VIT
orgueil de la raison, les sophismes de l'intelligence et è la volonté, les préjugés de l'Education, de la nation et h siècle, vaincus, tout ne sera pas fini. Il faudra de plus ouver le temps et la vraie méthode d'étudier.
e temps de se recueillir et de s’abimer dans les études fondes et sérieuses, on ne l'a pas toujours ; surtout dans pays, où les fortunes héreditaires sont si rares et où la ience n'a pas, comme science, de carrière ouverte. C’est si qu'en Canada la jeunesse instruite n’a d’autres perstives que celle des professions libérales, du journalisme, la politique, du commerce, du sacerdoce, toutes positions iorables, mais iaborieuses, très lahorieuses.
Bst-ce un bien? Est-ce un mal? Plusieurs s’en plaient. Ontils raison? Ont-ils tort? Je ne l’examine pas. est un fait, cela suflit,
ne chose consolante à cet égard et digne de remarque, t que plusieurs des illustrations étrangères, ont eu, elles i, le travail professionnel en partage.
D'ailleurs toutes ces nobles fonctions Ge l'ordre social et ieux réclament toutes les lumières d’une éducation lar Bément conçue. La médecine, le droit, le commerce, la Wislation, la magistrature, la diplomatie ne sont la patrie ès grands labeurs que parcequ’ils sont le foyer des grands mrvices. Et, s'il faut ici dire toute ma pensée, j'avoucrai jé je trouve naturel que la plus illustre portion du genre
usiècle. Payol Puisons dans | , tout ce qui &
l'abeille, qui!
urrir ses gateal
humain soit la plus occupée; car malgré la peine qu'il porte, le travail demeure toujours la plus noble, la plus sainte, j'allais dire, la plus divine chose d'ici-bas! L
Malheureusement, plusienrs se sont fait sur les grands emplois,des idées fausses et condamnables. Beaucoup y voient le moyen facile et aisé d'atteindre la fortune et rien de plus: N'entrevoyant que le côté matériel, que le côté purementk positif des choses, ils croient satisfaire la société, quand ik renferment leur action dans les strictes bornes de leur état.
Parler à ces hommes d'études étrangères aux besoins pro. fessionnels ; leur conseiller d'approfondir les questions vita les de l’ordre religieux et social ; leur demander de s'élever dans un horizon plus étendu, afin de travailler, ave toutes les belles intelligences et les grands esprits, au bien de tous, c’est exiger l'impossible.
Aussi, n'est-ce pas à ces égoïstes que je m'adresse. Je parle à ceux qui, tout en cherchant le bien être pour eux, s’occupent d'esprit et de cœur, des intérêts généraux de leurs frères; je parie à ceux qui, croyant que l’homme ne vit pa seulement de pain, mais surtout de vérüilé, se livrent volontier à la contemplation studieuse de toutes les vérités forte et vives qui sont la nourriture des âmes, je parle enfini ceux qui, placés par leur position au haut de l'échelle so ciaie, s’efforçent de devenir, l'esprit et l'âme de l'humanité; et voici ce que, les choses étant ce qu’elles sont, je me per mets de leur conseiller :
De consacrer aux affaires professionnelles, aux relation habituelles et aux soins de la famille tout le temps nécesw saire et requis ; de prendre dans le sommeil, dans les caww series, dans les visites amicales et dans les divertissement honrnètes le repos et les délassements nécessaires pour act. ver et renouveler les forces intellectuelles, morales et ph; siques. Les occupations journalières, les divertissements «#8 les relations peuvent employer toute la journée, depuis neuf heures du matin à neuf heures ou dix heures du soir; IN reste doit être consacré au sommeil jusqu'à cinq heures di matin. (C'est alors le moment de se lever, de prier Dieuë
de se mettre, sans ce seul regard divin, au travail intetiecbtuel, travail qu’il sera toujours possible de continuer jusqu’au Mdéjeuner,
Cette étude matinière, alors que l'esprit est préldlisposé, Mpar un sommeil réparateur, sera d’un grand secours. Pour
moi. l'expérience me permet de l’affirmer, je n’en connais pas de plus bienfaisante.
