‹ Nos chambres hautes [microforme]Chapitre 3 sur 61 · F. X. A. TRUDEL · texte numérisé non relu

F. X. A. TRUDEL

P. S.—Nous indiquons à la dernière page quelques erreurs que nous avons constatées depuis l'impression de cette brochure.

eut | Fe PREMIÈRE PARTIE. | {

s le ja Faut-il abolir le Conseil Législatif ?

‘Va- Iles £ te ,

le Les derniers événements de notre monde politique viennent dés d'imposer à tout ami de son pays, l'examen sérieux de cette ons question : Faut-il abolir le Conseil Législatif ? res De prime abord, un tel sujet peut ne paraître pas affecter ent sensiblement nos intérêts nationaux, et ne pas dépasser la hs mesure d’un intérêt purement provincial. Mais il ne faut pas

F le méditer longtemps pour de s’apercevoir qu’il revêt les pro- | pu portions d’une grande question sociale, nationale et d'intérêt par majeur pour toute la confédération.

s et Demander s’il faut abolir le Conseil Législatif, c’est demanon, der si nous devons abandonner tout gratuitement, détruire des sans nécessité, l’une des sauvegardes les plus efficaces de notre ee nationalité ; c’est demander si nous devons abolir toutes Champese bres hautes,altérer le caractère de nos institutions canadiennes, nal, de manière à leur donner le cachet d’une démocratie popula- : via cière, et descendre plus bas, vers la démagogie, que n’ont ôsé s de e faire les républiques les plus démocratiques. ideolie L blic CE QUI À NÉCESSITÉ LA CRÉATION DU CONSEIL LÉGISLATIF ee Lorsque nos hommes d'état jetèrent les bases de la confédé-

ration, le sentiment qui paraissait dominer dans toutes les

a Provinces, excepté Québec, était en faveur d’une Union Lé-

gislative :

Pour Ontario et les Provinces maritimes, ce mode d'union se recommandait surtout par une raison d'économie qui leur paraissait évidente :

Un surcroit de dépenses administratives devait, pendant quelques années du moins, résulter nécessairement du système | fédéral :

Au lieu d’un seul gouvernement à organiser, l’on décrétait

ons

de suite la création de cinq rouages d'administration :éparés :

Cinq gouvernements distincts |

Et si l'idée fédérale prévalut, c’est dû à la Province de Québec qui, à aucun prix, n'eut accepté l’Union Législative.

Pour Québec, il y avait tout un monde d'intérêts sociaux, religieux et nationaux qu'elle ne pouvait songer, pour un instant, à confier à une majorité de race, de croyances, de mœurs essentiellement différentes de celles de la grande majorité de sa population, quelque bien disposée que cette majorité pût être à notre égard. |

Qu'elle n'eut voulu, sous aucune considération, acrepter une elle union, notre Province l'avait prouvé en luttant, avec toute l'énergie des luttes à mort, contre la Représentation basée sur la population.

Le système fédéral eut pu s'organiser en concentrant, sous le gouvernement général, toutes les matières d'importance supérieure ou d'un haut intérêt social et économique, laissant au contrôle des législatures locales les matières d'ordre inférieur, de manière à n’en faire que de grands conseils municipaux.

Mais alors Québec refusait l’anion, parceque cette fédération eut équivalu, pour elle, à l’Union Législative; et alors, adieu la confédération !

Car ce n’était pas les matières d'ordre inférieur, et de simples intérêts municipaux, que notre Province voulait avoir sous son contrôle exclusif. Ce que voulait Québec, c'était de voir placés, sous la jurisdiction de la Législature Provinciale, et par conséquent, sous sa sauvegarde exclusive, tous ses intérûts les plus chers au point de vue social, religieux et national, c’està-dire, la plus grande partie des intérêts majeurs qu’il importe à un peuple de sauvegarder.

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