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“ nant des titres ou à des questions relatives à des lois con- “ cernant des immeubles, dans la Province de Québec ; Lois “venant de la France, lesquelles ne sont pas familières à la ma- “€ jorité des membres de la Cour Supréme, non plus que la langue * française ; et qu'un appel au Conseil Privé de Sa Majesté, ‘“ des Cours de la dite Province, offre, sous ces rapports, un “ tribunal plus satisfaisant aux habitants du Bas-Canada. Et ‘ qu'il n’est pas sage de les priver du droit dont ils jouissent “aujourd’hui sous ce rapport.” (Débats de 1878, p. 1003).
Encore une fois, comment Mardochée et ses disciples pourront-ils conclure, après cela, que c’est aux Communes, exclusivement, que sont protégés nos intérêts nationaux ?
Nous pourrions multiplier ces preuves : faire connaître, par exemple, l'influence prépondérante que le Sénat a exercée dans la politique concernant le Pacifique, politique où la Province de Québec a en jeu des intérêts se chiffrant par des millions ; montrer comnient nos représentants au Sénat revendiquèrent les franchises électorales des catholiques de lTsle du Prince Edouard, sacrifiées par un bill passé à l'unanimité aux Communes, et réussirent à les faire rétablir, grâce à l’esprit de justice et de libéralité de leurs collègues protestants dans cette Chambre, tandis que nos représentants aux Communes, eux, ne pouvaient rien auprès de la majorité protestante de cette Chambre, pour faire rendre justice à nos co-religionnaires du Nouveau-Brunswick.
Mais nous en avons dit assez pour démontrer combien les Mardochées passés, présents et futurs se trompent, quand ils veulent concentrer toutes nos forces dans les Communes, sous prétexte que là seulement il y a lieu de défendre et de sauvegarder nos intérêts nationaux et provinciaux.
Autre causé, plus déplorable peut-être, de l’'amoindrissement des Chambres hautes. Dans tout pays de régime ronstitutionnel, l’on est impitoyable pour toute faute politique, lorsqu'elle est aperçue, même quand elle est avouée : C'est qu’il y a toujours là un parti hosiile, décidé à en tirer parti. Il s'ensuit qu'un homme politique important n’avoue pas s'être trompé. Quelquefois même, plutôt que d'admettre qu'il a eu tort, il tâchera de pallier une faute par une autre faute plus lourde
encore.
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Ainsi, le lendemain du triomphe de Mardochée, l’auteur de son avancement vit bien qu'il avait commis une bévue, en prenant au sérieux ses deux principes.
. ; SR Ai le bon Que faire ? Affirmer hardiment comme vraies, indispensa- œuvre bles au bonheur de la nation, proclamer comme raisons Hs d
d'Etat les doctrines Mardochéennes ! Pas d'autre moyen d'en
Il nous parait y avoir un triple remède à cet état de choses : triple remède qui aurait l'effet de fortifier, en ce pays, les
À RUE nt UE 2 e”. on sortir { * J'ai écrit,” s'est-il dit comme Sangrado, cette doc- Lincl à trine-là, dans les archives de l’Eta: ! ne Î RS + ver l ! Et voilà un bon patriote, un homme d'Etat précieux, con- Qu a damné pour la vie à traîner, comme un boulet, une erreur vul- ue | } gaire, au détriment de l'intérêt public, de sa popularité, de sa Abe conscience peut-être... pour justifier le principe de Mardo- p Où
chée, et travailler, à contre-cœur, à la démolition des Cham- L’
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les vrais principes conservateurs, de rendre justice au mérite, . de sauvegarder Pintérèt public, en lui assurant les services des ae hommes les plus capables de le servir, et cela, tout en rendant | à nos Chambres hautes l'autorité, le prestige, l'efficacité dont l'A elles ont besoin pour répondre à leur but, et pour assurer un “a équilibre parfait enire les trois pouvoirs publics de gouver- gl nement. at
Nous avons démontré sur quelle pente rapide nous glis- : g: sons vers la démocratie, même, vers la démagogie la pius de populacière. r
Or, est-ce bien là le devoir de nos hommes d'Etat, que de ï nous laisser aller ainsi à la démocratie ? Nous ne le croyons ;
pas: novs le leur disons franchement et nous le leur dirons en toute occasion. Ce n’est pas la moindre partie de la tâche à eux dévolue par la Providence, que celle de consolider, en ce pays, des institutions monarchiques, des institutions qui assurent au Canada les bénéfices recueillis par l'Angleterre et les piincipaux Etats de l’Europe, des principes par lesquels ils ont été régis durant des siècles.