J'ajouterai que tous les moments libres appartiennent à la réflexion. Je m'explique. On a lu le matin un chapitre de jhilosophie ; pendant le jour les occupations nous mèent de chez soi au bureau, du bureau ailleurs ; si aucun utre sujet ne réclame alors l’attention, pourquoi ne pas proter de ce temps pour méditer la lecture du matin ?
ur les grands ucoup y voient t rien de plus.
ôté purement, iélé, quand ils s de leur état
ux besoins pro questions vita der de s’éleve:
‘availler, ave sprits, au bien
J'avoue qu’une vie ainsi départie est une vie laborieuse. sans doute, elle ne fera pas de tous, des hommes univerls; cependant elle ne manquera pas de fournir, dans tous ès ordres, bien que dans certaines mesures, des hommes fciaux dont les lumières privées, en passant à la société, Drmeront un tout admirable duquel il est permis d'espérer Heaucoup.
m'adresse. die | ètre pour eux, néraux de leur ymme ne vil pa vrent volontiers s vérités forte Et qu'on ne dise pas qne je demande l'impossible ; que je parle enfin oublie et la nécessité du repos et les entraves de la profes- . de l'échelle so lon ; que je méconnais les raprorts sociaux, la réalité même , de l'humanité: #0 la vie; que je suis dans un nuage doré, loin, bien loin, sont, je me per aus un milieu impossible, d'où je n’aperçois plus la terre et * Que, par suite, j'en parle mal.
Certes, en accordant huit heures par jour au sommeil, st-à-dire:le tiers de la vie, je crois ne pas méconnaitre la écessile du repos physique; en cousacrant certains autres oments ‘le la jouruée à la prière, à la réflexion n'accordè- Érien au “epos moral, au repos de l'esprit? Car enfin le pos de l: ne, le repos de l'intelligence, qu'est-ce autre Mose? sinon le retrempement de l'âme et de l'intelligænce dans leurs forces ; et la prière et la méditation pro: Wade, n’est ce pas La vie: la force par excellence ? L'âme hi prie se repose en Dieu ; elle se recueille loin de toute stractiou extérieure, elle oublie un moment le monde et
les, aux relation!
le temps nécerw
il, dans les cat divertissement ssaires pour acl , morales et phj. ivertissements t, rnée, depuis net ures du soir; À cinq heures di , de prier Dieut 4
ses mille bruits; elle laisse, pour ainsi dire, les tnmultu.# eux rivages de la vie pour les grands et paisibles azurs dela béatitude du recueillement Elle écoute ; Dieu lui parle et celte voix charmante lui procure ds douceurs infinies.
L'âme qui refléchit, impose silence à toutes les voix ; elle n'entend plus ni la parole de l'homme, ni les bruits du de. hors, elle se replie sur elle-même; elle ne parle pas; elle écoute. Et que lui diton ? Ne me le demandez pas. Ar rèlez-vous seulement une minute; refléchissez et dites six une expression humaine est capable de rendre jamais law douceur, la suavité de cette parole intérieure que vous avez entendue ; dites, si jamais il est tombé des lèvres humaines une parole plus pure, plus limpide et plus réparatrice. Voilà pour le repos.
Quant à la nécessité de se voir, je la crois, à plus d’un égard, indispensable La société demande que ses membres 4 soient étroitement unis par l'amitié et l’estime. Pour s’es timer et s'aimer, il faut se connaitre, et le moyen de se con: naître, c’est de se rencontrer. Ces relations amicales seront
d'autant plus profitables que la conversation y aura une 24
plus large part. La conversation est l'iustitutrice de l’est prit; or l'esprit, s’il ne suffit à aucune chose, il sert à beau coup.
