deux ans après, en 1881, tous les groupes de Facultés possédaient une bibliothèque commune.

Depuis cette époque, les bibliothèques des Facultés, devenues, en 1896, bibliothèques d'Universités, n'ont fait que s'accroître (1) ; des sommes très importantes sont inscrites chaque année aux budgets des Universités et à celui de l'État, et la création en 1882 d'un service d'échanges entre les bibliothèques des Universités françaises et les bibliothèques des Universités étrangères (2) fait entrer annuellement dans les bibliothèques une précieuse collection de thèses dont beaucoup sont des contributions importantes aux études juridiques et scientifiques.

Si aujourd'hui nos bibliothèques d'Universités sont encore loin d'atteindre à l'importance de certaines bibliothèques d'Universités étrangères, allemandes, par exemple (3), du moins sont-elles devenues entre toutes les bibliothèques publiques françaises, sans même en excepter les grandes bibliothèques parisiennes, les bibliothèques les mieux organisées, les plus sagement réglementées, celles qui offrent aux

(1) Les livres des bibliothèques d'Universités" (pour la province seulement) forment aujourd'hui un total de plus d'un million. Leur budget pour 1902 s'élève à 300,000 fr. (acquisitions seulement).

(2) 39 Universités étrangères font aujourd'hui des échanges avec les bibliothèques d'Université» françaises.

(3) Cf. sur la situation respective des bibliothèques d'Universités en AUe-t magne, les intéressants articles de M. Laude, Les bibliothèques universitaires allemandes, dans la Revue des Bibliothèques, 1900, pp. 97 et s., e de M. Chambon, Le budget des bibliothèques des Universités allemandes, dans la Revue politique et parlementaire, 1901, tome XXX, p. 381. Les bu>dgets des bibliothèques des Universités prussiennes, dans la Revue internationale de V Enseignement, 1898, tome XXXVI, p. 36.

travailleurs les plus grandes facilités tant pour la lecture sur place que pour le prêt au dehors.

La loi du 10 juillet 1896 a donné aux Universités, outre la personnalité civile que possédait dès 1893 (1) le corps des Facultés groupées dans une même ville, Tindividualité financière. Les Universités, devenues établissements publics, possèdent, par suite, un patrimoine autonome, un budget propre, des ressources particulières ; elles ont aussi des droits opposables à ceux de TÉtat, des départements ou des communes.

On a pu, dès lors, se demander si les collections de livres des bibliothèques d'Universités n'avaient pas changé de maître, si de propriété de l'État, qu'elles étaient autrefois, elles n'étaient pas devenues propriété des Universités. L'État, en constituant les Universités, a-t-il aliéné ses droits sur les collections de leurs bibliothèques ? Et que faut-il décider quant à la propriété des livres acquis depuis 1896 ?

La loi du 10 juillet 1896 a eu comme conséquence un développement très marqué des bibliothèques d'Universités ; c'est en effet depuis cette époque que les « droits de bibliothèque » versés par les étudiants ont été intégralement employés aux acquisitions de livres pour les bibliothèques des Universités (2) : rien de plus juste que d'affecter totalement à cet usage le droit de bibliothèque, contribution légitime prélevée sur quiconque se réclame de l'enseignement supérieur.

Mais ne peut-on pas soutenir que de telles acquisitions, faites avec les fonds provenant des « droits de bibliothèque », sont propriété de l'Université ? Les dons de livres faits en nature à une Université pour sa bibliothèque ou les livres achetés avec l'argent provenant d'un legs fait à l'Université ne doivent-ils pas être considérés comme la propriété de cette Université et non pas comme celle de l'État ? Et si l'on n'admet

(1) Par la loi de finances da ?8 avril 1893 (art. 71). La personnalité civile avait même été donnée aux Facultés isolées, prises séparément, dès 1885. Pour plus de détails, voir : Béquet, v« Instruction publique, l'enseignement supérieur, par MM. Liard et Verwaest.

(2) Décret du 21 juillet 1897, art. 13 : « Chaque Université est tenue d'afifecter au service de la Bibliothèque universitaire un crédit au moins égal au montant des droits de bibliothèque perçus par elle au cours de Texercice ». Cette disposition fut appliquée à partir du 1" janvier 1898.

pas que l'État ait aliéné au profit des Universités ses droits sur les collections telles qu'elles étaient en 1896, on sera donc amené à distinguer dans les bibliothèques d'Universités deux propriétés différentes : celle de l'État sur tous les livres acquis avant 1896 et celle de l'Université sur tous ceux qui ont été acquis postérieurement à cette date (1).

