SA MAJESTÉ NAPOLÉON III
Réponse faite par un étranger à un Français.
C’était en effet un étranger à la langue et au patriotisme français qui me répondait.
Je le nommerais encore une fois, car son nom a été pilorié en 1871, s’il n’était pas coupable d’un méfait plus grave. Cette brochure était moins destinée à consoler les Français de mon jugement sur l’Empereur, qu’à convaincre les Belges de la nécessité d’adorer Napoléon III. On trouva en effet, avec la brochure imprimée, un long mémoire, danslequel ce jeune belge exposait à l’Empereur les moyens d’annexer la Belgique.
Le mémoire, plein de vilenies à l’égard de son pays, attestait de la part de cet officieux plus de vocation pour le métier de parasite que pour celui d’écrivain, d’historien et de patriote.
J’espère qu’il s’est repenti. Quant à Napoléon III, c’est un trait final à ajouter à sa physionomie de rêveur naïf que cette attention prêtée par lui à une billevesée, que ce soin de conserver un factum inepte et odieux. L’Empereur en le trouvant bon à mettre en son cabinet, avait tranché dans le
sens d’archives la question soulevée par Alceste. Voilà pourquoi on a trouvé parmi les papiers des Tuileries, soigneusement conservés, tant de brimborions, de politique lrivole et tant de sonnets d’Oronte.
LAMARTINE
SOUVENIRS
J’ai été tenté de refaire ce portrait, qui a été le second de la série, de l’augmenter, d’y ajouter ce que j’ai écrit ailleurs, notamment dans l’introduction aux Œuvres oratoires de Lamartine1', mais j’ai craint de ne pouvoir plus m’arrêter.
Je réserve pour des souvenirs littéraires que je veux toujours entreprendre et que j’ajourne toujours, ne trouvant pas le loisir de me souvenir, mes effusions complètes à l’égard de Lamartine.
Encore me faudrait-il, pour ne rien omettre, lui consacrer un volume entier; tant il me semble