IL FAUT MAINTENIR NOS ÉCOLES
Pour ma part, tout en signalant des réformes importantes à faire, je n’hésite pas à opiner en faveur du maintien de nos trois écoles actuelles d'agriculture, et je crois qu'il est très urgent que le gouvernement donne au plus tôt la garantie de leur maintien pour l'avenir, à des conditions acceptables de part et d’autre.
Il faudrait, comparativement, peu de choses pour que la province retirât de ces institutions les meilleurs résultats, situées, comme elles le sont toutes trois, aux centres des trois principaux districts du pays, étant différentes par la nature du sol, par le climat, par les marchés, et même par les habitudes de ia population.— Tous, ou à peu près tous les cultivateurs de cette province sont directement intéressés au succès de ces institutions, et ils devraient pouvoir trouver, dans l’ane ou l’autre de ces écoles d'agriculture, les enseignements
qui peuvent convenir à leurs circonstances particulières. Dans ce but, le public a lieu d'attendre de chacune d'elles, 1. Que leur système de culture soit tout-à-fait modèle, c’està-dire qu’il donne, en argent, des profits incontestables, tout en améliorant de plus en plus le sol, au lieu de l’épuiser comme le font la plupart de nos cultivateurs; 2. Qu'on y fasse graduellement, mais d'année en année, et avec suite, toutes les améliorations foncières et autres que demandent les circonstances, en vue toujours des meilleurs bénéfices nets à en obtenir, aussi bien que des enseignements si précieux qui découleront de ces pratiques améliorantes; 3. Que l’enseignement donné aux élèves soit tout à fait approprié aux circonstances dans lesquelles se trouvent nos cultivateurs, et en rapport avec les moyens financiers dont ils disposent; 4. Que les moyens nécessaires soient pris pour faire connaître aux cultivateurs tout ce qui les intéresse dans ces écoles.
De leur côté, les écoles ont droit d’exiger, 1. Un secours pécuniaire en rapport avec les dépenses qu’elles sont obligées de faire pour donner aux élèves et aux cultivateurs du pays les enseignements qu’on en attend ; 2. Une garantie de stabilité dans les octrois nécessaires, afin de pouvoir retrouver, davs l’avenir, le capital qu’exigent les améliorations foncières considérables qui sont indispensables à un bon enseignement, même élémentaire ; 3. Une entente et un contrôle aussi constant et aussi direct que possible entre le gouvernement qui subventionne ces écoles et leurs directeurs.