‹ Nos chambres hautes [microforme]Chapitre 27 sur 61 · LE PRINCIPE DES CHAMBRES HAUTES CONSACRÉ PAR LA RAISCN · texte numérisé non relu

LE PRINCIPE DES CHAMBRES HAUTES CONSACRÉ PAR LA RAISCN

Et d’abord, l'existence des Chambres Hautes est basée sur la raison et répand à la nature de notre être.

Depuis six sasie ans que le genre humain se livre au travail pénible de pourvoir au gouvernement des différentes nations qui le composent, il est sans-cesse venu se heurter aux mêmes obstacles, et répéter des milliers de fois, à ses dépens, la triste expérience de ses faiblesses et de ses illusions. Presque toujours, les conceptions brillantes et les dévouements généreux ont abondé. Alternativement, l’on s’est laissé emporter, par l'enthousiasme, sur les pas d’un héros revêtu du prestige de la gloire et du génie; ou bien, les théories captieuses de la souveraineté du peuple ont séduit les esprits, et l’on a remis les destinées d’une nation entre les mains du peuple lui-même, admettant chaque citoyen à venir mettre la main au gouvernail de l'État.

Et le héros se changeant en tyran; et la multitude suivant

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les inspirations d’un enthousiasme inexpérimenté, plutôt que les dictées de l'expérience et de la froide raison, l’on a été continuellement belotté, sur la mer des passions humaines, et sans cesse rejetés du despotisme à l'anarchie, et de l'anarchie au despotisme.

L'histoire est là pour nous présenter cent fois ce spectacle :

C'est, par exemple, la république d'Athènes qui exile Aristide, force Socrate à boire la ciguë, fait assassiner Périclès et subit ensuite les lois de Philippe. C'est Rome, chassant Tarquin, pour devenir ensuite la proie des factions et, après s'être donnée à César, retomber, peu de temps après, sous le joug des Tibère, des Nérou, les Caligula.

Il a bien fallu comprendre que la sagesse de l’âge mur et l'expérience des cheveux blancs, appuyées sur la propriété, et ayant la science des hommes et des choses pour guide, avaien des droits imprescriptibles à prendre part au gouverment des natioi Et qu'entre les entrainements de la multitude et la volonté d’un seul, cette volonté fut-elle même celle du génie, il fallait un pouvoir modérateur, un contre-poids capable de tempérer les excès de l’un et de l’autre.

C'est là le principe de la formation des Chambres Hautes.

Mais, à leur tour, elles ont acquis, en certains cas, une prépondérance exagérée; et il s’est trouvé des gouvernements aristocratiques qui, après avoir exclu, à la fois, tout principe monarchique, de même que tout élément démocratique, sont tournés au despotisme de laristocratie.

‘Tout pouvoir, qu'il soit monarchique, aristocratique ou ‘ démocratique, tend fatalement au despotisme ; c’est ce qui “avait fait prévaloir le principe de la dualité dans la puis- ‘ sance législative.” (1).

L'on voit de suite la raison majeure qu'il y * de tenir l’équilibre parfait entre ies trois principaux éléments de gouvernement qui existeut dans toute société organisée.

(1) Encyclop. du XIX siècle. Vo. Sénat.

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