‹ Nos chambres hautes [microforme]Chapitre 2 sur 61 · NOTA · texte numérisé non relu

NOTA

Pour traiter convenablement cette question de nos Chambres Hautes, il eut fallu écrire un volume considérable, Les exigences journalières de notre profession et d’autres préoccupations, plus absorbantes encore, ne nous permettaient pas d'entreprendre un tel travail. Le cadre que nous nous étions tracé dès le début était d’ailleurs fort restreint : Le 25 Novembre dernier, le CLUB CARTIER discutait la question de l'abolition du Conseil Législatif, Nous eûmes alors l'occasion de faire, à messieurs les membres de cette société, quelques observations que l’on nous pria ensuite de livrer à la publicité, nous assurant qu’elles pourraient servir à détruire quelques uns des préjugés qui existent contre le Conseil. Nous nous sommes d’abord appliqué à reproduire la substance de ces observations : elles forment la première partie de cette brochure, Nous y avons ajouté quelques notes historiques recueillies antérieurement sur les Chambres Hautes, et nous les avons accompagnées de réflexions découlant naturellement du sujet et des circonstances où se trouvent aujourd’hui ces Chambres : c’est la matière de la deuxième et de la troisième partie. Le tout, écrit à la hâte et au jour le jour, a conservé le ton de la discussion.

Nous y avons effleuré nombre de sujets que, naturellement, nous n'avons pu traiter à fond dans un nombre de pages aussi restreint. L’on comprendra, par exemple, qu’en donnant, sur le coût des Sessions des sept Législatures locales et celui d’une Session sous l'union législative, quelques chiffres de comparaison, nous n'avons pas voulu faire de la statistique, mais seulement indiquer l’un des aspects de la question.

Il en est de même à: la question nationale : Nous avons voulu simplement faire comprendre à ces gens à qui un siècle d’enseignements n’a rien appris, qu'après avoir combattu victorieusement pour conserver son héritage national, alors qu’il formait à peine 60,000 colons pauvres et délaissés, le peuple Canadien-Français n’ira pas sacrifier cet héritage, maintenant qu'après cent ans de luttes il se trouve plus d’un million, fort de ses droits, de ses institutions solidement établies et de toutes les prérogatives d’un peuple libre ; et que c’est folie de songer à son anihilation.

Inutile de faire observer que nous n'avons pas la prétention d'offrir au public un ouvrage didactique sur les Chambres Hautes ; les pages qui suivent ne renferment pas même la plupart des notions les plus élémentaires sur le sujet.

Nous aurons atteint notre but, si nous réussissons à faire apprécier l’importance de ces Chambres, au point d’induire nos hommes publics à étudier à fond la nature de leurs attributions, et à leur faire la place qu’elles ont droit d’occuper parmi les institutions politiques du Canada.

Montréal, 25 Décembre 189.

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