C'est précisément parce que je connais toute la haute por. 4 tée sociale de la conversation, que je demande qu'on ne # rencontre pas, sans une préparation studieuse. Une seuk réuuiou, une seule rencontre me déplait et m'inspire de graves inquiétudes : la rencontre des gens dont l'esprit est vide et le cœur plus vide encore. Mais les réunions, les # conversations de gens qui savent, qui connaissent; qui, 4
par les connaissances acquises, l'expérience réfléchie et u14s jugement exercé, peuvent juger sainement des hommes el #8
des choses, je ne les crains nullement, je les conseille, je le recommande à tous et en particulier, à mes jeunes conc toyeus
Donc, je n’exige pas qu’on renonce aux charmes des fré quentations sociales; je ne veux, je ne demande qu'un chose, qu’on s’y prépare par l'étude.
les tumultu. M les azurs dela
u lui parle et
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les voix ; elle bruits du de-« arle pas; elle idez pas. Ar sez et dites Si dre jamais la que vous avez M vres humaines as réparatrice.
s, à plus d'un à 1e ses membres ne. Pour ses oyen de Se CON amicales seront!
n y aura uk itutrice de l'es +, il sert à beau:
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s conseille, je le es jeunes conû
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| réfléchie et ui 48 des hommes ==
| Pourles détails-de la vie,je ne nie pas qu'ils soient de érieux obstacles au travail intellectuel. Je dis simple-
ent qu'avec de la bonne volonté, de l’ordre, une vie bien glée, où chaque chose a son moment marqué, il s2ra tours possible de ménager quelques heures à l'intelligence.
Que si, malgré tout ce qui vient d'être dit, on trouve ene mes prétentions exagérées, c’est que, les malheurs des ps le voulant ainsi, les esprits sont ensorcelés pour la
resse et le plaisir.
J'ai connu un brave jeune homme, heureusement doué et
e d'avenir. Comme je lui conseillais de se livrer aux des sérieuses, de se vouer au travail, et de n’en pas dé-
mordre, il réclama, invoquant le repos et la récréation. Eh
n ! savez vous, Messieurs, ce qu’il entendait par ces deux
bts? Voici: se reposer, c'était ne rien faire trois ou qua- )heures par jour, et dormir toute la nuit jusqu'à huit
üres du matin; se recréer, C'était lire les romans. hanter
les billards, aller au spectacle, faire des promenades et fréqu
jén, lui dis-je : et pour ne pas offenser le bon sens, votre
nter, trois fois la semaine, les veiliées moudaines. C’est
eux plan de vie ne sollicite qu'une simple modification
hs les termes:— appelez le sommeil, la pipe et tous vos
irs un travail, l'étude et toute occupation sérieuse un rejune récréation. Pour peu qu’on se laisse prendre à e dépravation profonde du langage, vous passerez pour
bfude et opiniâtre travailleur.
oilà bien l’histoire de plusieurs jeunes hommes de nos s. Leur vie est tellement vide de tout travail séax, que quand il leur arrive de faire trève à l’inaction
du plaisir, on est autorisé à croire qu'ils en sont fatigués,
és, et que c’est pour se reposer du repos qu’enfin ils traleu.
t cependant le travail n'est-il pas la loi essentielle de la @? « Est-ce que, pour me servir d’une image favorite d'un
me enlevé trop tôt à ses labeurs, l’illustre Ozanam, estque l'homme en fécondant la terre de ses sueurs, comme bleil la fertilise de ses feux et les nuées de leurs pluies
ne rentre pas dans l’ordre régulier de l'Univers ?..….…. EM à ce que par une admiratle économie, toute créature ne «li satisfait pas en usant de ses forces ? Est-ce que l'âme ne ss. plait pas au jeu de ses facultés ? ne jonit-elle pas de ce qu'elle peut ? ne trouve-t-elle pas son repos véritable dans. le travail même ? »
Et, pour parler avec Bossuet, quel profit y a-til à coms mencer par l'inapplication et Ja paresse une vie qui doi être occupée et agissante ? De tels commencements feraient qu'étant né avec beaucoup d'esprit, on serait responsable deu l'extinction de cette lumière admirable, dont le riche pré. sent vient de Dieu. Une vie qui se poursuivrait et s'ach verait ainsi dans linaction de l'esprit, serait déshonorée pat M les plus houteuses passions; le goût du plaisir et du repos la porterait à toutes sortes de crimes, et le seul tlambeas qui aurait pu la guider, étant une fois éteint, elle serai hors d'état d'atteindre son but,
D'ailleurs, qui ne sait que la peine, le travail, l'étude eu l'application seuls ont fait les grands hommes, les grand génies, les grandes vertus, les grands services.
