DROITS DE L'HOMME ET J. DE MAISTRE
et celle de descendre du général au' particulier. Or toutes ces facultés impliquent une certaine connaissance delà raison des choses que les bêtes, avec leur intelligence tout empirique, ne possèdent pas; car, si ellesvoient les faits, le pourquoi leuren échappe. Tous les hommes ont, en outre, le pouvoir de s'emparer de leurs facultés etdelesdirigeràleurgré vers tel objet ou vers tel autre; ils ont le pouvoir de résister aux sti ululations de leur sensibilité et de n'obéir qu'aux lumières de leur raison. Or, chez les animaux, il n'y a rien de semblable. Concluons donc que, s'il n'y a pas unité physique, il y a du moins unité morale dans l'espèce humaine, c'est-à-dire que tous ceux qui en font partie possèdent en commun certaines qualités que les autres êtres animés ne possèdent pas. Ce sont ces qualités qui constituent leur nature spécifique et font qu'ils ont tous les mêmes devoirs et les mêmes droits.