De pareilles distinctions sont, à notre avis, inutiles ; il faut bien remarquer, en effet, que la loi de 1896, en créant les Universités, n'a pas créé des États dans l'État ; c'est pour l'État et à ses frais que les Universités continuent d'exister comme autrefois existaient les Facultés. Établissements publics d'enseignement supérieur, les Universités sont « des organes « de l'État constitués par l'État lui-même pour remplir, avec « toute l'indépendance qu'elle exige, une des fonctions « morales de l'État (2) ».

Elles sont seulement les gardiennes des richesses contenues dans leurs bibliothèques et elles ne peuvent faire à leur égard que des actes d'administration ; toutes aliénations ou échanges leur sont interdits, qu'il s'agisse des livres des bibliothèques ou de tous autres objets de collection, des instruments de laboratoire ou des bancs et des tables qui garnissent les amphithéâtres (3).

Les droits de l'État sur les collections des bibliothèques d'Universités ne peuvent donc être mis en cause, car, propriété de l'État et propriété des Universités, c'est tout un ; c'est par le budget de l'État que sont payés les fonctionnaires chargés de la gestion des bibliothèques des Universités et ce sont des inspecteurs délégués par l'Administration centrale qui s'assurent chaque année de leur bonne organisation. Les Universités ne sont pas des établissements d'utilité publique, indépendants de l'État qui les subventionne; ce sont des

(1) Il faudrait même distinguer les livres qui continuent à être envoyés par l'Etat aux bibliothèques des Universités à titre de dépôt ; la situation des bibliothèques des Universités pourrait alors être rapprochée de celle des bibliothèques communales, ainsi que nous le verrons plus loin.

(2) Liard, Les Facultés françaises en 1889, Revue des Deux-Mondes, 1890, tome XCIX, p. 415.

(3) Décret du 21 juillet 1897 portant règlement pour les conseils des Universités (art. 9. et 10). Les décrets abrogés du 22 février 1890 et du 9 août 1893 (art. 7 et 8) contenaient des prescriptions identiques.

BIBLIOTHEQUES DES UNIVERSITES 19

établissements publics se rattachant à TËtat et, à ce point de vue, bien que les Universités jouissent d'une personnalité civile distincte, nous n'hésiterons pas, dans la deuxième partie de notre travail, à ranger les bibhothèques des Universités dans le domaine public national (1).

(1) Il existe aussi quelques autres bibliothèques appartenant à l'Etat et qui, sans être en principe affectées à l'usage public, sont, en fait, accessibles à tous les travailleurs sérieux. Telles sont la riche Bibliothèque de l'Institut (160.000 volumes) où l'on peut être admis à travailler sur la présentation de deux membres de l'Institut et celle de V Académie de Médecine qui a été transportée récemment dans le nouvel hôtel de la rue Bonaparte. Elle possède environ 200.000 imprimés, 100.000 pièces manuscrites et sa collection de plus de 6.000 portraits de médecins est unique au monde.

Citons encore la Bibliothèque du Musée pédagogique (a) qui compte environ 60.000 volumes et qui est surtout une bibliothèque de prêt ; c'est la bibliothèque centrale de l'enseignement primaire ; — la Bibliothèque de l'Opéra qu'il ne faut pas confondre avec la bibliothèque musicale de l'Opéra, c'est-à-dire avec la collection de partitions, copies de rôles, etc. Elle comprend 10.000 volumes et plus de 70.000 estampes {b) ; — la Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, riche d'environ 70.000 volumes et de plus d'un million de gravures, photographies, etc. (c) ; — la Bibliothèque de ro/jîce colonial, installée depuis 1899 au Palais Royal (galerie d'Oilcans), n'est encore qu'une toute petite bibliothèque fS.OOO vol.) ; elle rend cependant de grands services.

Une autre bibliothèque parisienne, mais qui, celle-là, n'appartient pas à l'Etat, peut être aussi rangée dans la catégorie do ces bibliothôquos semipubliques. Nous voulons parler de la Bibliothèque administratif e de la Préfecture de la Seine dont les collections, très complètes pour tout co qui a trait à l'administration (section française, 30.000 vol., section étrangère, 20.000 vol.), ont été fort bien aménagées en 1884, lors du transfert de cette bibliothèque à l'Hôtel de Ville (d).

[a) Rue Gay-Lussac, 41.

ib) Son budget annuel est de 6.000 fr. (acquisitions et reliure).

