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un soutien mutuel, et oublient même, dans cet esprit, jusqu'au préjugé de la couleur. Au sein des familles, la solidarité engendre des miracles de dévouement. Mais elle franchit cet étroit dor maine et s'étend à tous les membres de la même communauté locale, prévenant et dissipant les misères. Gr&ce h elle, on peut dire qu'il n'y a point de pauvres, de gens absolument dénués du nécessaire, dans nos colonies.
Voilà, dans leur ensemble, les traits qui caractérisent la physionomie créole. Mais il y a des variantes. Nos colonies n'ont pas traversé de la même manière l'épreuve de la période révolutionnaire et celle de Taffranchisement définitif des esclaves ; elles n'ont pas des intérêts exactement similaires, ni la même aptitude à l'assimilation métropolitaine. Le créole de la Réunion est peut-être celui dont les habitudes se rapprochent le plus des nôtres ; il est généralement instruit, habile en ses intrigues. Le créole martiniquais est le plus remuant : il est actif, énergique, et c'est par lui que la Guyane se soutient, depuis le reflux dé sa population vers les mines de l'intérieur ; c'est aussi celui qui me parait susceptible des plus grands écarts... vis-à-vis de la mèrepatrie, et qui conserve le plus vivaces les rancunes et les haines du préjugé de la couleur. A la
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Guadeloupe, on retrouve bien des tendances analogues, mais elles demeurent plus sourdes : la terrible main de Yictor Hugues a pesé sur la population, et ce qu'elle a épargné n'a pas échappé à. Ténervement de l'administration d'un Lacrosse et de quelques autres gouverneurs aussi maladroits ; chez le blanc, comme chez le mulâtre, on ne retrouve pas la même ardeur qu'à la Martinique, et le nègre lui-même semble plus apathique et moins producteur.