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Ils ont jeté les bases d'un grand empire sur ce continent ; et ce qu'ils ont fait peut, à leurs yeux, suffire à leur gloire.
Mais qu'ils le sachent bien ! Cela ne suffit pas pour assurer le bonheur de leur patrie. Ils n'ont pas le droit de laisser leur œuvre inachevée.
Is ont élevé la charpente de l'édifice social en Canada ; ils e”. ont même assis les bases sur les solides fondements des principes monarchiques ; mais il s'agit, pour eux, de parachever l'édifice.
Qu'ils veuillent bien y songer, et ne pas laisser incomplète leur grande œuvre, ni refuser d'acquérir tous les titres qu’ils pourraient avoir à la reconnaissance de leurs concitoyens.
On parle d'indépendance et d'annexion :
L’Angleterre croira-t-elle de son intérêt de faire, à la plus importante de ses colonies, la place qui lui convient, et de lui permettre de continuer indéfiniment une union si avantageuse pour la gloire de l’Empire Britannique et pour le profit matériel des äeux pays ? Comprendra-t-elle qu'après avoir émancipé le Canada, comme elle la fait, il est devenu de son devoir de le faire participer à ses traités de commerce avec les autres nations, ou de le meitre en position de faire lui-même les traités que requièrent les développements de son agriculture et de ses industries ?
Notre loyauté n’admet pas la possibilité d'un conflit avec l'Angleterre, sous le rapport de nos relations politiques et de notre allégéance comme possession britannique. Mais lAugleterre nous à fait indépendants au point de vue économique et commercial ; indépendance que, certes ! nous avons bien gagnée ! indépendance nécessitée par notre position vis-à-vis les Etats-Unis. Cette indépendance nous donne le droit (droit reconnu par l'Angleterre) de débattre nos intérêts matériels, même à l'encontre de l'Angleterre, comme à l'encontre de tout autre pays. |
Il peut donc arriver que, dans un avenir plus ou moins éloigné, le conflit des intérêts matériels amène notre séparation, de consentement mutuel, d'avec la métropole.
Or, dans une telle occurence, qu'adviendra-t-il du Canada ? Que nous réserve la Providence ? Nous ne le savons pas. Mais nous avons foi dans nos destinées. Notre passé est irop glo-
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rieux pour que nous allions nous absorber obscurément dans la république voisine, pour suivre cet astre démocratique en qualité de satellite de dixième ordre.
Advenant donc l’indépendance, nos institutions monarchiques seraient-elles suffisamment affermies pour permettre au Canada de résister victorieusement aux influences presqu'irrésistibles de la grande république ? influences auxquelles ont sitôt cédé les Etats de constitution monarchique qui l’avoisinaient immédiatement du côté du Sud.
Nos homnies d'Etat Canadiens n’ont pas le droit d’être indifférents à une telle perspective. C'est à eux de pourvoir à de telles éventualités. Ceux qui nous gouvernent aujourd'hui
sont, pour nous, des hommes de principes, des chefs respectés.
que nous sommes accoutumés à voir, en toute occasion, arborer le drapeau de la monarchie et en proclamer les principes, avec enthousiasme. Leurs adversaires eux-mêmes ne laissent échapper aucune occasion d'exprimer leur dévouement à la royauté, dans la personne de notre gracieuse souveraine. L'on ne nous fera jamais croire que ces principes soieni des principes d’apparat, un attachement de convention aux institutions qui nous régissent. C’est pourquoi, nous ne voyons
aucune probabilité d’annexion. Nous avons le ferme espoir
que, du moment où le Canada sera mûr pour l'indépendance,
les institutions conservairices seront tellement enracinées dans.
le cœur de notre peuple, que nous ne courrons aucun risque d'aller sombrer dans le gouffre de la démocratie contemporaine.
Mais, pour qu'il en soit ainsi, il faut donner à ces institutions conservatrices tout le développement dont elles sont susceptibles, d’après l'esprit de la constitution.
Or, il nous parait évident que le meilleur moyen d'arriver à ce but, et en même temps, d’assurer à notre pays les services des hommes les plus compétents à prendre part, soit à la législation, soit à l'administration des affaires, serait de faire de nos Chambres hautes le lieu de réunion du plus grand nombre de ces hommes, ainsi que la chose se pratique dans les principaux Etats de l'Europe.