DE FAIT, LE CONSEIL A-T-IL ERRÉ
Maintenant, quel est donc, nous le demandors, cet acte du Conseil Législatif qui a pu justifier tant de prudes reclamations de la part de certains conservateurs importants, et qui a mérité de si solennelles reprobations ? Eh bien! La chose est à peine croyable : C’est pour avoir affirmé par un vote, ce que eux-mêmes ont vingt fois affirmé par leurs propres votes : c’est pour avoir décidé ce que eux-mêmes ont cent fois proclamé dans leurs discours; c’est, en un mot, pour avoir partagé leurs vues sur le mérite de l’administration précédente, que les Conseiliers Législatifs sont condamnés !
Mais, dit-on, si nous les condamnons, c’est pour venger les droits du peup'e !
C’est que, voyez-vous, la Majesté de l’Assemblée des représentants du peuple a été outragée !
—Ei comment cela, s’il vous plait ?
—Parce que l’Assemblée, elle, avait voté les subsides!
J'étais moi-même (et nous supposons que ce soit un conservateur qui parle ici, un membre de l’Assemblée Législative. un ministre même, un homme éminent, confit dans le constitutionalisme le plus pur), j'étais moi-même d'opinion que Je Gouvernement Joly avait accumulé méfait sur méfait, illégalité sur illégalité, inconstitutionalité sur inconstitutionalité ! J'étais certain qu’il ne représentait pas l’opinion de la majorité du peuple ; qu’il avait gouverné longtemps sans être même appuyé par la majorité de l’Assemblée ! Le verdict solennel des élections générales, suivi de celui de la majorité de l’As-
semblée, avait flétri son origine, comme ses premiers jours ‘
d'existence ! Malgré la trahison du député des Trois-Rivières, et la défection de son congénère du Saguenay, le vote du
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