\c) Pour l'historique de cette bibliothèque, cf. Miintz, Guide de l'Ecole nationale des Beaux-Arts. pp. 130 et s. (Paris, s. d., in-S"). Le budget annuel de la Bibliothèque est de 6.000 fr. (acquisitions et reliure).

[d) Elle appartient au département de la Seine ; son budget annuel est d'environ 8.000 fr. (acquisitions et matériel) ; c'est de son service guo relèvent toutes les bibliothèques municipales de quartiers qui ont pris à Paris, depuis vingt ans, une très grande extension.

SECTION II

Bibliothèques publiques appartenant pour partie seulement à PÉtat.

I l*^ — Origine et histoire.

il n'est pas, en France, de ville quelque peu importante qui ne possède aujourd'hui sa bibliothèque (1).

La plupart de ces bibliothèques ont été formées au commencement du XIX® siècle avec les dépôts littéraires créés par les lois de l'époque révolutionnaire. A vrai dire, toutes nos bibliothèques publiques, à de très rares exceptions près (2), ont cette même origine ; le décret du 2 novembre 1789, qui mit à la disposition de la nation tous les biens appartenant aux communautés ecclésiastiques, produisit, entre autres conséquences, une révolution bibliographique dont toutes nos bibliothèques publiques, et plus particulièrement les bibliothèques communales, ressentent encore aujourd'hui les effets : leurs collections disparates sont de valeur très inégale et les livres les plus précieux s'y rencontrent au milieu de séries de théologie ou de jurisprudence n'offrant plus grand intérêt.

(1) Le plus souvent même, à côté des bibliothèques scientifiques et littéraires dont nous nous occupons ici, il existe des bibliothèques populaires. Organisées par les municipalités ou dues à l'initiative privée, comme par exemple les bibliothèques de la Ligue de l'enseignement, elles sont toutes créées dans un but de moralisation et de vulgarisation et sont aujourd'hui très nombreuses.

(2) A Paris, les quatre grandes bibliothèques nationales existaient avant la Révolution ; en province, Aix, Carpentrsis, Lyon, Orléans, et quelques autres villes possédaient aussi des bibliothèques publiques sous l'ancien Régime.

Le décret du 2 novembre 1789 fut suivi d'un très grand nombre de mesures d'administration ayant surtout pour but de faire constater par des inventaires le nombre et la valeur des richesses qui allaient désormais faire partie du domaine national.

On compte dix -huit décrets rendus dans ce but par rAssemblée constituante, l'Assemblée législative et la Convention.

Le premier de ces décrets fut rendu le 14 novembre 1789 et chargeait les propriétaires eux-mêmes des collections de faire les inventaires :

« Les monastères et chapitres seront tenus de déposer aux « greffes des sièges royaux ou des municipalités les plus « voisines, des états et catalogues des livres qui se trouveront « dans les dites bibliothèques... d'y désigner particuliè- « rement les manuscrits... »

Les religieux, on le comprend aisément, mirent peu d'empressement à dresser de pareils catalogues, et, peu de temps après, deux nouveaux décrets durent charger de ce soin les officiers municipaux et les assemblées de district (i).

Le travail n'avançait guère, s'il faut en juger par les nombreux décrets et par les multiples circulaires (2) qui furent envoyés en province à cette époque par l'Administration centrale ; des instructions très détaillées (3) sur la façon de procéder à la confection des catalogues furent également adressées aux assemblées de district par le Comité des Quatre Nations, commission de savants que s'adjoignit l'Assemblée constituante pour délibérer sur toutes les questions concernant les bibliothèques et les archives.

Malgré ces instructions pressantes, malgré l'autorisation donnée par l'Assemblée législative à son comité d'instruction

(1) Décrets du 26 mars et du 20 avril 1790. On trouvera la plupart des décrets que nous signalons ici dans le « Recueil de lois... concernant les Bibliothèques publiques » de M. U. Robert. Pour quelques-uns de ces textes, non encore publiés, nous indiquerons la cote des Archives Nationales.

(2) 13 octobre 1790, 2 janvier 1792, 8 pluviôse an II, 22 germinal an IL

(3) 24 mars, 15 mai, 8 juillet 1791. Celle du 15 mai 1791 mérite d'être citée comme un modèle.

publique de payer, sans plus attendre, les personnes employées à la rédaction des cartes du catalogue (1), la besogne était loin d'être achevée lorsqu'en 1792 vinrent s'ajouter à la masse énorme des livres et des manuscrits sortis des communautés religieuses les bibliothèques des émigrés (2). Il était cependant nécessaire de classer et de cataloguer toutes ces richesses pour le but qu'on se proposait : opérer un triage entre les volumes bons à conserver et ceux qu'on devait vendre et répartir les premiers entre les districts pour y former des bibliothèques publiques.

