AmieX, Journal intime i p
d'en saupoudrer élégamment sa vie. Cependant ces plaisirs s'émoussent comme toutes les ivresses : un chagrin frappe, la vieillesse vient, on se sent homme, on voit s'éveiller en soi un immense besoin d'aller aussi prier obscurément dans les recoins des églises et d'y déposer sa souffrance et de savoir qu'on est écouté.
« Mais c'est Dieu maintenant qui le traite ironiquement, en égal, qui discute et raisonne et lui renvoie les questions qu'il lui posait et le promène en raillant par la chaîne des cercles vicieux qu'il avait forgés. Alors son orgueil s'écroule enfin, il sent peser sur lui, comme un poids matériel, le vide dont il s'est entouré et qui l'absorbe. »
Triste et inévitable châtiment de ceux qui, ayant quelque science ou ayant peu de savoir, ont voulu vivre en se grisant de leurs pensées. En ce monde, il y a autre chose que la pensée, il y a le cœur avec ses sentiments. Nous ne comprendrons jamais les réalités supérieures, ni les réalités profondes d'icibas, qu'en allant, avec notre intelligence et notre cœur, vers la vérité. Les vérités morales qui seules font notre grandeur, en élevant notre vie, ne se livrent pas à ceux qui les cherchent dans l'orgueil de leurs pensées. Elles ne se découvrent qu'à ceux qui les poursuivent, en les aimant d'un cœur sincère.