J'achèverai ce grave sujet de l'emploi du temps par un humble supplique à mon pays. 4
Dans les professions libérales, c'est à dire la classe éclail rée du Canada, il se rencontre des hommes de talent &# entièrement dévoués à la verité ; seulement la pénurie dé# leur état les condamne à un travail professionnel qui n° leur laisse presque aucun loisir pour d’autres études. 4
Encourageons-les ; venons-leur en aide, en les favorisa # d'une clientèle lucrative. Au lieu de confier sa santé, so crédit, sa fortune, comme cela arrive trop souvent à d# médecins, à des avocats, à des notaires protestants, voll riens, libres-penseurs, mettons ces biens précieux entre l& maius de ceux qui se disent catholiques et qui le sont rée! lement.
Une clientèle lucrative apporte toujours un capital su
sant ; elle donne des loisirs pour l'étude et elle procure 1 Jouissances du travail.
Sans compter qu'il y aura toujours profit à verser le capital entre les mains des hommes qui sont les soutiens natuels des grandes œuvres. Par contre, départir la richesse ux ennemis du bien et de la vérité, c'est leur permettre l'élever des temples nombreux, de fonder des instilulions halheureuses, de soutenir des sociélés condamnées par l'Eise et même de poursuivre des procès en faveur de l'imiélé et du mal.
vers ?...... Est créature ne se.
ue l'âme ne seu elle pas de ce véritable dans.
ments feraiet responsable d it le riche pré yrait et s'achè M déshonorée par « sir et du rep seul flambeai int, elle serai
Le manque de méthode n'est pas le moins sérieux d°s tacles qui s'opposent à nos divines noces avec la vérité. LEtudier sans ordre, sans suite, sans dicernement, sans léthode, rien n’est plus fréquent et moius profitable.
Lire sans réfléchir, sans analyser, sans prendre des notes, hs discuter, sans peser tout ce qu’un auteur nous dit; trailler aujourd'hui de la philosophie, demain de la politi- Be, un autre jour de la théologie, le tout superficiellement sans descendre au fond de rien; faire trève tout à coup à tude pour la lecture de tel ou tel roman; consacrer un nps considérable aux journaux ; les lire en entier depuis vuilleton jusqu'aux rapports des cours de police ; eutrendre, pour la publicité, des travaux sur des sujets que: M n’a pas assez approlondis d'avance, se livrer, à moins ie nécessité absolue, à la correspondance, en un mot hrsuivre la science, sans boussole, est et sera toujours ine perdue.
LL’ essentiel, mon fils, disait un illustre homme d'état à un ant sur lequel il reposait toute ses espérances, est de is former d’ahord un flan généraldes étudesque vous êtes à le point d'entreprendre, de suivre ce plan avec ordre et filité, et surtout de ne pas vous effrayer de son étendue, | n'est pas ici l'ouvrage d’un jour ni même d’une année ; is, quelque long qu'il puisse être, si vous êtes exacts à en Cu.er lous les jours une partie, vous serez comme ceux
avail, l'étude en mes, les grand es.
temps par un
la classe éclaiin es de talent tn nt la pénurie »ssionuel qui n res études.
en les favorisai fier sa santé, so p souvent à de rolestants, volli ‘écieux entre lé , qui Le sont rétis
un capital sul telle procure l
qui, dans les travaux qu’ils font faire, suivent toujours un bon plan, sans jamais changer. Comme ils ne perdent point de temps, ils mettent à profit toute la dépense qu'ils font. Insensiblement, l'édifice s'élève, les ouvrages s’avan cent,et, quelque lent qu’en soit le progrès, on arrive à la fin qu'on se propose, pourvu que l'on marche constamment sur la même ligne et qu’on ne perde jamais de vue le plan que l’on s’est formé une fois. »
Inutile d'appuyer sur ces conseils de d'Aguesseau : ils sont marqués au coin de la plus haute sagesse, comme il sont l'expression de la plus profonde sollicitude.
Douc d'abord un plan général des études, puis la fidélité, la persévéra:ice dans la voie qu’on s’est une fois tracée.
