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nom de la fraternité physique des hommes, mais encore au nom de leur fraternité morale, qu'il frappe l'esclavage de réprobation : « Il n'y a, dit-il, d'esclave naturel que celui qui ne participe pas à la raison ; or, cela n'est vrai que des brutes, non des hommes. L'âne est un esclave destiné par la nature à porter nos fardeaux, parce qu'il ne participe point à la raison et n'a point l'usage de la volonté. Si ce don lui eût été fait, l'âne se refuserait justement à notre empire et serait semblable et égal à nous l . » — Tout ce qu'on peut dire de plus fort, tout ce que nous disons nous-mêmes contre l'esclavage est contenu dans ces énergiques paroles.
Les docteurs chrétiens ont été moins contraires à l'esclavage que les philosophes stoïciens ; et si le christianisme a contribué, comme tout le monde en convient, à détruire cette institution, c'est plutôt par son grand principe de la fraternité humaine et par son esprit général, qui est un esprit de douceur et d'humanité, que par son enseignement particulier sur cette matière. Saint Paul recommande, en effet, aux esclaves d'obéir à leurs maîtres avec crainte et tremblement, comme à Jésus-Christ lui-même; saint Augustin voit dans l'esclavage, comme dans les autres maux de la vie, une juste punition du péché originel qu'il faut supporter avec patience et qui doit durer autant que l'espèce humaine. D'autres grands docteurs, parmi lesquels il suffit de citer Bos-
1 Arrien, Entretiens d'Ëpictète, II, 8, 10.