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LES CHAMBRES HAUTES RÉPONDENT A LA NATURE DE NOTRE ÊTRE

De la nature de l’homme, résulte encore la nécessité des Chambres Hautes dans les gouvernements.

Les hommes naissent 11égaux :

Les uns ont, en partage, la richesse ; les autres, la pauvreté. Celui-ci a son berceau placé sur les marches d'un trône; le chaume abrite la naissance àe celui-là.

Mais il y a une autre cause plus incontrôlable encore de l'inégalité des conditions dans la société : IL y en a qui naissent faibles, avec un tempérament maladif ; d’autres ont reçu de la nature une forte constitution, une organisation physique parfaite. Ceux-ci sont doués de tous les avantages de la beauté, d'une belle intelligence, de toutes les qualités du cœur et de l'esprit, de la puissance même du génie : le créateur les a faits évidemment pour les grands rôles de la société humaine ; les facultés intellectuelles de ceux-là sont bornées: et rien dans leur être, soit au point de vue des avantages physiques, soit sous le rapport des qualités de l’âme, ne leur permet de prétendre à autre chose qu'aux fonctions les plus modestes. Aux uns, le courage, l'énergie, l’activité, une habileté remarquable qui, en toutes circonstances, leur assure le succès ; aux autres, l’indolence, la timidité, une inhabilité évidente qui les rend impropres à toute fonction. Ajoutez à cela les différences immenses dans l'éducation domestique et la culture intellectuelle. Viennent enfin les malheurs de toutes sortes, les accidents, les infirmités corporelles et mentales, les mœurs, les habitudes, les vices surtout !

Et il devient évident que l'inégalité des conditions découle inévitablement de la nature de notre être. C'est de là que découlent les lois de la justice distributive.

Il n'y a pas à regimber contre cet état de choses! Dieu qui en est l’auteur l’a voulu ainsi. En créant les hommes aussi diversement doués, il à, par là même, décrété une inéga-

lité capitale dans les conditions de la vie.

De cette diversité si grande de talents, de facultés, de iorces physiques, intellectuelles et morales, résulte nécessairement

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des succès inégaux dans l'acquisition du rang social, des titres, des richesses, du respect et de l'amour de ses concitoyens et de l'autorité morale à exercer sur leur esprit. Et les classes dirigeantes formées de ceux qui exercent les professions dites libérales, qui sont placés au sommet du commerce, de l'industrie, de la navigation, qui remplisent toutes les plus hautes charges de l'Église et de l'État, doivent se recruter parmi les uns, à l’exclusion presque complète des autres.

De. là résulte nécessairement, dans tous les pays, une aristocratie de l'intelligence, du savoir et de la vertu, aussi bien qu'une aristocratie des titres et de la richesse.

Et dès que, dans un état, l'on repousse le despotisme absolu, c’est-à-dire, le gouvernement arbitraire d'un seul, et que la nation est appelée à intervenir dans la direction des affaires publiques, pour protéger les intérêts multiples de tous, l'on admet, par cela même, le principe des Chambres Hautes.

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