Mais quel sera ce plan d'étude ?
Rien n’est plus difficile à dire ; parce que tout dépend ici des goûts, des aptitudes et aussi de la sphère où l’on est appelé à exercer ses talents. L'essentiel est de ne point trop embrasser, surtout lorsque l’on commence. Cependant sans vouloir ici rien généraliser, je conseillerai aux jennes gens qui viennent determiner leur coursclassique, d'employer les deux ou trois premières années de leur cléricature à repas: ser les principales matières de leurs études ; car quelque succès qu'ils aient pu remporter au collége, ils n’ontreçu que les rudiments des sciences, et la multiplicité des choses qu'ils ont vues, ainsi que la tendresse de leur âge ne leur ont pas permis de se familiariser suffisamment avec les notions premières et élémentaires.
Ce conseil pourra paraître étrange ; cependant je le crois d’une importance majeure et je ne vois rien de plus propre à le faire priser aux jeunes gens, que de leur rappeler ce qui est l’étonnante force de la Société de Jésus. Dès qu'un Novice Jésuite a terminé son noviciat, il consacre plusieurs années à revoir les éléments de toutes choses. Ne nous étonnons pas, si après avoir reçu le sacerdoce, il devient, comme cela arrive le plus fréquemment, un homme éminent. Quelqu'un qui certes n’était ni bigo!, ni flatteur et qui se connaissait en politique, ne craignait pas d'affirmer
ant sans es gens loyer les à repas:
quelque ont reçu >s choses > ne leur C les no-
> Le crois is propre ppeler ce ès qu'un lusieurs Ne nous devient, ime émiaitteur et ’affirmer
qu'avec les Constitutions de l'Ordre de &t. Ignace, il pouvait gouverner le monde d’une manière admirable. Je le crois. Et bien que les oracles des hommes n'aient pas tous le même prix, je n’hésite pas à dire qu’en imitant les Pères Jésuites, en ce qui regarde la direction intellectuelle, on peut gouverner admirablement le monde de la pensée.
En tout cas, si on ne reprend pas ce qu’on a déjà su, et je m'adresse maintenant à tous, il faut, bon gré, mal gré, s'attacher tout d’abord aux livres élémentaires. Les livres élémentaires sont à la science, ce que le lait de la mère est à l'enfant. Ils procurent à l'esprit une nourriture facile et appropriée. Ils renferment la substance même de la science Ils en sont le grand apprentissage. Ouvrez un livre élémentaire, vous trouverez, de suite, une définition courte, simple et pure de son objet ; la science vous y apparaîtra dans ses divisions naturelles ; elle vous découvrira ses propriétés, ses bâses essentielles et premières ; elle vous expliquera son langage ; elle vous famil'arisera avec sa terminologie propre ; en un mot elle se dévoilera à vous, si vous me permettez l'expression, dans toute sa nudité.
Lisez les livres élémentaires, me disait un homme, un grand ciloyen qui n’est plus, mais dont le souvenir vit dans mon cœur, comme sa mémoire est gravée dans notre histoire, lisez les livres élémentaires, me disais M. D.B. Viger, ils vous ouvriront les grandes routes du vrai. J’aime à me rappeler ces paroles : elle m'ont rendu service. J'aime à les redire aux autres, assuré qu'elles leur feront un grand bien.
Quand on sera certain de posséder les notions essentielles et premières, on passera à des ouvrages d’un plus grand développement et d’une science plus étendue, en ayant soin de les lire d’une manière profitable. Ce qui pourra s’effectuer, d’après le conseil de Mgr. Dupanloup, de la manière suivante : |
« Lire avec suite, attentivement, lire doucement, sans précipitation ; se nourrir Ge sa lecture. Réfléchir en lisant ; résumer sa lecture, s’en rendre un compte exact, de telle
sorte qu'après avoir lu un livre, on le possède. Et par conséquent, lire a plume à la main, habitude souveraine : noter, rediger, pour les préciser er les fixer, ses réflexions ; autrement touf est vague et s'évanouit.
« Et aussi, toujours selon l’illustre évêque d'Orléans, faire des Extraits qu'on retrouve au besoin. Si c’est là savoir lire, avouons que ce n’est pas com un.