En province, un an après, il y avait si peu de livres catalogués et classés que le décret de la Convention du 8 pluviôse an II prescrivant (art. 2) aux administrations de district de proposer, parmi les édifices nationaux situés dans leur arrondissement, un emplacement convenable pour y établir une bibliothèque publique, ne semble pas même avoir reçu un commencement d'exécution. Il n'y a guère lieu de s'en étonner ; on était alors, en effet, à l'époque de la Terreur, et le moment était peu favorable aux paisibles travaux bibliographiques. Il y a plutôt lieu d'être surpris du soin, manifesté par de nombreuses circulaires, que prit alors la Convention pour assurer la conservation de toutes ces richesses.

Toutes ventes de livres furent interdites (3), défense fut faite d'utiliser à la fabrication des gargousses et des cartouches les parchemins, livres ou manuscrits, contenus dans les dépôts (4), défense également de mutiler ou d'altérer, sous prétexte de faire disparaître les signes de féodalité ou de royauté, ces livres ou ces manuscrits (5). Par le décret du 14 fructidor an II (31 août 1794), les bibliothèques et tous autres monuments de science et d'arts appartenant à la nation furent « recommandés à la surveillance de tous les « bons citoyens », et par celui du 9 frimaire an III (29 décembre 1794], il fut interdit d'établir « aucun atelier d'armes, de

(1) Décret du 2 janvier 1192.

(2) Par les décrets du 27 juillet et du 2 septembre 1792.

(3) Décret du 8 pluviôse an II (27 janv. 1794).

(4) Décret du 12 frimaire an II (3 décembre 1793).

(5) Décret du 4 brumaire an II (25 octobre 1793).

« salpêtre ou magasin de fourrages et autres matières comc bustîbles » dans les bâtiments où il se trouvait des bibliothèques.

A Paris, cependant, le triage et le catalogage des volumes s'accomplissaient avec soin et méthode, et, dès 1793, les livres qui formaient les dépôts littéraires purent être répartis entre les établissements publics (1).

La Convention, à la veille de se dissoudre, comprit qu'il n'était pas possible d'attendre plus longtemps en province la confection d'un catalogue et la répartition générale de cet amas formidable de volumes et décida la création immédiate de bibliothèques. Ce furent les bibliothèques des Écoles centrales (2); deux ans plus tard, le Conseil des Cinq-Cents, € considérant qu'il importe d'accélérer l'exécution des me- « sures propres à favoriser, par l'établissement et le compléte- € ment des bibliothèques, la propagation des lumières et de « faire cesser les dépenses inutiles pour la conservation des « livres qui doivent être soit répartis entre les bibliothèques, « soit aliénés par vente ou échange au profit de la Répu- « blique. . . (3) » autorisa les bibliothèques des Écoles centrales à puiser dans les dépôts littéraires.

Le plan conçu par l'Assemblée constituante, et qu'avaient repris ensuite l'Assemblée législative et la Convention, n'aboutit donc pas: la répartition générale entre les départements de tous les livres confisqués, après qu'un vaste catalogue en eût été dressé, était une entreprise qui demandait plus de temps et plus d'argent que n'en eurent les législateurs de cette époque. Ajoutons à cela que sous la Révolution, comme sous l'ancien Régime, sous le Consulat et même sous l'Empire, la centralisation administrative n'exista guère. La plupart des circulaires restaient sans réponse ou avec des réponses partielles et on ne s'en étonnait pas. Si l'organi-

(1) L'histoire des dépôts littéraires de Paris a été l'objet d'une intéressante étude de J.-B. Labiche, Notice sur les dépôts littéraires.

(2) Loi du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795). Cette loi, établissant une Ecole centrale dans chaque département, modifiait une loi précédemment rendue (7 ventôse an III, 25 février 1795), qui avait établi une Ecole centrale pour 300.COO habitants.

(3j Loi du 26 fructidor an V (12 septembre 1797).

sation des bibliothèques publiques, telle que la Législative et la Constituante l'avaient conçue, n'aboutit pas, la cause doit en être recherchée moins dans la négligence des individus que dans les circonstances exceptionnelles où Ton se trouvait à cette époque.

