QUATRIÈME CONFÉRENCE
Monsieur le Président, Messieurs, foi,
de l'e
Nous avions essayé de plonger un moment nos regards Le dans l’azur de la Religion et de la Théologie, lorsque les
fètcs de Noël, du jour de l'an et du carnaval sont venues Nc
suspendre nos investigations. . AA
leur
Maintenant que- les réjouissances sont passées et que la société a repris, au milieu des tristesses et des amertume eus du présent, sa marche monotone, mais laborieuse vers un" lc avenir peu riant, poursuivons, nous aussi, notre chemin dant No
la voie difficile que nous avons voulu parcourir. ‘ Je
Et tout d'abord, Messieurs, recueillons-nous ; nous som lin mes sur le terrain de la philosophie, et, si tout y reluit# 1" tout n’est pas or. rr'de
Nou pas que je veuille commencer par médire d'undf Ma science qui se donne pour amie de la sagesse et qui fait cor Car sister la sagesse à connaître Dieu et à se connaître soi-mémen pu
Non, et Dieu me garde à toujours d’un pareil malheur, ciru n’est pas moi qui dénigrerai jamais une science quan « égularise la réflexion, emploie méthodiquement la raison fe l'e applique les forces vives de la réflexion et de la raison à lArité solution du probléme de notre nature, de notre origine et (MR set notre destinée, ainsi qu'à la recherche des principes qui doMESai vent régler nos rapports, soit avec Dieu, soit avec Les divotit êtres qui nous entourent, soil avec nous-mêmes.» Aussi biut
D ce n'est pas mon intention, et je veux seulement dire que la’ philosophie, s'appuyant sur la raison de l'nomme pour connaitre, est par là mème infirme comme tout ce ui est humain. Je veux dire que, venuede Dieu dont elle est l'image, la raison humaine est un admirable don ; maïs que, affaibhe par le vice originel; elle n’est pas infaillible et, qu'en conséquence, il n'est pas sage de compter sur #'s seules ressources quand il $'agit de la vérité. Je veux dire enfin aue s'il faut mépriser le scepticisme philosophique, parce qu’il accuse la raison humaine d'incapacité coinplète, non-seulement de connaître, mais de comprenre, il ne faut pas non plus accepter le rativnalisme, parce qu'il proclame cavalièrement que « {a philosophie est la réflexion entièrement émancipée, définitivement sortie des liens We l'autorué, el ne s'appuyant que sur elle.-méme dans la recher: he de la vérilé.»
ÉRITÉ.
108 regards lorsque les
: venue: Non ! Messieurs, la raison humaine n’est pas entièrement SOI
Rrpuistaiiie. Elie pénèlre dans des abîimes d'une profonleur respectable ; elle se joue dans un horizon d'une prodimeuse étendue ; dans son vol hardi, elle trace des sions lui fout son impérissable gloire !
L Non ! Messieurs, la raison humaine n'est pas toute puis: ance. Plus elle s'éève, plus elle voit reculer devant elle à limite de l’infinie vérité. Le monde naturel et Ile monde hrnaturel ne s'offrent à ses investigations, que pour l’averhr des profondeurs insondables de leurs mystérieux secrets # Mais quelle :est donic la force réelle de la raison ?
es et que , amertume use vers ul chemin dal
r, s; nous som out y reluits
édire d'unt qui fait ot itre soi-même il malheur, t science qui ont La raison à la raison à | e origine et À
À Car, enfin, si elle n’est ni toute puissante ni entièrement hytissante, elle doit ètre quelque chose. Me tr'ompé-je en Miriant que la force de la raisun consiste à explorer le do- 1 laine de la nature, des sciences naturelles et aussi à connäte l'exister.ce dé Dieu, l'immortalité de l'âme et toutes les Brités fondamentales de l'ordre nioral ? Non ! Et voilà bien seul Milieu où l'hotime puisse se reposer avec confiancés neipes qui di SSsansdänger, sur les foicés, les principes ët ‘les idées qüi avec Les divoiit là propriété de son intelligence et de sa raison. Si s Aussi bit ut s'élever plus haut, il faut qu'il se Jaïs8e" ‘guidér par Pat
torité divine elle-même. Sans cela, il se heurtera à nn obstacle iivincible, sentira ses yeux s'obscurcir et sou flam Peau s'éteindre, comme la lampe qui manque d'huile.