« C’est par l’activité et la réaction qu’on profite et qu'on fortifie son esprit Autrement il demeure lâche et paresseux, et reste pauvre toute sa vie.
« Pour tout dire, on n’est rich que de ce qu'on possède eton ne possède intellectuellement que ce qu'on s'est approprié par le jugement et la réflexion.»
Quand l'aigle a rasé de son vol précipité la surface des mers et des plaines ; quand il s’est reposé sur la cime séculaire qui couronne le sommet d’une haute montagne, et que, de cette mag ique position, il a joui de l'aspect d’une contrée, il s'élève majestueux et rapide jusque dans les plus prodigieuses hauteurs; c'est alors que son œil puissant domiue et embrasse l’ensemble du globe.
Tel l'esprit quand il connait les éléments des choses, quand il s’est familiarisé avec les données générales, doit s'élever jusqu'aux grands principes, afin de les saisir dans leur affinité secrète et dans leur ensemble.
Mais comment procéder alors ? Voici :
Approfondir les œuvres des maîtres, des pères de la science ; pour cela, après avoir lu les ouvrages généraux, faire usage des traités sur les questions fondamentales et de polémique, en procédant comme suit:
Lire la préface, si elle est courte; la laisser de côté, si elle est interminable : immédiatement après, faire connaissance avec la table des matières, alors fermer le livre ; essayer de saisir la pensée de l’auteur, c’est à-dire se mettre à sa place et developper rapidement le plan de l'œuvre. Eusuite re. prendre le livre pour connaître la division du premier chapitre ; fermer le livre de nouveau ; composer soi-même Je sujet de ce premier chapitre avant de le lire. Enfin, couti-
t qu'on pares-
possède est ap-
face des
ntagne, l'aspect 1e dans il puis-
choses, les, doit sir dans
es de la ÉnÉrANx, ales et de
té, si elle naissance ssayer de à sa place usuite remier cha- -même le fin, conti-
nuer ainsi, article par article, chapitre par chapitre jusqu'à la fin.
C'est ainsi que Balmès étudiait les grandes questions ; c'est ainsi « que toute lecture devenait pour lui une compost tion originale et une œuvre critique. »
C'est ainsi que l'éducation intellectneile se complète; c'est ainsi que le savant se forme, c'est ainsi que le géuie se parfait, c'est ainsi que les ténèbres se dissipent et que la lumière se fait. La lecture graduée, la lecture sérieuse, la lecture réfléchie ; l’ordre enfin et la réflexion : tout est là.
Que dirai-je encore ?
Iuterrogeons la vertu, le talent, l'expérience et le dévouement les plus renommés et les plus illustres. Ils nous diront ce qu'il faut faire; ils nous donneront de sages conseils ; ils nous ouvriront les grandes voies du beau, du bien et du vrai.
Interrogeons le sageet pieux Rollin. La voix de l'illustre Instituteur a des accents d’un charme indicible; je ne sais quelle profondeur de sagesse, quel parfum de vertu, quel arôme de foi et de charité on rencontre dans les pages immortelles qu’il nous a laissées. Je viens de relire son Traité des études ; jamais Je ne pourrai dire ce que cette lecture, si souvent répétée, me laisse, chaque fois, d'impressions viveset durables. Ah! il faut bieu que je le confesse, je trouve dans ces pages charmantes ce que la jeunesse catholique réclame si impérieusement aujourd’hui et ce dont
je sens, pour moi-même, un si profond besoin : des conseils - inspirés aux sources les plus pures et les plus fécondes de
l'amour chrétien et patriotique.
Le Chrétien dans le monde, les Heures pieuses, les Heures
» sérieuses d’un jeune homme et Le livre des âmes, par Charles
Sainte-Foi, nous feront aussi un bien incalculable.
J'en dirai autant des Discours sur l'Elucation, par l'abbé
| Poullet ; de l'Appel à la jeunesse catholique, du Père Marin : de Boylesve; des Lettres d'Ozanam et de celles de Lacor- } daire. La sagesse semble naitre tout naturellement sous | ses pieuses et savantes plumes.