€ Quand on se représente ces circonstances, a-t-on dit, « quelques-unes tragiques et terribles, toutes difficiles, le c renouvellement simultané des institutions, puis la guerre c au dehors, la guerre au dedans, les passions déchaînées, la € nécessité presque quotidienne de sauver la Patrie et la Revoit lution également menacées, on s'étonne et on admire, non « pas que Tœuvre soit restée au-dessous du dessein, mais € qu'elle ait pu être conçue, entreprise et qu'un fragment, « même imparfait, en ait été réalisé (1)... >

En ce qui concerne les bibliothèques, le fragment imparfait qui nous est resté du plan primitivement conçu fut, à Paris, la création ou l'agrandissement des quatre grandes bibliothèques nationales et de nombreuses bibliothèques spéciales comme celles du Muséum d'Histoire naturelle, du Collège de France, du Conservatoire des Arts et Métiers, du Conservatoire de Musique, et, en province, la création des bibliothèques des Écoles centrales, devenues, depuis, bibliothèques des villes.

Ces bibliothèques furent formées de façon très différente : dans les villes où il se trouva un bibliothécaire zélé ou un bibliographe de profession pour choisir les volumes, la bibliothèque se trouva bien composée (2). Ce cas fut malheureusement assez rare, et les bibliothèques des Écoles centrales furent bien loin d'être aussi riches qu'elles auraient pu l'être; le droit accordé à la Bibliothèque Nationale de prélever dans tous les dépôts de Paris ou des départements les volumes

(1) Liard, L'Enseignement supérieur en France, tome I, p. 308.

(2) Dans certaines villes même, on mit à contribution les dépôts littéraires de Paris. Les Archives des dépôts littéraires (tomes XXII et XXIII), conservées à la Bibliothèque de 1 Arsenal, contiennent toutes les pièces relatives à la constitution des bibliothèques des Ecoles centrales de plus de quarante déparlements de la France du Consulat et du premier Empire.

qu'elle ne posséderait pas (1), et les nombreuses restitutions qui furent accordées aux anciens émigrés, à leur retour en France, vinrent encore les diminuer.

Malgré leur nom de « Bibliothèques des Écoles centrales », c'étaient de véritables bibliothèques publiques ouvertes à des jours déterminés; elles fonctionnèrent tant bien que mal pendant quelques années, de l'an IV (1795) à l'an X (1802). En floréal an X, en effet, les Écoles centrales furent supprimées et remplacées par des lycées (:2) ; en réalité, elles survécurent, dans plusieurs villes, à la création des lycées, mais leurs bibliothèques furent, peu de temps après, par un arrêté consulaire du 8 pluviôse an XI (28 janvier 1803), mises à la disposition des communes à charge pour celles-ci de les entretenir et de payer le traitement du conservateur ; les bibliothèques communales étaient fondées.

Ces bibliothèques communales, dont les unes étaient complètement organisées, dont les autres étaient en voie de formation à l'aide des dépôts littéraires et qui furent confiées aux villes, que devinrent-elles ?

Un très grand nombre d'entre elles restèrent dans l'état où elles se trouvaient en 1803 ; leurs collections, exposées parfois à toutes les intempéries, restèrent inorganisées et périrent en partie par la négligence des villes.

Ce n'est pas, comme on l'a répété souvent, durant la période révolutionnaire que les collections subirent les pertes les plus importantes, mais, postérieurement, dans les dernières années

(1) Chartres et Lyon, en 1194, Tours, en 1795, durent expédier k la Bibliothèque Nationale des livres et des manuscrits précieux. Cf. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, tome II, pp. 11 et s., et Mortreuil, La Bibliothèque Nationale, son origine et son accroissement jusqu'à nos jours (Paris, 1878, in-8), pp. 131 et s. En 1803, "75 manuscrits, déposés à Amiens, furent transférés k la Bibliothèque Nationale (Catalogue général des manuscrits, Départem,ents, tome XIX, p. vu).

C'est aussi dans le but de compléter les collections de la Bibliothèque Nationale que Chardon de la Rochette et Prunelle furent chargés, quelques années plus tard, de 1801 à 1805, de parcourir les bibliothèques des départements. Pour plus de détails sur cette mission, qui n'eut pas lieu avec toute la régularité désirable, cf. Loiseleur, Les Bibliothèques communales^ pp. 31 et s., et Aug. Bernard, dans le Cabinet historique (1856), tome II, 1" partie, pp. 105 et s.

{% Loi du 11 floréal an X (2 mai 1802) surTinstruction publique, art. 92.

du xvm^ siècle et pendant presque toute la première moitié du

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