La vraie philosophie est donc celle qui ne compte sur la Li raison seule. que dans les choses qui sont à la portee de cette Mi
raison. et qui, pour le reste, se soumet à la révélation. k * Ce qui est bien remarquable dans les fastes de la philoso. & phie,c'est que tous les génies, sans en excepler un srul, qui de out voulu compter sur leurs seules forces, sont tombés dans foi les plus graves erreurs, el s’il est une conviction profonde f doi qui pérèue l'âme lorsqu'elle recue:lle toutes les sueurs ver. Sa, sées, toutes les larmes répandues depuis que l'homme cul. ii tive le vaste champ de sa pensée, c'est que personne val, échappé au désespoir ou à la folie de intelligence, qu'en ; s'adressant à la révélation comme à la restauration. au com. lé Is’d plément et au perfectionnemre’it de la raison affaiblie. del: . Perdu dans l'immensité, l'homme voit la terre brillantes et pompeusement parée, il aperçoit le ciel et la multitude] Mmên d'astres qui roulent dans le firmament sans bornes, il entre |.
voit le fini et l’infii, ainsi que toutes les merveilles qui comblent ces deux abimes ; et il se demande ce qu'il est, d'où il vient et où il va. Alimé dans une méditation roll fonde, il tente de soulever a rdoutable énigme qui l’enve loppe, lui, la nature entière et le Créateur. Longtemps s vue embrasse des perspecuves connues ; longtemps chaÿ que pas qu'il fait lui apporte un nouveau rayon ; loug temps, fier de ses conuquètes, il powsuit amoureus# meut ses recherches ; mais bientôt l'azur s'éloigne s'étend, s'élargit. s'agrandit et prend des proportions formida b'es. Sa vue manque à l'élan de son ardeur, et se refuse ! servir sa cupidité de connaitre et de voir. C’est aiors qua dans les bas fonds ou les écueils de son intelligence hunis liée, se forment les noirs chagrins. lessombres désespoirs € scepticisme, ou bien, les sourdes colères et les orgueilleus révoites du rationalisme. Cependant une voix s'élèe. SSs, voix amie de la r:ligion, qui lui crie de lever ses re: ré, V:rs celui qui est (@ tumiière des lumaëres, la lumièv 4 hr sq éclaire bout hon:me venant en ce monde. S'il écoute cetie vols
ée, des r . On raie BL la ‘an | La pales le aie ele hest h vs] Fe lite
ra à un s'ilappelle à lui la révélation, il renaît à l'espérance, à la ou flan béatitude, à la vie, à la vérité, à tout. Le. Archiméde disait : donnez-moi un point d'appui et je soue sur la Jèverai le monde. La révélation, la foi, la parole de Dieu e de celte D où l’'Eghse est ce point fameux sans lequel le levier de la Loi. $ vhilosophie ne soulèvera jamais le monde de la vérité. a philoso- f L'alliance sublime de la raison éclairée par le flambeau y seul, Qui de la science et de la dorilité filiale aux enseignements de l& uhés dans foi, til. est la véritable philosophie, telle est celle que je reprofonde D connais seule et que je dis être une de nos forces à l'égard ueurs ver: ‘de la vérité. Ce que Je vais essayer de prouver, en montrant omime eul l'influence de la philosophie sur loutes les sciences, uimsiqué
-soune Na Eisur le cœur et l'intelligence de l'homme. nee, qu'en À Les sciences s'adressent à l'esprit comme l'univers sensib'e ju. aù CON: s'adresse aux sens ; et de même que c'est notre œil qui pasee iblie. “de la conten'plation de l’insecte qui se perd dans la poussière re brillante Su chemin, à celle du soleil qui illumine limmensité ; de awultitude SE niôme c'est notre esurit qui scrute et approfondit tout dans es, ii entre Sa science, depuis la plus simple donnée jusqu’à la plus élespveilles GUESvée. Et n'est-ce pas la philosophie qui pose à notre esprit ce qu'il es des règles sûres pour éviter l'erreur et parvenir à la vérité ? ditation [CES Ou comprend dès lors la véritable portée et l'influence e qui lenve raie de celle science sur loutes les autres : elle en est lâ’ime ongtemps SSeL la vie comme le tronc est l’âme et la vie de toutes les gtemps chébrauches d’un bel arbre.