64 CONFÉREXCL 3,
Les Sources du Pèrs Gratry renferment une odenr d'édi fication pleine de charmes irrésistibles. C'est dans cette œuvre si belle qu'on sentira suriout le prix de la prière et Ir du silence. C’est en relisant ces pages, écrites dans un temps meilleur, que lillustre autour lui même, trouvera, je
l'espère, la tranquillité d'âme et la quiétude d'esprit qu'une déplorable erreur, dont il a été la triste victime, lui à fait ? perdre. w
La Lettre de Mgr. d'Orléans, sur les études qui convien- L
nent à un homme du monde, devrait être dans toutes les du mains. Mgr. Dupanloup s'est formé au service de la jeu-
ib et nesse, À une intelligence vaste, élevée et profonde, il ajoute un cœur noble, pur et dévoué. Si quelques-unes de ces œuvres portent un caractère de faiblesse, la grande partie sont \y €.
douées d’une force étonnante, et celle que je recommande présentement est du nombre de ces dernières, Hu lisant le :
cette volumineuse Lettre, on se sentira encouragé et porté ver naturellement à l'étude et au bien. A part quelques res- nie trictions touchant la théologie et la philosophie, on peut, M sans danger, embrasser tous ses conseils. ble De l'esprit chrétien dans les études, par M. Laurentie,quoi- plus que destiné plus particulièrement aux politiques, nous sera D rem d'un grand secours. Le célèbre publiciste, avec cettre pro- les d fondeur de génie qui lui est propre, a sondé le vice radical tout de l'Education et en a trouvé les remèdes. Comme le mal sent estimmense, les moyens proposés pour le vaincre appel- tact
lent des efforts nombreux et persistants : ce qui est coûteux. À E Malheureusement la société a horreur du travail et de la gra peine ; elle ne veut, elle ne demande que le repos. Le tort ESpar de M. Laurentie est d’avoir trop bien jugé son pays et son temps, en lui proposant une lutte courageuse. Il a eu le sort de tous ceux qui, quand il s’agit de la vérité et du bien, ne transigent pas : on l’a placé au nombre des utopistes. Apprenons son utopie ; ayons le courage des choses qu’elle recommande, et nous serons sauvés.
L'Esprit de l'éducation, par M. G. Grimaud de Caux, contient dans ses deux premières parties, savoir : la Science et la Religion, des lumières très-précieuses. Tout le livre
r d'édi js cette riere et ana un vera, je qu'une i à Puit
conviéhoutes les a la jeuil ajoute à ces ŒUirtie sou mmande Eu Luant à et porté lques reson peut,
ntie,quoinous sera cettre proce radical me le mal icre appelst cotteux.
il et de la
est d'ailleurs écrit avec une furee de raisonnement et une richesse de style qui le rendent lont-à-fait remarquable.
Et L'Art d'arriver au vrai donc ? Balmès nous y enseignera l'art de bien pensar ; il fixera notre attention, dérigera notre intelligence ot notre volanté ; nous dira, avec le prix. les conditions de la science ; avec la fuiblesse, la force de la raison | Avou les tulabres, les ressowrces de la nature humine ; eu un mot, il nous cominiquera un désir ardent de posséder la vérité at louis inspirera toutes les grandes ét acvourables vertus dont HUE avons besoin.
Eulu, car je dois sûr ce point, comine sur tons ceux qui vout suivre, limiter les éidications, les Discours sur l'amour de la vérité et sur la force morale, prononcés ici-mème, par le véuérable abhé Raymond. Rome vient de payer, aux vertus, aux talents et aux services de cette belle physionomie du clergé canadien un magnifique hommage.
Mgr. Raymond a dévoué sa haute intelligence et son noble cœur à l'Eglise et au Canada ; ses travaux respirent le plus pur amour et renferment une science et une sagesse remarquable. En lisant ses ouvrages et, en particulier les deux discours ci dessus indiqués, on sentira que l'âme toute entière du digne prêtre est passée dans ces pages ; on sentira, surtout, que celte âme est grande et qu'à son contact, on devient meilleur.
Enirons maintenant, et sans plus tarder, dans la seconde grande division de notre étude : les forces, en commençant