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LES DROITS DE L HOMME ET LE SENSUALISME

Cette théorie de laj ustice et du droit n'a pas été admise partous les philosophes et il est facile de comprendre pourquoi. Elle repose, eii effet, sur l'existence de la raison considérée comme faculté de l'absolu, et delà volonté envisagée comme faculté de l'effort, c'est-àdire sur la réalité etla dignité de la personne humaine. Par conséquent, elle a dû être rejetée par un bon nombre de penseurs, notamment par les sensualistes, qui suppriment la raison et la volonté, et par les traditionalistes, qui ne négligent rien pour les amoindrir.

Tout le monde sait avec quelle audace le droit a été nié par le sensualiste Hobbes. Il le mettait à la merci de la force, car il accordait au prince un pouvoir illimité sur la vie, l'honneur, la liberté et la propriété des sujets. Les réformateurs de notre temps, nourris des doctrines sensualistes du siècle dernier, ne lui ont pas été plus favorables. Charles Fourier , qui substitue à la raison et à la volonté les sens et l'attraction passionnelle, appelle nettement les droits de l'homme des sornettes renouvelées des Grecs ; Saint-Simon, qui regarde l'homme comme une petite machine analogue, suivant ses expressions, à la grande machine de l'univers, organise la sociétémécaniquement et ne se préoccupe pas plus des droits

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