ayon ; lou8W La physique rencontre les corps et leurs propriétés princiamoureuSÆDales. «Muis, dit Rattier, qu'est-ce qu'un corps ? Est-ce Le s'éloigne illusion, une simple apparence, comme le prétenions formidiMuient les panthéisws de l'Inde, comme le soutezait Beret se refuse Ruley, il n’y à pas plus d’un siècle ? De la solution de celte ‘est aiors (nestion dépend, comme on le voit, la certitude des sciences ligence humBh vsiques. Car si elles n'agissent que sur des fanutôines, : désespoirs lies paraîtront bien peu importantes et bien peu dignes L orgueilieu Maltention. Ou ne peut nier encore ici l'influence de la plioix s'élèe. ÉSBsopliie sur ces sciences. Car, pendant tout le moyen âge, er ses res TSSBrsque les principes d’Aristote dorinaient dans les écoles, la luniè bsque la philosophie reposait toute entière sur des abstracoute cetle voi Dus et des catégories d'idees, lorsque Raymouid Lulle dei + 2
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mandait l'explication de la nature aux principes du grand P art, c'est-à-dire à certaines combinaisons logiques de notions d générales, indépendantes de toute observation extérieure et n de toute expérieuce, la physique devait être et fut eu effet ( négligée. 30 “Le physicien s'appuie encore sur l'idée d'étre, de subs D m tance, de qualité, etc., sur des notions de cause et d'effet, et ra sur le rapport qui existe de l’une à l’autre. Mais qu'est-ce | que l'ètre, qu'est-ce que la substance ? Qu'est-ce que la su matière et qu'est-ce qui la distingue de l'esprit ? Tant de im physiciens ont pas su faire la distinction des deux subs- de: tauces, attribuant à l’une les qualités qui n'appartiennent des qu'à l'autre, ou ne reconnaissant que le monde corporeL ES un parce que le monde spirituel échappait à leurs sens ! En la | second lieu, qu'est-ce que la cause, qu'est ce que l'effet? Si, me comme le soutient l'anglais Hume, l’idée de cause est une I “Chimére, la certitude des sciences physiques est par ll scie mème ébraulée, et il faut considérer comme des rèves tou-ll cipe tes ces prétendues lois de l’unive:s dout on s'efforce de pos uous démontrer la realité, la généralité et la permanence. S Alors tous les rapports de causalité ne sont plus que del ques simples rapports de succession ; tous les phénomènes de la ME nature s’'isolent et restent inexplicubles ; plus de coordinx L ion, plus de lien, plus de relalions passives el réactives enr pr tre les êtres * et cel ordre maguifique, cet admirable enchat dit,
pement qui lie les faits du monde seusible l'un à l’autre e d'h à leur principe universel, disparait à nos yeux pour faire un @lace à un chaos complet. » Jon
Le mathémuticien se perdrait infailliblement dans ll Ou sombres, les formes et les étendues, s'il ue les raisouualrs j, pas. Quelques exemples le démontreront. à fou
L'arithmélique reconnait que : Dans toutes proportions pal Égéni quolient, le produit des extrêmes est égal au produit des moycus aus et c'est là uue vérité fondamentale, de laquelle le raisunne véril ment déduit les conséquences suivantes : Lo On peut multi com
liër ou diviser les deux antécédents, multiplier ou diviselpet ‘s fs deux couséquents par un, même nombre saus altérer LSRporté @roportion ; 2 Pour déterminer le quatrième terme d'urieu
proportion dont les trois termes sont connus, on fait le pro duit des moyens et on divise ce produit par l'extrême connu, où l'on multiplie les extrèmes et on divise par le moyen counu, selon que l'inconnu se trouve moyeu ou extrème; 30 Ou peut, dans toute proportion, changer la place d 8 moyens,renverser les termes de chaque rapport, déplacer Les
u grand notious rieure et t eu effet
Pau D rapports sans que la proportion cesse d'exister, etc. ; qu'est-ce La géométrie affirme ce théorème: Si deux lianes droites e que là s'intersrelent, tes angles cpposés sont égaux, et elle en tire Taut de immédiatement les trois propositions suivautes : 10 Si l'un Jeux subs- des angles est un angle droit, tous les autres seroi.t aussi artiennent des angles droits ; 90 Si une ligne est perpendiculaire à » corporel, une autre, celte seconde ligne sera aussi perpendicuiaire à sens ! Eu la première ; 2 La somme de tous les angles qu'où peut forl'etfet ? Si, mer autour d'un point, est égale à quatre angles droits. age est une De même de l'algèbre de la trigonemétrie, de toutes les est par ll] sciences mathématiques; e raisonnement trouve leurs prin-
rèves toi- ll cipes fondamentaux et toutes les vérités qui découlent de s'efforce de ces principes.
era Si des mathématiques nous passons aux sciences artistilus. que de ques, industrielles, mécaniques, économiques et politiques, nèues ‘le l nous reconnaîtrons encore là l'utilité de la philoso, lie.
le coorditt Les arts, la mécanique et l’industrie ne sont pas et ne
‘éactives el able enchat à l’autre € k pour faire
serout jamais la production du hasard, et, quoiqu'ou eu ait dit, je confesse humblement qu'il va mieux à ma dignité d'homme et de chrétien de voir dans les meiv i leu es dé- :ç nverles qu'à fautes la science pour scruter la nature ef Jonliger à servir prodigieusement nos besoins, au lieu d'une L'œuvre fortuite, le fait et l'acte d’une intelligence qui, créée tà l'unage de Dieu, conserve, même dans la déchéance proà foude de sa valeur première, uu écoulement mystérieux du fgénie de cet Artisan fameux qui à fait l'Univers ; comme aussi sans crainte aucune de froisser, de blesser en rien la Fvérilé, j'affirme que si l’homme façonne. la matière, sil commande aux éléments, s’il triomphe de tous les obstacles jet s'il r'gue royalemetit sur la nature physique, c’est qu'il porté en son sein, comme le disait Bossüët, une force supérieure à tout lé monde visible, uh soufle immortel de
ent dans lei $ l'isUH La
oportions püs jL des moytvis; le raisonne n, peut uulti jer ou divist!
aus altérer L e terme d'uif